Ce dimanche 8 janvier 2017 a eu lieu au Théâtre Clavel (Paris 19ème), la première représentation du concert « cinémato-musical » de Karine Abitbol intitulé « Karine, Arrête ton cinéma ».

 

Présentation

Avant toute chose laissez-moi vous présenter cette fameuse Karine Abitbol.
Karine est, comme la majeure partie d’entre nous, passionnée de cinéma et par conséquent de musique de cinéma. Car il faut l’avouer, nous les cinéphiles nous aimons tout ce qui s’apparente au monde du 7ème art, de près comme de loin. Et comme une évidence la musique aide l’oeuvre cinématographique dans son ensemble, pour installer une ambiance, un souvenir impérissable tout au long de notre vie.
De ce postulat Karine prit ses deux passions pour les réunir en une seule entité pour notre plus grand bonheur, le chant et le cinéma.
Lorsque Karine chante, elle nous chante le cinéma, elle nous chante les émotions et nous ramène à nos souvenirs de salles obscures ou de canapés confortables.

 

Première impression

Arrivant dans la salle du Théâtre Clavel en étant dans les derniers rentrants, je m’attendais à obtenir une place en hauteur assez éloignée de la scène, mais la stupeur d’un siège libre au premier rang m’a donné un sourire à tout fendre. Comme-ci cette place m’était réservée. J’étais donc à la meilleure position pour apprécier la qualité du décor et le souci du détail apporté à l’habillage de la scène. Karine nous accueille au milieu de son salon/bureau d’un style fifties/sixties, comme elle dit, du meilleur effet. Ce décor a été pensé de main de maître par le talentueux Julien Richard. Pour sublimer le tout, et apporter cette ambiance bienveillante, comment ne pas mentionner la conceptrice lumière Stéphanie Grenguet, qui a orchestré un travail magistral pour apporter la touche finale qui manquait à ce joli tableau.

 

Le show

Le show tant attendu peut alors commencer, et je n’étais pas prêt à recevoir ce qui allait se tramer pendant une bonne heure et quart. Accompagnée de ses musiciens (pianiste, guitariste, contre bassiste/violoniste), Karine débute son cinéma et on ne veut déjà plus qu’elle l’arrête. Vêtue d’une sublime robe noire elle débarque armée de sa grâce et de son timbre envoûtant, elle débute par le titre Old Souls du célèbre opéra/rock Phantom of the Paradise, dès la première chanson je suis happé et je ne peux empêcher mes yeux de s’embuer. La suite est du même acabit, entrelaçant les morceaux d’anecdotes sur le cinéma via les chansons proposées, mêlant cela à sa drôlerie et son sens du timing, le charme opère.
Comme lorsqu’elle prononce un peu après ces mots: « Je vais tenter d’être concise car je peux vite partir dans tous les sens, et le spectacle ne durera plus une heure et quart mais quatre heures et quart! » Paroles typiques de passionnée qui ne peut s’arrêter lorsqu’il évoque sa passion première, nous avons tous prononcés au moins une fois cette phrase dans notre existence, nous, les cinéphiles. Mais ce qu’elle ne sait pas c’est que son public est déjà conquis et pourrait l’écouter des heures tant la sincérité de sa voix voyageait jusqu’à nous. Cela est une force qu’elle nous envoie d’une façon si naturelle qu’elle ne peut que nous toucher.

 

Apothéose

Après avoir repris mes esprits, elle entame la chanson Bang Bang de Nancy Sinatra présente dans le film de Quentin Tarantino, Kill Bill vol.1. A peine mes esprits retrouvés elle me happe de nouveau dans cette performance remarquable que je pensais à l’instant T, le moment épique du concert. Mais cela est sans compter sur sa reprise de Mad World de Gary Jules pour le film Donnie Darko réalisé par Richard Kelly. Elle boucle la boucle, avec de nouveau un titre du film de Brian De Palma, Phantom of the Paradise avec le titre The Hell of It et sa guitare électrisante à souhait, comme pour refermer cette parenthèse enchantée au milieu de cet hiver glacial.

