Pour l’avant-dernière interview, et la dernière avec un groupe de KLONOSPHERE, aujourd’hui on part à la rencontre de KLONE, groupe de metal progressif, pionnier de la scène française depuis 20 ans. Entretien avec le guitariste Aldrick Guadagnino.

Culturaddict : Bonjour à toi, merci de me recevoir ! Tu veux nous raconter les débuts de ton aventure avec le groupe ?

Aldrick : Avec grand plaisir ! Alors j’ai intégré le groupe il y a 8 ans, le groupe existe depuis plus de 20 ans, 8 albums, dont le prochain qui sort en septembre. Ce sont des tournées à l’international, beaucoup de dates en France. C’est quelque chose qui perdure, qui s’inscrit et qui continue sur la même vague rock progressif, au début plus metal, puis ça s’est assagi, ouvert avec le temps, et c’est en phase d’ouverture encore toujours plus loin, plus fort.

Culturaddict : C’est ce que j’allais te dire, j’ai découvert tous les albums sur Spotify la semaine dernière. Qu’est-ce qui explique cette évolution selon toi ?

Aldrick : C’est quelque chose d’hyper naturel en fait. Plus jeunes on était plus énervés, axés sur les distos, plus axé sur le côté énergie. Même le chant de Yann [Ligner] s’est éclairci avec le temps, il a gagné vachement en musicalité. Pouvoir explorer des timbres, quelque chose de plus progressif que metal, et c’est ce qui a défini la patte du groupe au fur et à mesure. On prenait de plus en plus l’air, les tempos sont devenus beaucoup plus lents, quelque chose de plus aéré, réverbéré, des structures plus simples, étirées, étendues…On a perdu le côté un peu brut pour aller vers quelque chose de plus aérien.

Culturaddict : Avez-vous un objectif esthétique en général avec le groupe ?

Aldrick : Ouais, on parle énormément de sensations, d’état d’esprit, de façon d’être…Dans le dernier album, qui s’appelle « Le Grand Voyage », on s’est beaucoup inspirés de reportages, notamment sur la décorporation, des gens qui font des voyages astro…Donc voilà, tout ce qui est lié aux sensations. On est des hommes très sensibles voyez-vous ? [rires].

Culturaddict : Je vois ça [rires] ! Est-ce qu’il y a des thèmes qui vous inspirent ?

Aldrick : La mort, forcément, même s’il y a beaucoup de métaphore à ce sujet-là. Je pense que ce sont les grands sujets, l’amour, la mort, la vengeance. Mais tout ça sous fond de poésie, notamment avec les textes de Yann. Quand on les lit on ne peut pas forcément avoir l’information primaire, tu vois, c’est dissipé avec pleins de mots, pleins de choses, de métaphores, de jeux de mots…Ce n’est pas un message très clair en fait, tu peux vraiment te faire ta propre interprétation, c’est ça la force du truc.

Culturaddict : Quelque chose de tortueux, voir plus loin que le 1er sens…

Aldrick : Voilà, complètement ! En général le 1er sens c’est Yann et moi qui l’avons, mais après les gens se font leur propre interprétation. C’est ce qui fait la richesse de la chose je trouve, ne pas avoir de message clair qui te dis ça, ce n’est pas impliqué politiquement, donc chacun se fait sa propre interprétation.

Culturaddict : Des influences dont tu voudrais me faire part ?

Aldrick : Pas du tout [rires]. Enfin, ça se dilue avec le temps, mais tu peux retrouver du King Crimson, Steven Wilson, Porcupine Tree, toute cette vague un peu progressive. C’est plus hardcore au début, mais voilà quoi. On est tous des gros metalleux dans l’âme, on a tous écouté du gros Death, des choses beaucoup plus pop comme Bon Iver, même James Blake.

Culturaddict : Je me posais la question justement parce que vous avez un son assez unique. Qu’est-ce que vous recherchez musicalement ?

Aldrick : Bah tu vois le nouvel album on l’a fait avec Francis Caste, au studio Sainte-Marthe sur Paris, et on voulait une sorte de best of, quelque chose de très terrestre, très gras, une musique assez ambiante et lourde, des guitares barytons avec très peu de distos et beaucoup de réverb’, du coup on touche à la fois le sol et on a aussi la tête dans les nuages. Il y a cette métaphore-là, quelque chose de puissant et qui puisse s’envoler aussi, ce qui rallie bien avec la pochette de l’album, et le titre aussi, « Le Grand Voyage ».

