In Vain est un groupe norvégien, originaire de Kristiansand, formé en 2003 par Johnar Haaland et Andreas Frigstad. Après leur superbe album Ænigma sorti en 2013, le défi était de taille pour réussir à faire mieux ou égaler. Pari réussi ? Oui.

Seekers of the Truth

Dès les 1ères notes, le style d’In Vain est immédiatement reconnaissable. Les riffs de guitare sont secs, puissants, le chant guttural est simple mais efficace. Le rythme irrégulier peut être perturbant au départ, mais on s’y fait assez vite. On entre donc en territoire connu. Puis vient le refrain, du In Vain à l’état pur. C’est mélancolique, triste mais beau ! Le blast vient renforcer le style épique permettant de reconnaître la patte de In Vain. L’intermède qui suit est en pleine continuité, avec un ton plus léger. In Vain manie donc toujours à la perfection les changements d’ambiance. L’ensemble sonore donne un côté orchestral toujours plaisant à entendre chez le groupe.

La fin de la chanson arrive, la surprise du changement de tonalité aussi et du solo de guitare. On ne veut pas que ça s’arrête ! C’est là qu’intervient la fin brutale de la chanson. In Vain sait donc toujours surprendre. De très bonne augure pour la suite !

Soul Adventurer

Le ton est différent, la voix et l’instrumentation surprennent. Le registre est assez grave, l’enchaînement d’accord est un peu plus simple. Mais cela fonctionne, de par la surprise que ça créée venant de In Vain. Pour ce qui est du refrain, on reste sur un ton mélancolique, comme le précédent. Un peu moins transcendant, mais toujours efficace, avec un rythme harmonique à la batterie un peu plus rapide. Puis on peut entendre une reprise du même schéma par la suite.

Changement d’ambiance, reprise de la 1ère tonalité. Ici, le pont fait écho au début, un peu plus agréable à écouter cette fois-ci. Puis, reprise du refrain avec quelques variations. In Vain nous gratifie de ces quelques changements entre couplets et refrains qui sont toujours d’une superbe maîtrise. Un morceau simple, mais qui nous offre une jolie palette d’émotions, entre mélancolie, torpeur, et énergie.

Blood We Shed

1ères notes…prenez-vous en plein la face ! C’est sombre, puissant, tragique. On retrouve toute la technicité du prog mélangé aux riffs typique black metal. Une réussite ! C’est viscéral, ça prends aux tripes. Presque 2 minutes de black bien prenant, ça essoufle.

Puis vient un pont assez joyeux et énergique, dans la veine d’un vieux Dream Theater mais en mieux. Enfin, le refrain, tout le monde s’apaise, il est temps d’être à nouveau ému par les riffs mélancoliques de In Vain. Ce groupe maîtrise tout ! Y compris les transitions. Du progressif à l’état pur, des changements de tonalités et d’ambiance qui surprennent mais qui fonctionnent toujours ! Ce n’est jamais déséquilibré, toujours très bien construit. In Vain ne sait pas décevoir !

En Forgangen Tid (Times of Yore Pt. II)

C’est reparti pour un tour de force épique. Les 1ères notes nous offrent un chant très solennel, une pensée harmonique simple et riche à la fois. Il y a quelque chose de glorieux qui se dégage de ce chant ténor puissant. Vient une nouvelle tonalité, l’ajout du chant guttural vient sublimer l’ensemble. L’ajout de l’orgue lors du pont est le bienvenu, ce qui donne un souffle de fraîcheur à la torpeur du morceau.

Le final mise sur sur l’effet de continuité et de longueur, tout en y ajoutant une accumulation des timbres, des solos, des enchaînements harmoniques riches : ça marche ! Jusqu’à la dernière seconde. Encore une fois, In Vain tape dans le mille, le mélange des genres fonctionne à merveille, même en se restreignant un peu plus.

