Le vendredi 5 avril avait lieu, à Rennes, le concert des Tambours du Bronx à L’étage. Un concert haut en couleur, avec des musiciens de talent, dont je vous partagerais mes clichés d’ici quelques lignes.

Ayant manqué le début du 1er concert, je ne jugerai que ce que j’ai vu. Le 1er groupe à passer était Flayed, mené par Renato di Folco (Trepalium). Le groupe avait la charge de chauffer le public avant la tête d’affiche de la soirée…Mission accomplie ! Le son Hard Rock typé 70’s a fonctionné comme il fallait, on se serait cru à un concert de Deep Purple au sommet de sa gloire… L’interaction avec le public était parfaite : certes, la salle le permet (beaucoup plus intimiste que le Liberté juste en dessous), mais le plaisir que prennent les musiciens à jouer sur scène est communicatif, la bonne humeur et la joie de vivre envahissent le public. On se souviendra de ce Sit Down / Jump Up suivi par le public. En 6 ans de carrière, Flayed a tout pour devenir un groupe majeur de la scène française ! Le set de 45 minutes aurait pu être trop court, mais il n’en fallait ni plus ni moins pour savourer toute la richesse des compositions, mais aussi se mettre en joie pour le reste de la soirée. Bravo à vous ! Avant de poursuivre, voici mes clichés de ce concert.

Place maintenant aux Tambours du Bronx, après un petit entracte. D’entrée de jeu, le ton est donné avec le premier morceau, « Mirage Eternel », issu du dernier album Weapons of Mass Percussion (W.O.M.P.) que la troupe est venu défendre. L’ambiance est électrique, l’énergie déployée est sans pareille. Les habitués de la 1ère heure ont pu être déstabilisés face au show Metal, s’attendant à un concert dit « classique » des Tambours. Pour les autres, le pied est total. Entre fureur des percussionnistes, instrumentistes, mais aussi de la part du public, les litres de sueur déversés ne se comptaient plus en quelques minutes. En une 1h30, on a eu le droit à une rétrospective spéciale des Tambours : entre les compos Metal du dernier album, les arrangements d’anciens morceaux pour l’occasion, mais aussi reprises, ce concert était unique en son genre. Au niveau des reprises, l’hommage à Keith Flint, chanteur mythique de The Prodigy, mort un mois plus tôt, était particulièrement émouvant. On se souviendra également du medley Sepultura (Chaos A.D. / Roots Bloody Roots / Territory). Enfin, le final avec, en rappel, Dragula de Rob Zombie a conclu en apothéose. Au niveau des prestations, petit bémol pour Reuno de Lofofora au chant, qui a mon goût manquait légèrement de charisme (ceci étant dit, rien à reprocher au niveau chant, ici très maîtrisé). Au niveau des invités, Renato di Folco nous a offert une prestation mémorable, montrant l’étendue de ses capacités vocales : après un chant à la Ian Gillan (Deep Purple), le voici en démonstration de scream. Enfin, Franky Costanza (Ex-Dagoba) nous offre un jeu des plus impressionnants derrière les futs, apportant une plus-value non négligeable à la troupe. Enfin, les Tambours ont été magistraux : il y avait de la fureur, du bruit, une certaine touche humoristique, c’était dantesque. Ci-dessous, la setlist, ainsi que mes clichés, et enfin, l’interview avec Thierry, Sid, et Franky.

Setlist :

  1. Mirage Eternel
  2. Never Dead
  3. Delirium Demain
  4. Sepultura Medley (Chaos A.D. / Roots Bloody Roots / Territory)
  5. L’un des notres
  6. Noir
  7. Pray
  8. Jour de colère
  9. Jungle Jazz
  10. The Day Is My Enemy (The Prodigy Cover)
  11. Le Mal
  12. Tainted with Anger
  13. Divine Disease
  14. New Day
  15. Le Festin
  16. Rappel
  17. Requiem pour un con
  18. Dragula (Rob Zombie Cover)

Epiloque : Interview avec Thierry, Sid et Franky

Culturaddict : Bonjour à vous, merci de me recevoir ! Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas hyper bien, pouvez-vous nous raconter comment vous avez créé le groupe

Thierry : Oula, c’est un vieux groupe ! Les Tambours du Bronx, ça a commencé en 1987, et ça ne devait être joué qu’une seule fois, c’était faire un truc pour le 1er festival de rock chez nous. Et puis ça nous a plu, ça a plu aux gens, on a joué une 2ème fois pour un festival de court-métrage. Et puis de fil en aiguille on a continué et on est toujours là. A chaque fois on a rajouté des choses, l’histoire continue.

