Ce lundi 9 octobre 2017 avait lieu, à Nantes, une soirée doom metal organisée par Stoned Orgies : Conan et Monolord. Conan ayant déjà mis le feu au Ferrailleur il y a un an, il était quasiment certain que le public serait au rendez-vous. C’était peut-être un peu moins sûr pour Monolord, étant donné que c’est leur 1ère tournée en France (hormis le Hellfest 2016). Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’hypothèse sur Monolord est complètement fausse !

Ne connaissant que peu Conan, je ne m’étalerai pas sur les titres des chansons. Voici donc mon ressenti quant à leur prestation. D’emblée, le décor est planté. Fidèles à leur musique, Conan joue une musique tout en lourdeur, sans que ça soit soporifique. L’unicité de Conan vient des changements d’ambiance, on ne cesse de jongler entre les riffs lents, les lignes de basse répétitives, et les riffs propres au stoner, particulièrement énergiques. Quant au chant, il est gras, rocailleux, c’est ce qui contribue grandement à la partie énergique du concert. Malgré les changements d’ambiance, le sentiment de torpeur est bien présent, tout en ayant un côté progressif : le climax et la tension montent jusqu’au final, point culminant du concert, où le flot de notes nous bercent tout en étant anxiogène. Au final, ce concert était un parfait début de soirée, l’esprit de fête étant présent à chaque instant.

Place maintenant à Monolord, après un entracte ayant fait le plus grand bien. Je profiterai également de ce live report pour faire une petite critique du dernier album du groupe Rust (sorti le 29 septembre) qu’ils sont venus présenter. J’avais des attentes particulières pour ce concert, à savoir le souhait d’avoir en 1ère chanson Empress Rising, titre emblématique du groupe issu du 1er album éponyme, et avoir la chanson At Niceae en dernier, dernière chanson de l’album Rust et qui constitue un final parfait selon moi. Il n’en fut rien de cela, mais peu importe, car le set était maîtrisé de bout en bout. On a pu avoir comme chanson d’intro Where Death Meats The Sea, 1ère chanson du dernier album, qui constitue une parfaite mise en bouche. Dès les premières notes, on a droit à du doom énergique (mais pas trop), conjugué à la prestation électrisante du groupe. La 1ère chanson est à l’image du reste de l’album : c’est du doom riche et varié, prenant parfois des virages surprenants vers le psyché (en témoigne la magnifique intro de la chanson éponyme). Sans surprise, le dernier album est très bien représenté. L’inquiétude s’est fait sentir quand le groupe a joué At Niceae en plein milieu du concert (comme dit ci-dessus, j’aurais souhaité au départ la voir à la fin). Mais au final, elle a représenté le pilier central du concert. Et au vu des 2 dernières chansons choisies par le groupe, elle avait toute son importance à cette place. La chanson s’enchaîne linéairement avec Audhumbla, 2ème chanson de l’album Empress Rising, entièrement instrumentale, qui constituait une sorte d’entracte idéale entre At Niceae et le final. Logiquement, c’est la chanson Empress Rising qui a été choisie pour clôturer le concert. Pour l’occasion, la chanson est jouée plus lentement que d’habitude (15 minutes au lieu de 12). Jouer un titre phare en dernier, classique me direz-vous ? Certes, mais quitte à faire une chose classique en concert, autant bien la faire et se réinventer par l’interprétation. Au final, la communion entre le groupe et son public était là, c’était une messe. Une monomesse, dans tout ce qu’elle avait de plus festive et intime.