 

Voyage cinématographique

Nous étions un peu plus d’une centaine de voyageurs privilégiés, cent quatorze pour être précis, et ce voyage nous a transportés dans des contrées cinématographiques se nommant Breakfast at Tiffany’s, Bagdad Café, Arizona Dream, Jules et Jim et bien d’autres encore.
Karine et sa troupe de musiciens nous ont transportés l’espace d’un moment à mille lieux d’ici, et nous ont rempli de bonheur, de sourire jusqu’à la prochaine représentation de Karine Arrête ton cinéma.
On ne peut que lui souhaiter le succès et la longévité qui l’accompagne.
Personne ne déteste le cinéma, et en le chantant, Karine chante un peu de notre vie. Et pour cela on ne peut que la remercier. La suite n’en sera que plus belle, en tout cas c’est tout le malheur que nous lui souhaitons.

 

L‘interview

Culturaddict a eu le privilège, peu de temps après la représentation de pouvoir réaliser une interview de la chanteuse.

 

Culturaddict: Comment vous est venu l’envie/l’idée de chanter le cinéma ?

Karine Abitbol: C’est une très longue histoire ! Tout ça c’est grâce à West Side Story ! C’est le premier film musical qui a marqué mon enfance. Je le regardais en boucle car je l’avais en cassette vidéo… je connaissais toutes les chansons par cœur. C’est comme ça que j’ai appris l’anglais !
Petite fille (et grande fille aussi !), j’étais fascinée par les comédies musicales hollywoodiennes.  Un américain à Paris, Chantons sous la pluie. J’adorais les vieux films américains que je découvrais souvent dans La dernière séance d’Eddy Mitchell. Judy Garland, Julie Andrews, Marilyn Monroe, Barbra Streisand… toutes des chanteuses comédiennes plus sublimes les unes que les autres qui me faisaient rêver. Et puis, en secret, je dois l’avouer, j’ai toujours rêvé d’être Marry Poppins !! D ‘ailleurs, il est prévu une suite en 2018… mais pourquoi n’ont ils donc pas pensé à moi pour le rôle !!
Pour moi, la chanson et le cinéma ça va ensemble, c’est indissociable. D’ailleurs, mes 2 premiers CD étaient la bande originale de La Bamba et celle de The Graduate (Le Lauréat)… J’avais bien sûr eu auparavant les 45 tours de Ghostbuster, et de La Boum… une adolescente normale en somme !
J’ai commencé à chanter à l’âge de 19 ans, et puisque qu’on me demande souvent si dans la famille il y a des musiciens ou des artistes, dans mon cas il s’agit de mon arrière grand père, Peter Cornelius, qui était un célèbre chanteur d’opéra au Danemark ! C’est chic non ? Je lui ai laissé l’opéra, et de mon côté, la première chanson que j’ai chantée devant un public, est The Rose de Bette Midler, du film éponyme The Rose.
Et puis un jour, j’ai découvert Phantom of the Paradise, de Brian de Palma ! La chanson Old Souls composée par l’immense Paul Williams pour le film, m’a tellement marquée qu’elle est devenue MA chanson fétiche, elle l’est aussi pour Paul Williams. Incontournable bande originale, mais connue d’un public restreint, j’ai eu envie de faire connaître des chansons de films parfois méconnus. L’idée de monter un répertoire autour du cinéma m’est venue en 1999, je travaillais alors pour l’organisation du Festival de Cannes. Nous avons joué, avec un pianiste, tous les soirs pendant le 52ème festival au 7ème étage du Martinez… chanter le cinéma à Cannes, quel bonheur ! Tout cela en parallèle de mon travail… « en amateur » comme on dit quand ce n’est pas le métier principal, celui qui fait gagner des sous.
Il y a 4 ans, j’avais monté un autre répertoire de chansons de films, les prémisses du projet Karine, Arrête ton cinéma, avec Claire Delerue au piano, et en duo sur certaines chansons de son père…Georges Delerue. Notre rencontre avec Claire paraît irréelle, un peu « comme au cinéma », nom que j’avais alors donné au répertoire. Le projet Karine Arrête ton Cinéma murît depuis de nombreuses années, et a vu le jour le 1er Avril 2016 avec la première vidéo que j’ai postée sur Internet…une cover de chanson de film par mois, et à la clef un spectacle, Karine Arrête ton Cinéma, dans lequel je souhaitais ajouter une dimension humoristique dans le ton, sur scène.