Culturaddict : C’était dans quel coin ?

Thierry : Nous on est de Nevers, plus exactement de Varennes-Vauzelle, un petit village juste à côté

Culturaddict : Au vu de votre discographie, est-ce qu’il y a des genres qui vous inspirent ? Vous vous considérez comme éclectiques ? Ou bien il y a une idée de base derrière Les Tambours du Bronx ?

Thierry : Non, au départ Les Tambours du Bronx c’était faire du bruit, se faire entendre. A l’époque on était tous rockers, on jouait à peu près tous dans des groupes, on avait plus un esprit rock’n’roll que percussions. Ce qui nous intéressait dans les percussions c’était cette puissance, à 20 mecs qui frappent sur des bidons ça fait un boucan du tonnerre. Tu arrives quelque part dans une ville, tu joues à 20 mètres de la maison de la culture, t’as des gens qui s’arrêtent forcément.

Culturaddict : Dans la même veine qu’une batucada ?

Thierry : Non, tu retires tout de suite ce que tu viens de dire [rires] ! Parce qu’une batucada ça a vraiment un côté percu et festif, nous c’était quand même basé blouson noir.

Franky : Moi qui ai connu au départ en tant que spectateur, je ne retrouve pas ce côté festif, ensoleillé des batucadas de rue. Ça m’inspirait plus la rébellion, l’envie de faire du boucan, un côté plus industriel.

Culturaddict : Est-ce que vous vous colleriez donc l’étiquette de « groupe protestataire » ?

Thierry : Non pas forcément, pour nous c’est plus un exutoire. Effectivement il y a une part de rébellion quelque part, à l’époque on était tous blouson noir si tu veux, mais bon, l’époque a changé. Il y a toujours un esprit rébellion, mais on ne revendique pas quelque chose en particulier, c’est aux gens de chercher la rébellion.

Culturaddict : Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous a uni en tant que groupe, qui fait que vous soyez toujours ensemble ?

Thierry : Je dirais l’aventure humaine. Après, depuis 1987, il y a vachement de gens qui sont partis, qui sont arrivés, il y a eu un turn-over assez important. On a toujours essayé de trouver des gens qui venaient déjà de chez nous, qui étaient serveurs dans des bars, qui jouaient de la musique à côté, qui avaient un lien avec la musique et qui avaient envie de faire partie de l’aventure. En fait c’est ça, c’est l’envie de ne pas faire comme tout le monde, l’esprit de rébellion peut être aussi là. Et puis quand t’es sur scène, c’est tellement une transe que t’as envie de continuer, t’as des choses nouvelles qui continuent d’arriver.

Culturaddict : Du coup, comment tu t’es retrouvé là Franky ?

Franky : En fait, j’étais tout simplement fan du groupe pendant des années. Et j’ai toujours vu ce groupe plus comme une troupe qu’un groupe, moi qui suis plus habitué aux groupes de rock, metal à 4 ou 5 musiciens, avec guitare, basse, batterie, chant…Là je voyais ça comme un grand spectacle musical, mais aussi visuel, c’était vraiment un show spectaculaire qui me plaisait beaucoup. Je les ai vus quelques fois, bien sûr en vidéo, en live, à chaque fois c’était une grosse claque, qui prenait aux tripes, autant au niveau sonore que visuel, c’est ça qui me plaisait beaucoup. Je me disais toujours, un jour, quand je serais un grand, j’aimerais bien taper de la batterie avec ce groupe, j’étais sûr que le mélange batterie / tambour serait puissant. Et quand j’ai vu leur live avec Sepultura lors du Wacken et du Rock in Rio, je me suis dis wow, le mélange avec les grosses guitares, une grosse voix et la batterie metal ça défonce tout. Jusque là on ne se connaissait pas, et puis je commande un DVD sur leur boutique en ligne et sur internet, de façon classique. Je pense qu’il devait y avoir 1 ou 2 membres du groupe qui devaient connaître Dagoba.

