Du 1er au 17 novembre, à Rennes, a eu lieu le festival Yaouank, regroupant plusieurs fest-noz dans pleins d’endroits de Rennes Métropole. Le festival s’est achevé par le grand fest-noz final, au MusikHall, regroupant plus de 8000 personnes. Pour sa 20ème édition, le festival n’a pas lésiné sur les moyens, en proposant une programmation riche et dense. Voilà un petit avis sur les groupes que j’ai pu voir le samedi 17 novembre.

Pour commencer, La Mafia Rustre nous a offert un joli moment pour commencer la soirée. La troupe de sonneurs participant à l’initiation à la danse nous propose une musique à la fois énergique et détendue, parfait pour commencer la soirée.

Plus tard dans la soirée, le quatuor Dour/Le Pottier Quartet contribue à faire monter l’ambiance, avec ses mélodies traditionnelles bretonnes, mêlées aux influence du Moyen-Orient, pour un cocktail détonnant ! La formation est énergique, c’est un plaisir à regarder !

Ourawen vient ensuite continuer la série de concerts au Hall 9. Le trio nous offre là encore un superbe moment, avec des mélodies traditionnelles simples mais efficaces. Parfait pour chauffer avant l’un des plus beaux concerts qu’il m’ait été donné de voir…

Le concert que j’attendais le plus est arrivé : Breizh An Ankou: Jean-Charles Guichen invite Denez Prigent, Dan Ar Braz & Bagad Perros. Ici, les mots vont me manquer pour dire à quel point ce concert était majestueux. Jean-Charles Guichen, du haut de sa guitare, nous offre une gestuelle parfaite, un jeu magnifique, le tout avec une énergie débordante ! Denez Prigent, venant chanter quelques morceaux, nous offre une fois de plus un grand moment. Sa voix profonde, puissante, transcende la musique. Le Bagad Perros nous offre des accompagnements haut en couleur, dirigé par un chef d’orchestre superbe à voir ! Dan Ar Braz, quant à lui, nous a offert, par sa présence, un des plus beaux moments musicaux qui soient. Ce fut, au final, le meilleur concert de cette édition 2018 de Yaouank !

C’est ensuite au tour de Talskan de mettre l’ambiance dans le Hall 5. Mission accomplie pour le quatuor qui nous offre des mélodies envoûtantes, la diversité des timbres faisant son effet. L’utilisation occasionnelle du banjo donne un plus aux mélodies. Bref, un grand concert !

La nuit de fest-noz continue avec Nâtah Big Band, orchestre surprenant alliant musique traditionnelle bretonne et jazz ! L’alchimie fonctionne immédiatement : prestation énergique, musique plus qu’agréable à écouter, les musiciens entraînent les danseurs dans leur folie musicale, et c’est un plaisir ! Un des plus grands moments de cette édition 2018 de Yaouank.

Pour terminer ce mini Live Report, j’aborderai la prestation de Plantec. Les ayant vus plusieurs fois en fest-noz, le plaisir est intact à chaque prestation ! Le mélange entre sonorités électroniques et traditionnelles fonctionne avec brio.

Pour conclure, cette édition 2018 de Yaouank était de loin la meilleure que j’ai connu ! Les groupes étaient tous plus impressionnants les uns que les autres. Un immense merci à tous pour vos prestations ! Il est maintenant temps d’enchaîner avec une interview que j’ai eu la chance de faire cette nuit là, avec Dan Ar Braz.

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INTERVIEW AVEC DAN AR BRAZ

Culturaddict : Bonjour Dan, merci de me recevoir.

Dan Ar Braz : Bonjour, pas de soucis.

Culturaddict : Est-ce que vous connaissiez le festival Yaouank à sa création ?

Dan : Au niveau des années de création, ça fait 20 ans, mais oui je le regarde à la télé très souvent, puisque ça repasse sur Tébéo, qui est basé sur Brest par Le Telegramme (journal, ndlr), et donc il repasse souvent toutes les éditions. Et c’est vraiment un foyer de bonnes musiques, je découvre des groupes que je ne connais pas, il y a pleins de jeunes qui déboulent de partout et c’est génial. Pour moi Yaouank, c’est vraiment Yaouank, « jeune », et ça veut bien dire ce que ça veut dire. Pour moi ce festival est un moyen de découvrir, comme je dis souvent la Bretagne est criblée de nouveaux talents, de jeunes qui jouent de mieux en mieux, et c’est assez fabuleux. Yaouank est vraiment la vitrine pour tous ces jeunes. Et pour moi c’est un vrai bonheur de voir ça à la maison, à la télé. Comme je dis ça repasse souvent, donc on peut revoir à des heures, les enregistrer aussi, pouvoir les regarder quand on le souhaite. Pour moi Yaouank fait vraiment partie de mon environnement télévisuel et musical.

