Après une petite pause, c’est le retour des interviews du Hellfest ! Cette fois, j’ai eu la chance d’interviewer FLAYED, du label KLONOSPHERE. L’occasion de revenir sur le concert du 5 avril avec Les Tambours du Bronx ! Pour lire le live report, c’est ici. Un grand merci à Charly, Pat, et Roger !

Culturaddict : Bonjour à toi, merci de me recevoir ! Tu peux nous toucher 2 mots sur les débuts du groupe ?

Charly : FLAYED c’est 6 gars, 6 potes depuis plus de 20 ans, à des âges différents, de 35 à 50 balais. On a récupéré ce personnel là pour filer un coup de main à un pote, Julien, le guitariste, qui compose tout dans le groupe. Du coup il nous a appelé pour 2 concerts, on a vu que ça marchait grave, l’alchimie était là, on se faisait plaisir, donc on a foncé. FLAYED ça a maintenant 6 ans, 3 albums, un EP, 200 concerts, et c’est cool.

Culturaddict : Comment vous avez choisi votre genre ? Il y avait une idée de base où ça s’est fait naturellement ?

Charly : Il y avait une idée de base dans le sens où le Hard Rock est une influence commune dans le groupe. Et Julien, notre guitariste soliste, avait justement à cœur de faire du Hard Rock, comme on faisait « avant ». Il ne pensait pas que ça allait prendre cette ampleur-là, qu’on avancerait la tête baissée dans le guidon. On s’est dit « on essaye », on a branché nos instrus, et on s’est rendu compte que le son était intéressant, que le style, même s’il existe depuis longtemps, il y avait encore des choses à dire. Du coup ouais on a trouvé un petit équilibre, et ça marche.

Culturaddict : Ouais, quand j’avais fait le live report du 5 avril à Rennes, j’avais trouvé une grosse influence DEEP PURPLE, surtout dans l’orgue.

Charly : L’orgue Hammond ? Cet instrument, pour moi, est le plus bordélique qui existe sur Terre ! Celui qui a le plus gros volume sonore. Contre tous les autres il gagnera ! Tu composes avec, et on arrive forcément à voir, à l’oreille, toutes les références des années 70, le Purple. C’était la symbiose de la fulgu Rock avec cet orgue-là, qui donne toutes ces couleurs, et qui peut amener des nuances vraiment intéressantes.

Culturaddict : Je suppose que ça fait partie de vos influences ?

Charly : Oh oui, tout à fait. D’ailleurs notre organiste, Raph, est un fan de DEEP PURPLE depuis toujours, c’est indéniable, ça s’entend je crois.

Raph, organiste pour FLAYED

Crédits Photos : Alan Bernicot

Culturaddict : Est-ce qu’il y a une recherche ou une démarche esthétique dans ce que vous faite ?

Charly : Non, dans la mesure où on compose très vite en fait. Il y a un compositeur pour tout le monde, sauf le chant, parce qu’il faut quand même laisser ça aux professionnels. Du coup on arrive à avoir des morceaux en continu qui tombent tous les 4 ou 5 jours. On a un choix de fou sur les morceaux qui arrivent pour la suite, et on ne se pose pas forcément la question de où on va, parce qu’on se connaît tellement bien que ça y va tout seul. Et après on nous pose des questions comme ça où on n’arrive pas forcément à répondre, parce qu’on n’est pas objectif, on n’a pas assez de recul pour pouvoir formuler ce qu’on y rattache, quelle couleur on va lui donner…Même au niveau du visuel, on vient tous d’un milieu artistique différent, il y en qui viennent du Death Metal, du Hard Rock, du Rock, du Thrash, du Stoner, on se retrouve avec un peu tout ! On arrive juste à regrouper l’énergie qu’on veut donner, cette bonne humeur, cette cadence qui te fait un peu bouger ton cul en fait, et ne pas rester dans le côté rigide du Rock. Le terme Hard Rock peut rappeler des autoroutes où on trace tout droit, nous ce qu’on veut c’est y apporter un petit groove, et je pense que c’est ça qui fait la différence, le fait qu’on arrive à groover ensemble alors qu’on n’a pas la même oreille au départ.

Culturaddict : Arriver à un point B sans passer par le point A donc ?

Charly : C’est exactement ça. Et le fait de se connaître super bien, même là, au départ on fonctionnait en binôme, et de se retrouver à 6, on a réussi à trouver le dénominateur commun. On arrive trouver notre cadence, chacun, avec sa différence, son jeu…On arrive à trouver la ligne sans se forcer.

Culturaddict : Ouais, ça donne une amplitude sonore assez impressionnante au final.

Charly : Bah, déjà d’avoir 2 guitares dans le Rock, c’est déjà fat, avec une grosse tête d’ampli derrière. Si tu mets du chanvre derrière, avec quelques variations harmoniques, l’orgue va tapisser l’ensemble du spectre avec ce qu’il veut, c’est lui qui gagne à tous les coups.

Culturaddict : C’est la symbiose.

