Les maîtres du Stoner Psychédélique sont de retour ! Après un Astra Symmetry en légère demi-teinte, cet album étant attendu au tournant. Est-il à la hauteur des attentes ? La réponse est un grand oui.

Le morceau d’ouverture, Spirals, donne le ton : les caractères seront tantôt calmes, tantôt énervés, pour un résultat global très progressif. Une marque de fabrique chez le groupe, qui n’a eu de cesse de se réinventer tout au long de ses albums, avec beaucoup de montées en puissances rythmiques, des parties instrumentales virtuoses et des moments planants. Ici, rien de nouveau donc, on est dans du pur Monkey3 : c’est beau, réussi, bref, tout ce que l’on aime quand on est un adepte du groupe. Le 2ème morceau, Axis, vient confirmer par la suite le rythme de croisière : ici dans un morceau ternaire, les solos s’enchaînent, le rythme est pesant, c’est plus condensé. Dans la continuité du 1er au final. Le 3ème morceau arrive, Prism, et semble se diriger vers quelque chose de différent. Ici, impossible de ne pas identifier l’influence Pink Floyd, qui n’est pas sans rappeler l’introduction du morceau Echoes. Mais finalement, l’arrivée de la batterie s’accompagne d’accord s’inscrivant dans la même tonalité que les 2 premiers morceaux. L’ennui guette ? Loin de là, car si le groupe à son empreinte sonore caractéristique, on peut toujours compter sur eux pour nous offrir des changements d’ambiances et de tempo qui sont bienvenus. La preuve par la suite, ou chaque instrumentiste a encore une fois son moment de gloire. Le tempo s’accélère, c’est oppressant et magnifique à la fois, c’est une spirale infernale sans fin. Jusqu’au moment où l’atmosphère se détends, où la fin devient planant à souhait, avec un solo de guitare lent et technique à la fois, de quoi nous rappeler toute la beauté du psychédélique.

Arrive ensuite le 4ème morceau, Mass, qui reprend d’entrée de jeu la même tonalité. Peut-être est-ce la représentation musicale du nom de l’album, Sphere ? En tout cas, c’est encore une fois parfaitement maîtrisé. Les nappes sonores ont une réelle plus-value sur ce morceau, c’est un plaisir ! Enfin, arrive un moment assez surprenant : le solo de guitare de Bumblefoot, qui a priori ne coïncide pas avec le style du groupe. Et pourtant, ça marche parfaitement ! D’un point de vue personnel, ça casse un petit peu le rythme du morceau, mais il n’empêche que c’est toujours aussi plaisant à écouter. Le morceau reprend ensuite son rythme de base, pour un final tout en mélancolie. Vient ensuite le 5ème morceau de l’album, Ida, avec un changement de tonalité, mais pas de ton. Ici, le morceau sera plus planant, sombre mais calme. La guitare sera encore une fois bien mise en avant, mais ce n’est clairement pas pour déplaire, tant les notes sont jouées de manière impeccable. Le morceau a beau être étonnamment court, il est bien placé et permet une légère détente, avant le final, Ellipsis. Du haut de ses 14 minutes, ce morceau est l’apothéose de l’album. Ce n’est pas la 1ère idée qui vient à l’esprit lorsque l’on écoute le début du morceau, qui est plutôt calme, avec un rythme soutenu. Les sons de synthé sont ici mis plus en avant que les précédents. La montée en puissance de la batterie se fait très progressivement. Une fois le début lancé, au bout des 5 premières minutes, il est difficile de ne pas penser à Icarus niveau rythme. Le groupe évite malgré tout le piège de se reprendre, par des harmonies curieuses et belles. Retour à une partie plus calme, soutenue, semblable au début du morceau. Les riffs se font légèrement plus rapide, pour une partie progressive différente des autres. Sur les 5 dernières minutes, la batterie va prendre de l’ampleur, le morceau sera à son climax : la batterie frénétique, la guitare, le synthé, le rendu sonore devient oppressant jusqu’à l’arrêt brutal. La fin du morceau nous laisse avec quelques sons de synthés éparses pour un lent retour au calme.

Pour conclure, cet album est parfait. On est dans du pur Monkey3, on sait à quoi s’attendre, mais le groupe nous offre une musique toujours aussi belle, tout en évitant le piège de la répétition et de la formule toute faite. Un grand bravo à vous.

Note : 5/5.

Merci à vous de m’avoir lu, à très bientôt pour la suite de l’odyssée musicale !

Musicalement,

Alan