Sid : J’étais en train de préparer le paquet et je me dis Franky Costanza…je demande aux mecs c’est qui, ils me disent : « c’est Franky de Dagoba ! » Je leur dis qu’il vient de commander un DVD ! On a rigolé, on lui a mis un petit mot dans le paquet, on lui a dis : « écoute si t’en as marre, vient jouer avec nous », le message était passé.

Franky : Ils m’ont dis : « si tu t’emmerdes avec Dagoba on t’embauche ». Donc moi ça m’a bien fait marrer. Et coup de chance ils jouaient à Marseille quelques mois plus tard, au Silot (d’ailleurs on y a rejoué avec le show metal il y a quelques mois). Ils m’ont dit : « on te file 2 invitations, comme ça on fait connaissance ». Donc je vais au concert, je me régale une fois de plus. A la fin du concert je discute avec quelques membres, ils me disent : « on a sorti notre nouvel album Corros (2015), qui est le dernier en date du show classique ». Ils m’ont dit : « choisis un titre, et essaye de mettre de parties de batterie dessus, comme tu fais dans tes vidéos ». J’ai choisi le titre « Human Smile », où il y a le gars de Killing Joke qui chante dessus, c’est celui qui me parlait le plus au premier abord. J’ai joué de la batterie dessus, je me suis laissé porter par la musique, ce qu’elle m’inspirait. J’ai rajouté un petit peu de double pédale, un tout petit riff de guitare très minimaliste. Je leur ai envoyé, ils m’ont dis que ça leur plaisait bien. Ils m’ont dit : « Bon ben, maintenant on aimerait le faire en live, donc viens quelques jours à Nevers taper le bœuf, faire connaissance avec les autres musiciens, on prend la température et on voit ce qui en sort ». Pour qu’il y ait un peu plus de contenu on travaille sur une reprise très percussive, très inspiré par Les Tambours du Bronx, peut-être inconsciemment ou pas, du groupe The Prodigy, « The Day is my Enemy », on a répété celui-ci, on a même filmé, on ne savait pas ce que ça allait donner pour la suite. On s’est dit tant qu’à faire, on sortira quand même des images et un clip de cette venue à Nevers, et tout est parti de là. Après on a travaillé sur quelques autres titres, un petit medley Sepultura, histoire de jouer. Quelques mois après il y a Dom qui me rappelle et me dit : « Bon, on a réfléchi, on a vraiment envie d’essayer de faire un show de 1h15, faire un show metal. On va remodeler des titres des Tambours existant, en rajoutant des guitares, de la voix, de la batterie pour faire ce que tu vas voir ce soir, Les Tambours du Bronx « Show Metal ». On a sorti un album en octobre dernier (W.O.M.P. « Weapons of Mass Percussion) qui est vraiment ce mélange-là, percussion urbaine des Tambours + un groupe Rock / Metal. Ce n’est pas du metal extrême, mais c’est quand même ultra puissant, c’est pour ça qu’on dit rock / metal : il y a des chants clairs, des chants saturés, mais voilà c’est vraiment des percussions + rock et metal.

Culturaddict : Justement, concernant votre dernier album « Weapons of Mass Percussions », de mémoire c’est le premier album vraiment orienté metal, qu’est-ce qui vous a mené à ça ?

Sid : Si tu veux, à chaque fois avec Les Tambours, au fil des années, on a essayé de ne pas faire que du bidon, on a rajouté un peu d’électro, des voix, etc. Après, comme disait Franky, il y a eu le show avec Sepultura qui a bien marché. Après ça aurait du faire partie d’une petite tournée avec eux, mais bon, le plateau était trop important. Voilà, ça part d’une certaine frustration, pas parce que le plateau était trop grand, on s’est dit peut-être qu’on va pouvoir le faire nous-même, on a des mecs qui jouent de la guitare, de la basse. On va s’y mettre, on va faire appel à des chanteurs, en France on en a. Il y a des mecs qui ont écrit les textes, il y avait Franky qui était là à la batterie et qui était chaud pour le faire aussi, et c’est venu comme ça. On s’est dit on va garder notre show classique, et à côté on va se faire plaisir, on va faire un truc qui envoie du lourd

Culturaddict : Une question que je me posais personnellement, en tant que troupe, pourquoi avoir choisi le bidon ?

