Annihilation est un film de science-fiction réalisé par Alex Garland, adaptation du roman éponyme signé Jeff VanderMeer paru en 2014. Sorti le 23 février 2018 dans les salles américaines, et directement sur Netflix le 12 mars 2018 dans notre chère patrie.



Retour attendu

Alex Garland a su imposer sa vision d’une science-fiction haut de gamme depuis plus de dix ans, grâce notamment à ses scénarii originaux tels que ceux du Sunshine de Danny Boyle (2007), du Never Let Me Go de Mark Romanek (2010) et surtout bien plus récemment du film qu’il a lui même réalisé Ex Machina (2015). On lui doit aussi dans un tout autre registre le roman La Plage, et le scénario de 28 Jours Plus Tard, tous deux adaptés à l’écran par Danny Boyle, encore lui. Il a également œuvré dans le domaine vidéoludique.

Ses principaux points forts sont une narration visuelle et émotionnelle utilisées avec soin et par conséquence l’absence de dialogues explicatifs à outrance. Cette facette de son style artistique est un atout indéniable au vu de ce qu’il se fait aujourd’hui.
Avec un tel curriculum vitae, il est d’une évidence rare que tout artiste, quel qu’il soit, est attendu comme le loup blanc à chaque sortie de nouvelle sculpture.

Évidence, confirmation, affliction

Dès la mise en place de l’intrigue centrale du long-métrage, on comprend directement pourquoi Alex Garland a choisi d’adapter cette nouvelle. L’ambiance énigmatique de l’ensemble est à mettre en parallèle avec la quasi totalité de son œuvre à ce jour. De part l’aspect psychologique, sensoriel et en particulier au niveau du questionnement de l’âme, de l’être. La direction artistique partant par moment dans l’abstrait s’avère fascinante. La narration visuelle, point fort de Garland donc, est toujours utilisée à bon escient. L’interprétation du sujet peut varier selon les personnes, mais nous sommes bel et bien face à la création dans le sens le plus religieux possible. Ce qui est assez intéressant de par la façon dont le metteur en scène traite son sujet.

Mais là où le bât blesse malheureusement, c’est qu’au niveau de l’enrobage de la trame principale, les fautes de gouts, de tonalité, de tempo se font légion jusqu’à même renier certains principes de mise en scène du réalisateur britannique. Oubliant sa doctrine dans des dialogues utilisant certes des termes scientifiques pour étayer le propos néanmoins la qualité de ces derniers est pour le moins soporifique. Allié à des actrices tout sauf talentueuses hormis évidemment Nathalie Portman qui n’a pas de mal à survoler le débat, saupoudré par moment par des tirades d’une inutilité folle comme par exemple la découverte d’une carte mémoire où le metteur en scène juge bon de nous confirmer par la parole qu’il s’agit bel et bien d’une carte sd… Merci de cette attention mais nous l’avions remarqué. Le trop plein de gras (lire ma théorie sur « le gras » dans la critique Mother -L’art du gras- http://culturaddict.com/mother-la-critique/) nuit à la fluidité du récit, et par conséquent perd son audience.

Conclusion

Ajouté à cela une finition technique parfois douteuse, le film disposant d’une quête relativement intéressante se mue en un film bancal doté de quelques moments enivrant plombés par des contours nullement au niveau du cœur de l’intrigue.

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

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