Origin

Une ligne de basse, des riffs énergiques et simples, un chant guttural classique : le décor est planté, on est dans du progressif à l’état pur. Le chant tenor est là pour appuyer l’aspect solennel propre à In Vain, avec une richesse harmonique bienvenue en fin de refrain. Puis vient le pont, sombre, viscéral, énervé, avec une rupture à la batterie maîtrisée. Puis revient le refrain, cette fois avec un superbe scream à la fin, plus court, et un pont irrégulier. La reprise du refrain avec la voix de tête à la fin montre toute l’étendue du talent du groupe. Du In Vain à l’état pur ! Puis vient la fin, solennelle, et brutale.

Un morceau assez court, mais qui nous montre toute la beauté de la simplicité chez In Vain, le groupe réussit dans des registres différents à nous émouvoir, tantôt dans la simplicité, tantôt dans la virtuosité, et c’est un réel exploit.

As the Black Horde Storms

Le début de cette 6ème piste de l’album est déconcertant ! En quelques secondes, on passe de gros riffs black metal à un superbe intermède à la guitare sèche, puis une section black metal encore différente. La chanson démarre, les tonalités et les riffs s’enchaînent, tous différents, tous liés par des notes communes. On assiste à un beau dialogue entre chant death et chant black metal.

Vient ensuite le chant ténor, encore une fois tout en puissance et finesse, tout en émotion. La section rythmique est un peu plus calme, ce qui n’est pas pour déplaire après le début tonitruant. A pleine vitesse, on enchaîne avec une double pédale et un chant guttural court mais intense, puis des riffs plus lourds. Tout ceci ressemble au summum de In Vain !

Les structures s’enchaînent, toutes différentes, tout en se répétant. In Vain nous offre un moment de bravoure incroyable, on a rarement vu aussi intense en musique ! L’émotion monte, une telle beauté ne peut pas laisser insensible. Va-t-on continuer sur la lancée pour le dernier morceau ?

Standing on the Ground of Mammoths

Un superbe enchaînement harmonique, une double pédale qui sied à merveille à la musique, un rythme lent et lourd, des nappes de guitare en fond sonore : In Vain nous promet un superbe final ! Le chant guttural est émouvant, beau, puissant : on ne demande pas mieux en terme de sublime ! Le refrain qui suit est d’une exemplarité sans nom : les musiciens donnent le meilleur d’eux-mêmes ! Le chant ténor est grave et profond, les cordes ajoutent ce qu’il faut de triste et beau.

Comme un écho à Floating on the Murmuring Tide, final du précédent album, on enchaîne avec une partie beaucoup plus calme, changeant de tonalité, avec le trio guitare sèche, guitare électrique et saxophone. C’est lent, triste, et beau : les larmes sont là. Puis vient un nouveau pont, différent, cohérent, toujours aussi incroyable.

Reprise du thème principal, chaque musicien y met ses tripes ! Le frisson est intact, c’est violent, dur, mais toujours aussi beau. Le final arrive, avec lui la reprise du premier motif, et un solo de guitare à faire trembler de plaisir la personne la plus stoïque. La fin est un peu courte, on aurait pu espérer quelque chose de plus épique encore, mais on a peut-être là une fin idéale. Fin de l’album.

Conclusion

Cet album est incroyable. J’ai décidé d’en faire la critique et analyse chanson par chanson car chacune a son identité propre, elles sont toutes différentes et toutes liées à la fois. In Vain nous prouve une fois de plus qu’ils sont maîtres dans leur art, et qu’il ne suffit pas de faire dans le changement d’ambiance pour créer l’originalité, encore faut-il savoir les maîtriser. Et si on peut toutefois regretter quelques passages un petit peu moins transcendants pour du In Vain, ou un final qui aurait peut-être gagné à être plus long, la volonté d’avancer ne peut qu’être saluée. In Vain ne se repose pas sur ses acquis, tout en sachant quoi faire pour sublimer leur art. Et ça, c’est un exploit. Note : 5/5.

En espérant que ma critique vous ait plu, si c’est le cas n’hésitez pas à partager ! A très bientôt.