Samedi dernier, à l’Olympia, se tenait l’un des concerts majeurs de cette année en cours : le concert de Carpenter Brut, venu présenter son nouvel album Leather Teeth, sorti il y a maintenant plus d’un mois.

La première partie de la soirée est assurée par Youth Code. Découvert il y a peu, les chansons studio ne sont pas désagréables, le mélange indus et techno marche plutôt bien, avec un bon chant féminin saturé. Malheureusement, en live, le résultat n’est pas là. Si les 2 musiciens prennent du plaisir sur scène et ont un jeu assez énergique, le choix des chansons fonctionnent mal ensemble, l’ensemble étant trop monotone, trop bruyant aussi. Au final assez ennuyant donc.

Après un entracte, place maintenant à Carpenter Brut. Les chansons passées durant l’entracte nous mettent déjà dans l’ambiance, on va vivre un pur revival 80’s. De Huey Lewis & the News à Toto, la mise en ambiance fonctionne. Alors que le public chante en chœur Africa de Toto, le grand BANG coupant le titre annonce un début tonitruant. Le public hurle alors aux premières notes de Leather Teeth, chanson d’ouverture de l’album du même nom. Passé les premières notes, la foule fait trembler le sol de l’Olympia, chaque tremblement étant réglé sur la pulsation du morceau. Le son est excellent, le public dégage une ambiance de folie : on ne pouvait pas espérer meilleur début de concert ! Les musiciens remplissent leur rôle, sans adresser un mot au public (s’ils l’ont fait je ne l’ai pas remarqué), ils ont une présence scénique hors norme, doté d’une bonne humeur contagieuse : le groupe est particulièrement communicatif et proche du public, tout le monde participe à la réussite du concert. Avec le groupe, l’écran de fond de scène tient un rôle essentiel : mettre en image les chansons du groupe, dans une esthétique retro, typé années 80, où certains clips racontant Leather Teeth côtoient d’autres clips, issus de films des années 80, qui mettent en lumière l’aspect trash des morceaux.

C’est dans cette optique que l’album Leather Teeth prends tout son sens : s’il peut paraître déroutant à écouter, surprenant pour du Carpenter Brut, les images diffusées pendant le concert donnent vie à cet album, conçu comme la bande originale d’un film fictif. Au total, 6 morceaux sur les 8 composant le dernier album seront joués pendant le concert, le reste du set laissant logiquement plus de place à Trilogy. Le tout s’enchaîne parfaitement, l’enchaînement est toujours aussi bien construit. On aurait pu craindre des enchaînements moins efficaces que dans l’album CARPENTERBRUTLIVE, notamment un échange surprenant de Disco Zombi Italia et SexKiller on the Loose, mais que nenni. On pourra regretter toutefois le choix d’enlever certains morceaux comme Hang’Em All, mais le regret sera minime tant les morceaux choisis sont efficaces. On se souviendra de quelques grands moments, des morceaux qui sortent du lot. Tout d’abord, Beware the Beast, issu du dernier album, où le karaoké à un effet immédiat. Le public est en transe, tout le monde scande le refrain à tue-tête, c’est particulièrement beau à voir ! Ensuite, on se souviendra de ces morceaux certes instrumentaux, mais déclenchant là encore les passions du public, à savoir Turbo Killer ou encore Disco Zombi Italia. Du début à la fin, le public danse, pogotte jusqu’au bout, infatigable. Après le très énergique Hairspray Hurricane, le groupe fait un bref au revoir avant d’être rappelé. Et ce rappel restera dans les mémoires ! Le groupe nous offre un final des plus beaux, tantôt sombre tantôt joyeux, en commençant par Le Perv, et sa mélodie très sombre et mélancolique. Le public est envoûté, c’est une grande messe que l’on a là. Pour terminer sur une note plus joyeuse, le groupe nous gratifie toujours de son superbe final, à savoir la reprise de Maniac de Michael Sembello. C’est peut-être là le plus beau moment du concert, tout le monde est debout, même certaines personnes du gradin se joignent à la grande fête synthwave. Tout le monde reprends la chanson, c’est impressionnant ! La nostalgie années 80 marche donc sur tout le monde. Voici donc le choix de morceaux ayant eu une si belle résonance auprès du public.

Intro : Africa (Toto)

01. Leather Teeth

02. Division Ruine

03. Roller Mobster

04. Beware the Beast

05. Wake Up the President

06. Chew BubbleGum And Kick Ass

07. Turbo Killer

08. Paradise Warfare

09. Cheerleader Effect

10. Meet Matt Stryker

11. Monday Hunt

12. Inferno Galore

13. SexKiller on the Loose

14. Disco Zombi Italia

15. Hairspray Hurricane

Rappel

16. Le Perv

17. Maniac

Pour conclure, Carpenter Brut a donc livré le plus grand concert qu’il m’ait été donné de voir. J’avais peur que ça soit moins réussi que le CARPENTERBRUTLIVE ? Je me suis lourdement trompé. Ce n’était ni trop court ni trop long, c’était parfait !

Note : 5/5

https://carpenterbrut.bandcamp.com/album/leather-teeth

A très bientôt pour la suite de l’odyssée musicale.

Alan