Ça  (IT) est un film d’horreur adapté d’un roman de Stephen King, mis en image par Andres Muschetti sorti en salle le 20 septembre 2017 en France.


Réadaptation
Le film d’Andres Muschetti, réalisateur qui s’est fait connaitre avec son premier long métrage Mamà, adapte le roman du même nom signé Stephen King. Il n’est donc pas un remake du téléfilm le plus connu de l’histoire sous le nom de  Ça, Il est revenu, dans notre contrée. Diffusé sur ABC en novembre 1990, il a fallu attendre octobre 1993 pour la diffusion française sur M6. Le téléfilm reste automatiquement dans la mémoire collective, surtout auprès des préadolescents. Vingt quatre ans plus tard,  la nouvelle adaptation est donc tout naturellement un évènement planétaire. Basant évidemment son marketing sur la nostalgie des trentenaires.
A l’écriture nous retrouvons notamment Cary Joji Fukinaga, scénariste de la série à succès True Dectective. Dans le rôle titre, Bill Skarsgard, vu cette année dans Atomic Blonde.

Coulrophobie ultime?
Soyons clair, le film ne fait pas peur une seconde. Mais il y a de deux, trois séquences d’intense malaise. D’une richesse de lecture extrêmement maitrisé. Je parle de la première séquence du film, celle du caniveau, mais aussi la relation entre Beverly et son père d’une noirceur sans nom, ainsi que LA scène du film à mes yeux, celle du frigo. Cette scène vaut à elle seule la vision du long métrage, l’une des rares fois ou l’on sent véritablement la menace de la créature.
Le personnage de Ça est par moment bien trop burlesque pour attiser la peur à chaque apparition. Son design par contre est parfaitement réussi, sa mâchoire est d’une incroyable efficacité d’un point de vue effets visuels. Le film est donc un film d’horreur pour préadolescent, ce qu’est finalement le roman à la base, saupoudré de séquences bien plus gores que le téléfilm de 1990.

Etrange Casting
Le casting est dans l’ensemble réussi, Bill Skarsgard tient le rôle de la créature à merveille, ce qui est évidemment la moindre des choses étant donné qu’elle est la véritable star du récit. Cependant elle est au dessus de mes espérances, la direction artistique a fait un très bon boulot. Le personnage de Beverly joué par Sophia Lillis est de loin le mieux écrit, le plus intéressant de la troupe des sept gamins. Mais…le rôle principal Bill, joué par Jaeden Lieberher est assez soporifique pour un leader. Il est juste défini par le fait que son frère Georgie disparaisse au début du film et qu’il soit atteint de bégaiement. Mention spéciale également pour l’acteur Jeremy Ray Taylor incarnant Ben, juste de bout en bout. Là ou le casting blesse c’est dans le choix de recruter Finn Wolfhard, récemment vu dans Stranger Things. Le film est tellement dans le genre, qu’à chaque apparition de son personnage on se croirait dans la série de Netflix, et non lui faire porter des verres double foyer ne dissimule pas son identité. De plus son personnage est un running gag ambulant à lui tout seul, faisant des blagues incessantes se situant en dessous de la ceinture, ce qui agace très vite.

Rythme inversé
Le rythme du long-métrage est assez incompréhensible, le début semble vouloir rusher afin de présenter la majeur partie des personnages, seulement cela a pour effet de ne pas prendre le temps d’installer une atmosphère angoissante suffisamment inquiétante pour tenir en haleine l’audience. Ce film dans sa deuxième partie est au contraire construit diminuendo jusqu’à arriver à la séquence finale qui se veut explicative, surprenante et incohérente sur certains aspects. Semant des indices visuels pour ceux connaissant l’œuvre originale ainsi que le téléfilm.

Conclusion
Ça n’est pas un mauvais film, ce n’est pas non plus la tuerie annoncée. La créature fait évidemment tout l’intérêt du long métrage ainsi que l’arc narratif de Beverly jonché de malaise constant sur fond de virginité et de pédophilie.
A voir pour les nostalgiques de la première heure, pour ceux qui aiment se faire peur au cinéma passer votre chemin.
La deuxième partie est déjà en chantier, au vu de l’énorme succès du film en salle, 218 millions de dollars atteint sur le sol américain en seulement deux semaines d’exploitation pour un budget initial de 30 millions de dollars, des chiffres vertigineux tout de même mérités.

 

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

Rédigé par Jonathan Sibieta