Thierry : Et pourquoi pas ?

Culturaddict : Justement, j’aime bien le concept !

Thierry : Au départ il y a un des mecs qui a fédéré tous les gens qui sont en groupe au tout début, qui avait vu les tambours du Burundi, et en fait c’est cette puissance-là qui était intéressante. Sauf que bon, on n’est pas africain, on ne tape pas sur des tambours. Le but ce n’était pas de reproduire les percussions africaines. On s’est dit chez nous il y a pleins de bidons, dans les jardins, partout, ça ne coûte pas cher, on peut faire un groupe, à l’arrache, à la sauvage. C’est parti de ça, à 15 ou 20, si on frappe sur des bidons, ça peut envoyer du son. Et le bidon est un peu devenu un instrument. Quand tu regardes avant, dans les groupes, il n’y avait pas de bidons, maintenant même Johnny Hallyday il met des bidons dans son groupe. Enfin, quand il était vivant [rires].

Culturaddict : D’ailleurs, je suis en train de me rappeler d’un truc, vous n’avez pas fait la 1ère partie de Johnny Hallyday pour le centenaire de la Tour Eiffel en 1989 ?

Thierry : Effectivement, on a fait sa 1ère partie.

Culturaddict : Du coup, à quoi s’attendre pour ce soir ? Si c’est vous n’êtes pas prêt ça passe aussi. [rires]

Thierry : Non non, je pense qu’on est prêt ! Le show ça fait une petite année qu’il tourne. On a préparé une nouvelle setlist avec un show tout neuf, mais ça va envoyer comme d’hab quoi.

Franky : Pour quelqu’un qui est uniquement rock / metal et qui n’a jamais vu Les Tambours ça va être une expérience originale. Moi qui suis passé de spectateur à musicien je sais ce que ça fait et wow, j’ai l’impression d’être scotché, rien que par la puissance des bidons. Moi j’ai toujours vu en tant que spectateur le show classique, wow. Tu te fais scotcher forcément, ça génère une puissance qui prend les tripes, au 1er degré. Quelqu’un qui est habitué au show metal / classique, il y a toujours 2 ou 3 titres où il se fait dépuceler, et après il commence à comprendre comment ça passe.

Culturaddict : Le mot de la fin ?

Sid : Nickel !

Thierry : Fin ?

Sid : J’espère que tu vas rester pour le concert !

Culturaddict : Désolé j’ai un emploi du temps hyper chargé… [rires]

Thierry : T’as eu peur de ce que je t’ai dis c’est ça ?

Culturaddict : Ouais voilà ! [rires] Non évidemment que je vais rester, je compte en profiter un max.

Franky : Merci à toutes les personnes qui vont venir ce soir pour remplir la salle.

Sid : C’est vrai qu’il y a un concert en-dessous, et pas des moindres, c’est Shaka Ponk.

Culturaddict : -M- aussi.

Sid : Si toutes les salles sont pleines c’est cool !

Culturaddict : Merci à vous de m’avoir reçu.

Les Tambours : Merci à toi !

Mon article s’achève ici. Quelques remerciements bienvenus ici :

  • Un grand merci à Caro pour l’accréditation !
  • Merci également aux groupes, Flayed et Les Tambours du Bronx, pour ces superbes concerts.
  • Merci au public, pour l’ambiance de folie.
  • Merci à mon équipe de toujours me soutenir dans mes démarches musicales.
  • Merci à ma famille et mes amis pour leur soutien sans faille.
  • Et enfin, merci à vous, lecteurs, de suivre mon odyssée musicale !

On se retrouve très bientôt. Musicalement.

Alan