 

Culturaddict: Que ressentez-vous suite à votre première représentation  ?

Karine Abitbol: Enormément d’émotions pour cette première… J’ai le sentiment d’être au cœur de tout ce qui fait sens pour moi. Je me sens remplie de tout ce que m’ont offert le public et les musiciens. J’ai ressenti un vrai moment d’échange avec un public réceptif, c’était magique, et puis on a bien rigolé ! C’est tout ce que j’aime ! Au cinéma je suis un très bon public, je pleure, je ris ! Alors, j’avais envie de mélanger tout cela sur scène, de passer du rire à des moments plus intimes.
J’ai eu des retours formidables… « Madeleine de Proust » m’est revenu à plusieurs reprises, et c’est bien là l’un de mes objectifs. Si j’ai atteint celui-ci pour la première, je suis comblée de joie. Nous jouions pour la première fois ensemble avec les formidables musiciens qui m’accompagnent, et nous avons pu découvrir une complicité sur scène, qui ne demande qu’à grandir maintenant, autour de la passion du cinéma et de la musique.
Je n’ai envie que d’une chose, c’est que ce spectacle vive, évolue… avec toujours autant de plaisir, de bonheur et de chaleur.

 

Culturaddict: Sommes-nous dans le droit d’espérer de nouvelles chansons du 7ème art adaptées à votre format à l’avenir?

Karine Abitbol: Oh oui alors ! Il y a les chansons de film que j’enregistre chaque mois depuis le mois d’avril 2016, et que je poste sur Internet. Je prépare la prochaine pour le mois de février… j’avais ralenti un peu le rythme pour préparer le spectacle !
Et puis, il y a des chansons que je réserve pour la scène, comme Moonriver chantée par l’emblématique Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s. Pour la première de Karine Arrête ton Cinéma, j’ai choisi de proposer un équilibre entre des chansons que j’avais enregistrées et postées sur Internet, et d’autres chansons inédites. Je suis en quête permanente, en recherche, en exploration, et le spectacle Karine Arrête ton cinéma est évolutif… j’ai notamment en tête un spectacle avec plus de films français car j’ai aussi été bercée par les films de Jacques Demy.

 

Culturradict: Ainsi que des compositions originales ?

Karine Abitbol: J’ai enregistré plusieurs chansons avec des auteurs/compositeurs, et je me laisse le temps, au fil des rencontres de construire un répertoire de chansons originales… peut être un album ou un EP ?
La ligne directrice ? Si ce n’est pas une chanson de film, la chanson doit avoir l’air de sortir tout droit d’un film…une surprise à venir d’ici peu.

Propos recueillis par Jonathan Sibieta.

 

 

 

Conclusion

Pour finir, nous avons là une artiste en pleine ascension, pleine d’envie et de projets. Il est certain que Culturaddict continuera à la suivre de près. Des dates pour de prochaines représentations devraient ne pas tarder à faire leur apparition. Et comme je l’ai mentionné plus haut, nous ne pouvons que lui souhaiter succès et longévité.
Et s’il te plait Karine…continue ton cinéma.

 

Nous allons nous quittons comme une évidence en chanson, avec la reprise de Karine du titre It’s Only Mystery d’Arthur Simms présente sur la bande originale du film Subway réalisé par Luc Besson sorti en 1985.

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne découverte musicale.

Rédigé par Jonathan Sibieta