Le 3 mai prochain sortira le split entre Cepheide et Time Lurker, à paraître chez Les acteurs de l’ombre. Dans la continuité des autres groupes du label, nous avons ici droit à 2 groupes de black bien spéciaux.

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L’album commence avec 2 morceaux de Time Lurker, avec une intro toute en douceur pour « No One Is Real », qui va largement contraster avec le reste. Après un peu plus d’une minute de calme, les riffs, tranchants à souhait, viennent bousculer l’auditeur. L’enchaînement harmonique est mélancolique, violent, triste, c’est prenant. Après 2 minutes, le tempo ne faiblit pas, mais la variation en rythme ternaire est bienvenu. Le chant est sourd, mais beau, la beauté est de mise. Les changements de registres et d’ambiances s’enchaînent, sans laisser aucun répit à l’auditeur. Après un léger passage plus doux, la violence du morceau reprend de plus belle, pour un arrêt brutal et incisif. Un morceau d’introduction parfait en somme.

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Le 2ème morceau, « Unstable Night », commence avec des chœurs. L’ambiance est installée, ce sera une fois encore mélancolique et dramatique à souhait. Malgré tout, changement de registre au niveau guttural, le chant est plus grave, bien moins aigu que dans le 1er, avant une reprise du chant black traditionnel. Le morceau porte très bien son titre, car ici la forme cyclique disparaît, laissant place à une recherche harmonique plus poussée encore, plus « instable », avec de nombreux passages surprenants. On notera également la recherche de sonorités diverses, avec notamment les bruits d’insectes en milieu de morceau. Le morceau s’arrête sur une reprise du motif, pour un résultat global très satisfaisant. Passons maintenant à Cepheide.

La suite de l’album ne contient qu’une seule piste de 19 minutes, nommé « Lucide ». Ici, même schéma de début de morceau, semblable à « No One Is Real », c’est plutôt calme, mais cela ne dure que quelques secondes. Le début du morceau nous entraîne dans une spirale infernale, pendant de longues minutes, 2 accords reviennent, aux caractères violents et sombres, où notre espace sonore est envahi par ce flux accéléré de notes et de riffs. La torpeur prends fin lorsqu’un magnifique passage atmosphérique arrive, avec juste des nappes de guitare. La violence du morceau reprend, avec un rythme plus nuancé, laissant plus de place aux temps forts et faibles. Le rythme harmonique s’accélère légèrement, pour laisser place à une 2ème partie de morceau assez différente.

La 2ème partie est en effet plus ambiante, le rythme passe là aussi au ternaire pendant quelques secondes. Les nappes de guitare sont plus fluides, bercent l’écoute pour un moment certes mélancolique mais plus calme. On distingue quelques paroles, sombres et belles, évoquant le deuil (d’après l’interprétation personnelle). Vient ensuite encore quelques secondes violentes, avant un passage surprenant en Majeur, toujours violent, mais avec un caractère plus serein. Ces quelques minutes de calmes préparent le terrain pour une fin de morceau prenante, violente, avec un retour en tonalité mineure. Le morceau prend le temps de s’arrêter, avec un tempo plus lent. Reprise de la dernière strophe, fin.

Le label nous habitue aux superbes albums, celui-ci ne déroge pas à la règle ! Les 2 groupes se complètent, liés mais différents, pour une écoute globale tout à fait prenante. Les 32 minutes d’albums sont à la fois denses, longs, mais aussi très rapides finalement. Avis aux amateurs de black, cet album pourra en ravir plus d’un. Merci d’avoir lu cette critique ! Encore un grand merci à Blandine et Christine pour m’avoir permis l’écoute de cet album. A bientôt !

Alan