L’année 2018 révolue, il est temps pour moi de vous déclarer mes amours cinématographiques des douze derniers mois. De mon point de vue l’année 2018 ne m’a pas posé beaucoup de dilemme au vu de la basse qualité des films proposés. Mon top dix a donc été très (trop) facile à délivrer.

Pour vous rafraîchir la mémoire voici, à l’adresse suivante, mon top films de l’année 2017:

Indiana’s top dix films 2017

Comme on ne me refait pas, je commence avec mes flops de l’année. Ensuite vous aurez le droit à mes mentions honorables, avant de pouvoir lire le décompte du classement final.

Les flops

THE PREDATOR de Shane Black

Sans conteste le pire film, la pire blague de l’année. Scénario débile, situation ubuesque, dialogues médiocres, humour assommant, effets spéciaux exécrables. « Offrir » au public un tel spectacle en 2018 est une honte sans nom. Shane Black entre dans ma liste noire au côté d’illustre noms tels que Emmerich, Sommers, Ratner

JURRASIC WORLD: FALLEN KINGDOM de Juan Antonio Bayona

Une production hâtive et chaotique est sans nul doute le point de départ d’une telle livraison. Même le très bon réalisateur Juan Antonio Bayona embauché au dernier moment afin d’empêcher le navire de sombrer pour de bon n’a pas pu sauver la donne. Le film réussit l’exploit de rehausser la qualité du premier opus, extrêmement critiqué à sa sortie, c’est dire.

LA NONNE de Corin Hardy

Le Conjuring Universe continue de sombrer rapidement et sûrement. La hype du grand public autour de La Nonne était tellement haute, que la déception est à la hauteur de l’attente. J’ai tout simplement entendu aucune critique positive sur ce navet horrifique.

Mentions honorables

DOWNSIZING de Alexander Payne

Sans doute le meilleur film de science-fiction de l’année. Il aurait pu postuler au classement final, mais malheureusement les vingt premières minutes assez longues, simple redite de la bande-annonce finalement, lui sont fatales. Les quasi deux heures restantes font oublier le faux départ par l’ingéniosité du scénario proposé et de la palette de personnages assez bien écrits. Pour ma part le meilleur film avec Matt Damon de la décennie.
A lire ou relire ma critique datant de février dernier: http://culturaddict.com/critique-downsizing-grande-miniatu…/

HALLOWEEN de David Gordon Green

Ressusciter le maître des « Slasher » n’est pas chose aisée. On a pu le constater ces quarante dernières années. Et bien David Gordon Green a réussi cette difficile entreprise. Le film se veut la suite directe du long-métrage de 1978, et là est sans doute la base du succès. Même photographie, même mise en scène, même suspense grisant, on croirait même, par moment, que le film est réalisé par Maître Carpenter en personne.

Top dix films 2018
Après ces flops et ces mentions honorables, il est tant pour vous de découvrir ce fameux top dix films 2018, pour lequel vous êtes venu ici.

A la dixième position

AVENGERS: INFINITY WAR des frères Russo

En dix ans de Marvel Cinematic Universe, il est assez difficile de trouver des films de bonne qualité. De mémoire je cite Iron Man (2008), Les Gardiens de la Galaxie (2014), Avengers: L’Ere d’Ultron (2015), et dans une moindre mesure Thor Ragnarok (2017).
Quatre bons films sur vingt en tout, c’est un bilan assez maigre finalement.

Mais cet Avengers: Infinity War a débarqué accompagné de son raz-de-marée médiatique. Le film est tout simplement le meilleur divertissement de l’année 2018. Certes le film accuse les mêmes maux que ses prédécesseurs: traitement des héros souvent inintéressant, humour bancal, résolution des problèmes via le saint esprit de la plume magique des scénaristes…

Cependant l’atout majeur du récit est bien évidemment son antagoniste majeur. Enfin un vrai méchant cohérent avec lui-même, compréhensible sous certains aspects de ses motivations. Doté d’un dilemme personnel, d’une quête spirituelle et existentielle qui rend son personnage extrêmement fascinant.

Un pur plaisir à suivre pendant plus de deux heures, sans s’ennuyer une seule seconde!

A la neuvième position

LA NUIT A DEVORE LE MONDE de Dominique Rocher

Une invasion zombie en plein Paris, un seul protagoniste que l’on va suivre dans sa quête de survie. Des idées de scénarios excellentes, des questions philosophiques sur la solitude, l’égoïsme, le courage.

En 2018, sortir un film de zombie et espérer que ça fonctionne c’est déjà osé, mais quand le film est français, ça relève de la folie.
Pari osé, pari gagné!

Très peu distribué à sa sortie, à vous de le rattraper.


