Black Mirrors est un groupe belge de rock psychédélique (même si leur musique ne s’arrête pas là), composé de Marcella Di Troia au chant, Pierre Lateur à la guitare, Gino Caponi à la basse et Edouard Cabuy à la batterie. Le groupe s’est créé au sud de Bruxelles. Après un 1er EP, Funky Queen, sorti en 2017, le groupe nous revient cette année avec un 1er album, Look Into the Black Mirror. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, laissez-moi vous parler de ce qui est, pour l’instant, l’album de l’année !

Photo du groupe Black Mirrors

Dès les 1ères notes du morceau Shoes for Booze, le ton est donné : les riffs de guitare nous mettent dans une ambience stoner rock, ce que vient confirmer la voix de Marcella. Le rythme est lourd pesant, c’est une entrée en matière à la fois tout en douceur et tout en énergie. Sans crier gare, la fin du morceau se veut bien plus pêchu, le changement de tempo et le solo de guitare prennent de court, impressionnent, jusqu’à l’arrêt brutal du morceau.

Le second morceau, Funky Queen, est bien connu des fans puisqu’il était déjà présent dans le 1er EP éponyme. On a droit à un morceau pêchu, groovy, le rythme est soutenu. La ligne de basse est particulièrement importante, le reste du morceau s’articule autour d’elle. Dans la lignée du 1er morceau, on a droit à un morceau qui se veut légèrement plus pêchu, comme une montée en puissance.

Le troisième morceau, Lay My Burden Down, vient confirmer l’accroissement du rythme et du tempo, toujours plus énergique, même si les couplets jouent plus le jeu de la nuance, nous montrant toute l’étendue du talent de Marcella : après la démonstration de force dans les notes aiguës, les notes graves sont le bienvenues et apportent un peu plus de légèreté.

Le quatrième morceau, Inner Reality, commence plus doucement. La tonalité change, le rythme et le tempo aussi, c’est un peu plus lent. Malgré ça, l’atmosphère lourd et pesante se fait toujours ressentir, avec un refrain joué un peu plus forte. La voix de Marcella se fait plus douce maintenant, toujours très profonde, mais optant pour un registre plus medium. L’ensemble se veut plus envoûtant, avec notamment un intermède instrumental des plus beaux, accompagné de vocalises lyriques impressionnantes.

Le cinquième morceau, Moonstone, continue dans le registre calme et prenant, avec d’entrée de jeu un riff psychédélique à souhait. La voix de Marcella se fait toujours plus douce, malgré un refrain un peu plus fort, toujours avec un rythme soutenu. Le contraste est saisissant, ça donne une atmosphère unique ! Le morceau se veut plus simple, mais tout est aussi beau que les précédents.

Photo du groupe Black Mirrors

Le sixième morceau, Günther Kimmich, renoue avec les riffs pêchus et la voix puissante de Marcella. Le morceau se présente comme un futur tube ! Le refrain est particulièrement accrocheur, les onomatopées également. Le tempo est particulièrement rapide, même si la fin joue la carte des valeurs longues à la batterie. D’ailleurs, sur l’ensemble de l’album, les breaks et les changement de nuances qui parcourent l’album sont particulièrement appréciables.

Le septième morceau, Cold Midnight Drum, est plus sombre. Les enchaînements harmoniques sont plus curieux, mais superbes à écouter. La voix se situe dans un entre deux, la puissance vocale est toujours là, mais s’applique sur des notes medium. Encore une fois, la maîtrise des musiciens est époustouflante. Le solo de Pierre à la guitare est un pur régal, c’est froid et enjoué également. Pour l’instant, c’est un sans faute.

Le huitième morceau, Mind Shape, continue dans un registre assez sombre, tout du moins pour le couplet, mais au caractère légèrement plus enjoué dans l’ensemble. Dans la continuité des morceaux précédents, on alterne entre des nuances plutôt piano mais forte aussi. Un morceau de plus qui joue sur les contrastes, mais qui ne perds rien de son charme, et se révèle tout aussi indispensable que les précédents. Encore une fois, la maîtrise instrumentale est au rendez-vous.

Le neuvième morceau, Till The Land Will Blows, propose une ambiance plus pesante. Le début mise sur le registre stoner du groupe, qui fait du bien après le morceau précédent. Là aussi, les contrastes sont saisissants, entre accords majeurs et mineurs, tonalités d’empreints. Le morceau se révèle sublime pour cette raison, mais aussi pour la voix de Marcella qui lorgne toujours plus dans les extrêmes avec sa voix, avec des couplets toujours plus doux et graves et des refrains toujours plus aigus et puissants.

Vient enfin le dernier morceau de l’album, Burning Warriors. Les 1ères notes annoncent un morceau sombre et violent, dont on ne va nullement perdre l’intensité pendant plus de 6 minutes. Le rythme soutenu du couplet, conjugué à la voix de Marcella cette fois assez calme, annoncent un caractère plus violent pour le refrain, une sorte d’essai transformé en soi. Le refrain d’ailleurs nous offre la plus belle démonstration de force de Marcella, tant son registre est le plus saisissant depuis le début l’album. Vient ensuite le solo de guitare, impressionnant, jouant d’abord la carte du fort et du puissant, sans que ça soit désagréable pour autant. Puis, légère accalmie, avec quelques notes enchaînées en douceur, avant le crescendo jusqu’au final. Ce final, qui nous offre le plus bel enchaînements de riffs depuis bien longtemps, est oppressant, mais on ne peut plus jouissif. Accompagné de la voix de Marcella, ce final est parfait, tant la musicalité est au rendez-vous. Après un léger moment sans musique, vient une piste cachée, tout en douceur. Les 1ères notes de guitares ne sont pas sans rappeler les plus belles heures de Led Zeppelin. La voix est douce et calme, le registre medium, c’est une sorte de calme après la tempête. La structure est ici la plus simple, mais elle permet un final tout en détente après les dernières minutes dantesques.

Pochette de l'album "Look into the black mirror"

En conclusion, cet album est tout simplement le meilleur sorti cette année pour l’instant, tout simplement. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu un album rock de cette trempe, jouant sans cesse le changement de registre, pour notre plus grand bonheur. La qualité musicale est présente à chaque instant, il n’y a rien à redire quand au talent des musiciens. C’est un album indispensable, ça sort le 31 août chez Napalm Records. Allez tous l’acheter !

Note : 5/5.

Le groupe sera en tournée cet automne avec The Night Flight Orchestra, 4 dates françaises sont prévues, n’hésitez pas à vous rendre aux concerts si vous pouvez !

Poster du Night Flight Orchestra

Merci au groupe et à Lukas de Napalm Records de m’avoir donné la chance d’écouter l’album en avant-première, et merci à vous de m’avoir lu ! A très bientôt pour la suite de l’odyssée musicale.

Alan