CARS 3 est un film d’animation des Studios Pixar, réalisé par Brian Free et distribué (en France) par Walt Disney Studios Motion Pictures, sorti le 2 août 2017.

Le scénario prend place dans le domaine de la course automobile américaine, et plus particulièrement centré sur la catégorie Nascar.
On y suit un certain Flash McQueen, champion numéro un incontesté depuis de nombreuses années, seulement la jeunesse pointe le bout de son nez et elle est bien décidée à se faire reluquer le pare choc plutôt que d’admirer celui de Flash McQueen.

Demi-tour maitrisé

Comme vous le savez sans doute déjà, et au vu du titre du film, il s’agit du troisième opus de la saga débutée en 2006 puis suivi en 2011 de sa séquelle, pour finir (ou pas?) aujourd’hui avec ce troisième épisode.

Si le premier était somme toute un divertissement sympathique, il peinait à rivaliser face aux productions antérieures signées du logo Pixar, tel que des films devenus instantanément des classiques comme Toy Story (1996), Les Indestructibles (2004) ou encore Monstres et Compagnie (2002).
Il manquait de cette touche d’originalité dont le studio était le seul à avoir le secret, ou à chaque plan nous en ressortions émerveillés par tant de talent visuel, d’écriture, etc…

Cars 2 vient enfoncer le clou de nos doutes concernant cette saga de façon tellement évidente, qu’il nous est impossible d’admettre que cette médiocrité filmique puisse sortir de ce grand studio d’animation.


Puis vint l’annonce de Cars 3
Il faut être honnête, personne ne l’attendait et la majorité se demandait pourquoi faire une suite à une saga qui a remis en doute le talent du studio régnant sur l’animation depuis plus de vingt ans.
Puis le premier trailer a fait surface, et il a calmé tout le monde. D’une efficacité rare, d’une intensité inouïe, en quelques secondes Pixar réussit à poser les enjeux du film à l’aide d’un slogan ravageur « From this moment everything will change » (« A partir de ce moment rien ne sera plus comme avant »). Le désintéressement que l’audience avait ressenti pour le personnage principal à la suite du visionnage du deuxième opus est devenu immédiatement obsolète. Et même le plus fervent des écologistes combattant contre les émanations de CO2, se rappelle de son enfance, lorsqu’il jouait dans sa chambre avec sa réplique fidèle de Flash McQueen, et ne pense qu’à une seule chose: Qu’est-il donc arrivé à mon héros? Avant de s’empresser de courir au grenier pour ressortir son jouet favori de ses plus tendres années.


Résurrection ou carambolage programmé

Passé le frisson extrême de la vision de ce trailer d’une grandiose efficacité, passons à la question que tout le monde se pose. Alors ce Cars 3, est-il l’épisode de rédemption ultime ou une suite sans saveur et dénuée de tout intérêt?

Ce qui frappe au premier abord, c’est l’intelligence de Pixar d’avoir tout simplement effacé de ses données l’ignoble deuxième épisode de la mythologie de Cars. Comme si le studio avait entendu l’avis collectif de l’ensemble des fans, et qu’il est décidé de l’éradiquer des mémoires une bonne fois pour toutes.

La mythologie commence donc avec le premier opus sorti en 2006 et se continue avec ce « troisième » volet. Il est donc préférable d’avoir vu le premier film avant de voir celui-ci, car bon nombre de choses y font référence et pas mal d’enjeux y sont liés. Et cela de manière toujours intelligente. L’équipe responsable du film, a réussi à sortir le meilleur de l’histoire originelle pour en tirer profit de la plus belle des façons.
La résurrection est donc en marche.


Frein à main émotionnel

Le long-métrage débute avec une course hallucinante de plus d’un quart d’heure, on y retrouve la science du plan, le découpage dynamique, le travail du son des plus grandes productions hollywoodiennes. Nous, pendant ce temps-là, on est cramponné à nos fauteuils, pouvant à peine ingurgiter cette boisson qui nous a couté un bras par peur de manquer ne serait-ce qu’une goutte de ce qui se passe sur le grand écran.

Le ton est donné, le film sera spectaculaire, intense et vos émotions seront mises à rude épreuve.
Puis vient le climax annoncé par le trailer partagé plus haut.


Remise en question

A partir de ce fait tragique, Flash McQueen doit maintenant faire un travail sur lui-même. Doit-il raccrocher les roues? Doit-il persévérer? A-t-il encore quelque chose à prouver, lui qui a tout gagné avec brio depuis une bonne décennie? Doit-il continuer au risque d’égratigner sa légende?
Toutes ces questions, ces dilemmes sont le coeur même du film. Et une phrase révèle à elle seule le pouvoir des enjeux scénaristiques du long-métrage: « Un jour j’ai demandé à mon père quand est-ce qu’il sera temps de raccrocher. Il m’a répondu: La jeunesse te le fera savoir. »

Car oui, Flash McQueen doit non seulement se redresser après un terrible accident, mais il doit également faire face à la venue de nouveaux bolides, plus puissants et plus rapides que lui. Lui qui commence à avoir fait son temps comme l’on aime à dire dans le domaine sportif. Et cette nouvelle concurrence est incarnée par le non moins bien nommé: Jackson Storm.
Jeune aux dents longues qui n’hésitera pas à mettre des bâtons dans les roues à la légende McQueen pour lui prendre sa place.


Le meilleur de la saga, rien de plus rien de moins

Le verdict est donc celui-ci: Cars 3 réussit là ou ces deux prédécesseurs avaient échoué. Il nous donne ce surplus d’émotion, d’adrénaline que l’on recherche lorsque nous allons voir un film sur la course automobile. Son parcours tortueux, ses doutes sont autant d’étapes qui nous font ressentir empathie et compassion pour cette légende de la course automobile qu’est Flash McQueen.

Dérapage (épilogue) contrôlé

Et c’est à ce moment que le film passe de bon à excellent. L’épilogue possède un twist insoupçonnable que je garderai évidemment pour moi.

Pour ne pas paraphraser trop longtemps, je vous recommande cette immense surprise qu’est Cars 3. Un film touchant, intense qui vous fera passer l’un des meilleurs moments, si ce n’est le meilleur moment en terme d’animation américaine cette année. La saga passe à l’âge adulte dans ses thématiques et il était temps que cela arrive.

Le meilleur de la trilogie, sans conteste.


En quatrième vitesse

Juste pour finir rapidement, je dois bien dire que j’ai été littéralement scotché par la qualité visuelle des environnements tout au long du film. Et plus particulièrement les environnement ruraux qui sont d’une beauté incroyable, souvent même extrêmement proches du photo-réalisme.


Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

Rédigé par Jonathan Sibieta