Culturaddict : Ouais, c’est ce que j’avais noté sur The Dreamer’s Hideaway et Rocket Smoke, quelque chose d’à la fois très restreint et très large.

Aldrick : C’est vrai que Yann, il essaie de trouver les bonnes notes qui traversent tous les riffs. Même si ça tombe au bout de beaucoup de notes, ça suffit largement avec les arrangements à côté, les riffs…ça marche très bien, il y a un équilibre qui s’est formé et qui se tient bien.

Culturaddict : Et puis c’est raccord avec son grain.

Aldrick : Ouais, c’est vrai qu’il en a perdu au fil des années, mais tu vois je suis très fan de sa voix, de son chant, du message qu’il délivre…

Culturaddict : Ouais, il a atteint une forme de maturité.

Aldrick : Complètement ! En même temps bon, on approche de la quarantaine. Donc c’est assez naturel.

Culturaddict : Du coup, tu me disais avant l’interview, pas forcément fan de Carpenter Brut ? (Pour info, Yann a chanté la reprise de Maniac et a écrit les paroles de Cheerleader’s Effect).

Aldrick : Non, pas plus que ça ! Sur 2 ou 3 titres ça passe, après je les ai vus une fois en live, je trouvais ça un peu redondant. Je pense que c’est lié à ma culture. Je connais très bien les gars, ils sont super sympas, on a bossé ensemble, Franck [Hueso, ndlr] a notamment mixé The Dreamer’s Hideaway, ouais c’est des copains.

Culturaddict : Une tête pensante dans le groupe ou pas ,

Aldrick : Ah bah c’est indéniablement Guillaume Bernard ! Il est le membre fondateur du groupe, c’est lui qui a rameuté toute l’équipe, qui a résisté aux années. Et tu vois depuis, KLONOSPHERE ça s’est bien développé depuis, c’est devenu un label, ils font pas mal de promo, c’est vraiment lui le pilier, qui connaît un peu tout le monde.

Culturaddict : Est-ce que vous avez préparé l’album dans des conditions spécifiques ou pas ?

Aldrick : C’est Guillaume qui a pas mal bossé sur son PC, qui a composé la totalité de l’album. On a rajouté des batteries derrière, on a fait appel à Morgan Berthet (MYRATH) pour la batterie, c’est toujours Jean Etienne Maillard à la basse. Après les compos se sont faites assez naturellement. On n’a pas répété une seule fois avant d’enregistrer, donc c’était ultra frais, notamment pour le batteur, qui a eu des batteries assez simples. Il a fait ensuite au feeling. Ils ont fait un taf de dingue, et c’est un très bel album. On n’a pas forcément changé de méthode de composition. Avant de trouver les titres des compos, « Le Grand Voyage » était déjà une ligne de conduite. C’était l’idée de l’idée.

Culturaddict : Un mot sur les projets futurs ou pas ?

Aldrick : Ouais, là on vient de signer chez Kscope. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a un retard de sortie de l’album, de mars à septembre. Parce qu’on a essayé avec Pelagic Records. On n’a pas eu de différents avec eux, mais la proposition de Kscope était plus alléchante, qui proposait ce qu’on voulait niveau exposition. Et puis ils aiment bien la musique, ils défendent la musique de KLONE, on est le seul groupe français du label, c’est un label très prog, du coup c’est exactement ce qu’il nous fallait. Donc voilà, sortie chez Kscope le 20 septembre, une quinzaine de dates en France, quelques festoches d’été, un truc avec OPETH en Hollande, quelques dates à l’étranger sui se préparent.

Culturaddict : Un petit retour sur votre concert de vendredi ?

Aldrick : Super accueil ! Avec KLONE ça fait 2 Mainstages. Moi c’était la 1ère fois. J’avais déjà joué au Hellfest avec TREPALIUM en 2006 et BLASPHEME en 2009, on connaît un petit peu quoi. A chaque fois super accueil. Malgré qu’on jouait assez tôt il y avait quand 10000 personnes voir plus, et à chaque fois l’équipe est super. Les musiciens sont très choyés, on se sent très vite chez nous.

Culturaddict : Le mot de la fin ?

Aldrick : Super. Merci à toi !

Fin de l’interview ! Merci à tous celles et ceux qui ont permis cette rencontre.

Merci à Pat, au groupe pour le temps accordé.

Et enfin merci à vous de continuer à me lire !

Pour écouter KLONE, c’est par ici :

Vous pouvez retrouver mon top 10 ici.

A très vite pour la dernière interview !

Musicalement,

Alan