Nouveau venu du label Les acteurs de l’ombre, le split entre Griffon et Darkenhöld est prévu pour le vendredi 31 mai. Ce qui est bien, avec les écoutes en avant-première, c’est que ça laisse le temps d’annoncer les albums méritant d’être écoutés. Répandons donc la bonne parole, parlons de cet album, qui a déjà tout d’un futur classique du label.

La 1ère moitié nous a été concocté par Griffon. D’entrée de jeu, la couleur mélancolique de l’album est annoncé. Le rythme ternaire du 1er morceau, « Si Rome vient à périr » permet une ballade pesante, comme un poids que l’on porte. L’intermède à la guitare sèche renforce un côté médiéval des plus plaisant, qui n’aura de cesse de nous guider tout au long de l’album. Si les 2 groupes en ont fait leur spécialité, ici, la musique est exploitée de la meilleure des manières, avec l’enchaînement harmonique parfait. Pas le plus original qui soit, mais qu’importe, ce n’est pas l’effet recherché ici. Un enchaînement harmonique simple, correspondant parfaitement à la couleur du morceau, avec une texture sonore parfaite : l’introduction est parfaite. Le reste de l’album également. Le 2ème morceau, « Souviens-toi, Karbala » se situe dans le prolongement du 1er, en un peu moins transcendant, mais toujours aussi bien fait.

Le 3ème morceau, « Jérusalem », continue dans la même tonalité des 2 morceaux précédents. On aurait pu craindre une légère perte de tension dramatique ou musicale, mais l’intensité et la longueur du morceau sont telles que le souffle reste coupé, grâce aux mêmes accords lancinants, répétitifs, au chant guttural parfait, pour nous entraîner dans une spirale infernale, sans fin, jusqu’à la dernière note. Puis arrive la transition vers le 4ème morceau, purement instrumental, mais néanmoins surprenant. Car ici, le Black Metal est laissé de côté, pour laisser place au clavecin, sobre, virevoltant, magnifique. Après quelques secondes, l’orchestre de cordes arrive, ainsi que les cymbales, rajoutant une dimension épique au morceau, bienvenue. Fin du chapitre Griffon.

Place maintenant à la 2ème partie de l’album, mené par Darkenhöld. Un album surprenant, car ici, cette 2ème moitié sera entièrement acoustique. Le 1er morceau, « Marche des Bêtes Sylvestres », plante le décor d’un album unique en son genre. Car s’il est entièrement acoustique, on retrouve malgré tout quelques éléments caractéristiques du Black Metal, avec des enchaînements harmoniques propres au genre, ou bien une partie du chant purement Black. Le mélange des 2 peut être déstabilisant, mais fonctionne à la perfection. Car, c’est bien connu, c’est lors de sessions acoustiques que les musiciens montrent l’étendue de leur talent, comme, dans un tout autre genre, Nirvana lors du « MTV Unplugged », ou sinon, pour se rapprocher du milieu Metal, Hypno5e, avec leur dernier album « Alba – Les ombres errantes ». Le 2ème morceau, « Le Sanctuaire de la Vouivre », continue naturellement dans cette lignée, toujours surprenant, avec des harmonies à la fois complexe et simples. Le mélange Black et Medieval fonctionne toujours bien, les riffs black joués à la guitare sèche sont parfaitement maîtrisés.

Les 2 derniers morceaux continueront donc sur cette lancée. Si la fin semble s’étirer sur la longueur, notamment sur « La Goule et la Tour », il n’empêche que les différents niveaux sonores se conjuguent parfaitement, permettant une écoute fluide. De plus, les changements d’ambiance sont de mise, notamment dans le dernier morceau, « Citadelle d’Obsidienne », avec une accélération brutale en milieu de morceau, pour un caractère tantôt enjoué, tantôt énervé.

Au final, ce qui ressort de cette album est une odyssée médiévale, maîtrisée à chaque instant, où la mélancolie côtoie la fête. L’ambiance oppressante se conjuguant aux pas de danse endiablés, cet album fait état de moult sentiments contradictoires, mais jamais déplaisants. Bref, un nouveau superbe album du label, qui n’a de cesse de nous offrir des albums de qualités.

Merci à tous d’avoir lu cet article, à très bientôt pour la suite de l’odyssée musicale !

Musicalement,

Alan