A la huitième position

L’EMPEREUR DE PARIS de Jean-François Richet
 
Trois titres dévoilés et déjà deux films français dans ce top.
Jean-François Richet revient au sommet de son art avec ce long-métrage ayant pour personnage principal le célèbre Vidocq. Interprété par ce qui est sans doute le meilleur acteur hexagonal avec Reda Kateb bien sur, j’ai nommé Vincent Cassel.
Le duo réalisateur/acteur du biopic sur Mesrine une nouvelle fois réunit nous promettait de belles choses et le contrat est remplit. Les décors, les costumes, la direction artistique, le casting avec le toujours intense Denis Lavant.

Un film de cinéma comme on les aime. Il est encore en salles, profitez-en. Le film a même réalisé l’exploit de faire plus d’entrées en deuxième qu’en première semaine, c’est dire que le bouche à oreille est excellent.

A la septième position

REVENGE de Coralie Fargeat

Encore un film français dans le top, l’année francophone est de bonne facture, là où l’année précédente il n’y avait qu’un film français dans le top avec Au Revoir Là-Haut d’Albert Dupontel en quatrième place.

Après cette petite interlude parlons de l’extrêmement jouissif Revenge de Coralie Fargeat avec un extrait de ma critique de février dernier.

« La sensation d’un film féministe peut basiquement venir à l’esprit, au vu du scénario et de l’acte vengeur de l’héroïne face à ses bourreaux. On pourrait facilement apposer l’étiquette de rape and revenge à l’oeuvre, genre iconique du cinéma de série B américain la plupart du temps. Mais cela serait sans doute un peu trop caricatural, car la puissance frénétique des scènes d’actions, le suspense qui en découle et parfois même la dose d’humour parfaitement calibrée à travers le personnage qu’incarne merveilleusement Vincent Colombe (Stan), véritable vedette du film, fait davantage penser au cinéma asiatique des vingt dernières années, plus précisément au sud coréen dans sa façon d’être totalement décomplexé, et encore une fois cela fait un bien fou venant d’une production française. »

Critique entière à cette adresse:
http://culturaddict.com/critique-revenge-de-coralie-fargeat/

A la sixième place

HEREDITE de Ari Aster

Ari Aster nous livre pour son premier long-métrage une copie horrifique de maître. En nous offrons un film à l’ambiance millimétrée, au cadrage exceptionnel, à la tension crescendo, le tout enrobé dans un twist tout à fait étonnant au tiers du film, coup de poing et révélateur de l’envie de son metteur en scène de bousculer le spectateur.
 
Le film, lors de sa promotion, était comparé à L’Exorciste de Wiiliam Friedkin, la méfiance était donc de mise, cette comparaison étant beaucoup trop utilisé ces dernières années. Eh bien le film la mérite amplement. L’ambiance du film, le crescendo de la tension, comme dit plus haut, est à rattacher au long-métrage de 1973.
 
Alors oui la nouvelle génération pourrait trouver ce genre d’horreur assez drolatique, elle qui est élevée aux nonnes hantées, aux portes qui claquent en pleine nuit capturées par un camescope vieillissant. Mais ne vous y trompez pas, l’horreur d’Hérédité est ancré dans le quotidien bien plus que ces histoires de démons démodés. Une ombre dans le coin de la pièce, une présence inexpliqué au bord de son lit, un basculement dans la folie lentement mais sûrement.
 

Hérédité n’est pas un grand film d’horreur, Hérédité est un grand film!

A la cinquième place

UTOYA, 22 JUILLET de Erik Poppe

Le plus intense de l’année.

Pellicule norvégienne relatant les faits qui se sont déroulés le 22 juillet 2011 sur l’île d’Utoya en Norvège.

Le film est un plan séquence d’une heure et demi où le réalisateur ne nous laisse pas le temps de respirer. Traitant sa caméra comme un personnage à part entière, effrayée à certains moments par l’horreur s’abattant en ce lieu. Nous suivons une jeune fille en plein milieu de l’effroi, la menace est invisible mais bruyante, se cachant au rythme des coups de feu qui retentissent plus ou moins au loin…

Le film est poignant, un survival glaçant au vu des fait relatés. Littéralement happé par la tension, la tristesse, le désespoir, illustrés à l’écran par ces jeunes acteurs.
La compassion est le premier sentiment que nous ressentons tout au long du visionnage.

Utoya, 22 juillet est malheureusement sorti en catimini au milieu du mois de décembre.

Ce film est incroyable, il n’est qu’à la cinquième place du classement, mais s’il y en a bien un à rattraper c’est celui-ci.