Charly : Voilà, ça amplifie le reste, et ça ressort plus gros, en tant que noyau. Mais ouais, cet instrument-là est magique. Merci monsieur Hammond !

Culturaddict : Je me demandais, est-ce que c’est vous qui choisissez vos tournées ? Je retiens notamment celle avec LES TAMBOURS DU BRONX. Comment ça c’est fait ?

Charly : En fait c’est toujours des opportunités, des personnes qu’on rencontre. Là pour Les Tambours, ça a surtout été Renato [di Folco, le chanteur, ndlr], qui a été appelé dans la troupe des Tambours, sur le spectacle « Weapons of Mass Percussions », avec Reuno de LOFOFORA, Stéphane Buriez de LOUDBLAST au chant. Et vu les agenda de ministre que ces personnes ont, avec leurs différents projets, il leur fallait un « spare », un cascadeur, quelqu’un capable de dire « tu peux prendre la partie de l’un, tu peux prendre la partie de l’autre », du coup il a tenté le coup, ils lui ont demandé, il a dit « Ouais », et en fait ça marche bien, c’est cool. Du coup ça nous a permis, dans le côté pratique de la chose, de temps en temps, de mettre FLAYED en 1ère partie. On s’entend bien, c’est cool, on arrive à jouer dans des salles qu’on n’aurait pas pu avoir dans le circuit classique de la musique, parce que le milieu fait que, les programmateurs font que… Du coup on s’est retrouvé avec des salles d’une qualité vraiment incroyable, avec un monde vraiment incroyable dans pleins d’endroits différents, et ça c’est une opportunité vraiment géniale.

Renato di Folco, chanteur de FLAYED, LES TAMBOURS DU BRONX, et TREPALIUM, L’étage, Rennes, Vendredi 5 avril 2019

Crédits Photos : Alan Bernicot

Culturaddict : C’est là que je me suis rendu compte de la tessiture vocale de Renato, quand je vous ai découvert sur scène, je venais juste d’écouter tous les albums ou presque des TAMBOURS DU BRONX, et il y avait une bonne cohérence sur l’ensemble de la soirée je trouvais que les 2 allaient super bien ensemble.

Charly : Pareil, au début je me suis posé la question, c’est un show de percussions, y mélanger le metal et mettre cette énergie particulière, avec cette cadence et cette rythmique. Du coup il a quand même réussi à se greffer avec brio je trouve, sans en faire trop et sans dénaturer son boulot non plus, il reste quand même lui-même en faisant autre chose. Et derrière, il prends totalement à partie, avec un autre univers, et franchement les gens ont été très réceptifs, parce qu’il y a un public d’âge tout à fait incroyable pour Les Tambours, de 7 à 80 ans. Du coup tu arrives à proposer ton petit boulot, de manière humble : je sens qu’on a de la chance d’être là, que les gens ne sont pas forcément venus pour voir du Hard Rock avant un show de grosses percussions, et au final ça marche bien, ça plait, on a de bons retours, parce qu’on reste dans une énergie positive, on reste dans un mouv’ qui est dansant. On essaie de ne pas trop assommer le public. Si on assomme les gens il faut nous le dire !

Culturaddict : Je vous garantis que non, pas pour moi en tout cas [rires]. Qu’est-ce qui vous fait vibrer en tant que musicien ?

Charly : Juste, se rendre compte que sur les 1h de concert que tu vas faire un samedi soir, ça aura peut-être pris 5 ou 6 heures de route, pareil le lendemain avec l’organisation de tout le monde, et pendant 1 heure tu te révèles, tu révèles ta musique au public, et s’ils sont réceptifs et qu’ils te disent merci, bah t’as gagné. On est vraiment content de le faire, on a la banane sur scène. Si ça devient un travail, c’est là qu’il faut trouver un équilibre. Ou on a la banane, d’aller dans ce sens-là. ou alors c’est un travail. Mais à la fin t’es quand même super content d’avoir fait ça, de prendre ton temps, c’est le meilleur boulot qu’on puisse faire.

Charly, bassiste du groupe.

Culturaddict : Un petit mot sur le futur ?

Charly : Continuer notre cadence de compos, là on bosse sur le 4ème album. Mais aussi continuer de défendre le 3ème album, on n’a pas eu le temps de dire tout ce qu’on avait à dire là-dessus. Avec les problèmes de label, on a cru que la promo allait s’arrêter très vite après la sortie, ça a cassé le processus habituel de promotion et de booking. Donc voilà, on n’a eu que des bons retours de la presse, on va continuer les shows, parce qu’on a encore de quoi faire.

Culturaddict : Le mot de la fin ?

Charly : Le mot de la fin ? Bon festival à tous, vive le Hellfest !

Fin de l’interview ! Un grand merci à toutes les personnes grâce à qui cette rencontre a pu s’organiser. La prochaine interview sera faite avec Aldrick Guadagnino, guitariste de KLONE.

Pour écouter Flayed, c’est par ici :

Merci à tous de m’avoir lu ! A très vite.

Musicalement,

Alan