A la quatrième place

THREE BILLBOARDS: LES PANNEAUX DE LA VENGEANCE de Martin McDonagh

« Lorsque l’on parle de réussite totale pour un long-métrage, le scénario est souvent mis au premier plan pour justifier cette gratification. Ce qui est très loin d’être un mensonge effectivement, mais en appliquant ce raisonnement basique on laisse de côté un rouage essentiel à la bonne tenue d’un film de bout en bout: le tempo. Et question tempo, Three Billboards: Les Panneaux de la Vengeance est une maestria sans nom. Les acteurs livrent un travail remarquable de composition, de rythme, d’intonation… La direction d’acteurs administrée par Martin McDonagh y est prodigieuse. Nous faisant passer du rire aux larmes d’une scène à l’autre sans perdre cette puissance burlesque qui détermine l’aura de l’œuvre que nous avons sous les yeux. Autant dire que maintenir un équilibre si fragile est extrêmement difficile. Ce que le film réalise avec brio. »

Lire critique entière:
http://culturaddict.com/three-billboards-panneaux-de-venge…/


A la troisième place

MOI, TONYA de Craig Gillepsie

La meilleure comédie de l’année tout simplement, relatant l’histoire vraie de l’affaire Harding-Kerrigan qui a opposé deux patineuses artistiques américaines en 1994, drant laquelle Kerrigan fut agressée violemment.

Le film prend la forme d’un faux documentaire. Le côté comédie burlesque est assuré par le jeu impeccable des acteurs et par la puissance des personnages complétement idiots. Le visionnage est jouissif de bout en bout, la qualité du script joue son rôle à merveille. Le grand mystère sur cette histoire n’est peut être pas élucidé, mais une chose est sûre, cela a donné lieu à un grand film. Un film qui comptera dans la filmographie de Margot Robbie.

Margot Robbie prouve qu’elle est bien plus qu’un simple fantasme pour homme, elle est avant tout une super actrice. Allison Janney jouant la mère de Tonya Harding est d’une méchanceté géniale, et a remporté l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour cette prestation.

A la deuxième place

BATTLESHIP ISLAND de Ryoo Seung-wan
Le film le plus intense de l’année!

Énorme succès en Corée, avec pas moins de six millions de spectateurs. Le film n’a malheureusement bénéficié que d’une seule copie en France. Vu deux fois au cinéma, ce long-métrage est juste épique.

Mise en scène exceptionnelle, intrigue prenante, personnages haut en couleur. On rit, on pleure, on suffoque, on vibre. Le cinéma de ce type est trop rare pour être ignorer un jour de plus.
Rattrapez ce chef d’oeuvre au plus vite.

L’histoire se concentre sur l’évasion massive de plusieurs centaines de travailleurs forcés coréens envoyés sur l’île japonaise d’Hashima pendant la Seconde Guerre mondiale, précisément sous l’occupation japonaise.
Sorte de mix entre La Vie est Belle de Roberto Benigni et La Grande Evasion de John Sturges.

Un top films sans film coréen est toujours, à mon sens une hérésie tant les coréens ont une longueur d’avance en terme de narration, d’écriture de personnage, d’épilogue etc…

Le cinéma coréen a pris de l’ampleur en occident au début des années 2000. Mais il est tristement souvent difficile d’accès au plus grand monde. Je ne peux que vous encouragez à fouiner les perles de cinéma dont ce pays regorgent.

Et enfin…

A la première place

UNDER THE SILVER LAKE de David Robert Mitchell
 
Désespéré, parano, morbide, dense, léger, punk, amoureux, foutraque, étrange, énergique, distrait, inquiet, pop, élégiaque, sexué, revanchard…Under the Silver Lake est tout cela!
 
Un serial killer de chiens domestique, une amourette d’un soir, un jeu de piste complotiste, une fille qui se volatilise, une femme chouette croque-mitaine, un pirate etc…
 
Un bonheur de visionnage pendant plus de deux heures. Il ne plaira pas à tout le monde, c’est le moins que l’on puisse dire.
Under the Silver Lake est un film qui se mérite. Un film qui s’apprécie dans ses moindres recoins de son mystère.
David Robert Mitchell livre un troisième long-métrage hors norme, énigmatique, qui fait de lui l’un des réalisateurs les plus talentueux du moment, au côté d’un certain Yorgos Lanthimos.
 
La meilleure scène se trouve dans ce coup de maître. Pour ne pas spoiler, il y a un piano dans ce passage culte.
 
Under the Silver Lake est une oeuvre d’art, il serait dommage de l’ignorer. Tout cinéphile qui se respecte, sait ce qu’il lui reste à faire!


Même avis, revisionnage, voir rattrapage.
Cet article a été concocté pour vous donner l’envie de découvrir des films qui vous ont sans doute échapper.

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

Rédigé par Indiana Ibiseta.

Pour réserver vos places de cinéma, une seule solution: https://www.cinetick.fr/