Culturaddict : Est-ce que vous avez 2 mots par rapport à l’origine du projet Breizh An Ankou, comment ça c’est fait avec Jean-Charles Guichen ?

Dan : Un simple coup de téléphone ! Je connais Jean-Charles, je pense qu’on a autant de respect l’un pour l’autre, il est plus jeune que moi. Il m’a invité sur son album, j’ai fait un morceau, puis on a eu envie d’aller plus loin, il m’a proposé de monter sur scène. Et c’est un vrai bonheur, parce que c’est bien, parce qu’il y a une bonne ambiance, et que j’aime bien quand les gens s’entendent bien. Il y a une force de fraternité et j’aime ça. Arrivé à mon âge je prends le meilleur côté des choses, je n’ai plus envie de m’ennuyer avec le reste, les egos, les stars, ça ne me concerne pas. Il y a une bonne ambiance, on joue bien, on joue rock’n’roll et j’adore le rock’n’roll. Et en plus ça joue breton et ça fait danser les gens, donc il me fait vraiment un beau cadeau. Et en plus ça rejoint les projets vers lesquels je veux aller. Donc voilà on a parlé jouets (guitares, ndlr), des fois on échange, « qu’est-ce que tu as comme guitare? » ; « qu’est-ce que tu penses de celle-là? ». Donc c’est toujours un échange de musicien à musicien, il est sympa, il est cool. C’est parti de l’album, où il m’a invité, et me voilà sur scène avec lui, à Yaouank.

Culturaddict : Puisque vous parliez de vos autres projets, un petit mot sur celui avec Clarisse Lavanant ?

Dan : Le dernier album c’est le duo avec Clarisse qui continue, qui fait son petit bout de chemin. En fait, j’ai le duo avec Clarisse, qui est un trio en fait puisque David nous soutient à la guitare, merveilleusement bien. Il joue avec Arvest aussi qui vient de sortir un album et qui a joué à Yaouank, tout ce petit monde se rejoint. J’ai aussi un trio de guitare avec Jacques Pellen et David Er Porth (encore lui!) à la guitare. Et il y a le groupe qui est plus rock’n’roll, à géométrie variable. Tout à l’heure j’ai vu un piper (qui joue de la cornemuse, ndlr) qui était avec nous aux Sables d’Olonne, on a joué avec un pipe band. L’album avec Clarisse est là, on continue. Le trio est une formule pour des salles moyennes de 250 à 400 places, ça me permet d’aller partout, c’est vraiment bien. Et il y a un autre projet qui s’appellera Dan Ar Danse, ça rejoint un peu ce que je vais faire avec Jean-Charles : je vais réunir en un album, qu’on va enregistrer bientôt, tous les morceaux que j’ai joué à la guitare depuis l’Olympia en 1972. Je vais réunir tous les morceaux instrumentaux, plutôt dansant, et ferai donc cet album qui s’appellera Dan Ar Danse. Ce ne sera pas une forme de compilation, je n’aime pas ce mot, mais qui sera l’héritage de ma guitare, pas L’héritage des celtes, mais l’héritage d’une guitare. 50 ans après mes débuts, de faire une rétrospective de tous mes morceaux, de toutes les danses, j’avais envie de faire quelque chose de festif, un peu comme ici. C’est bien que je sois avec Jean-Charles, parce que ça colle tout à fait avec ce que j’ai envie de faire sur le nouvel album : c’est rock’n’roll, c’est festif, c’est dansant, les gens bougent. C’est ce que j’ai envie dans ma vie, de choses pleines de vie, pleines de mouvement, donc j’ai ce projet-là.

Culturaddict : En ayant en tête votre concert à Bercy avec Jean-Jacques Goldman, je me posais une question : vous préférez jouer en fest-noz ou en concert ?

Dan : Je ne joue pas en fest-noz, je ne fais pas de la musique à danser à priori. Je fais des concerts, j’aime jouer dans des petites salles, où on a un contact avec les gens, du genre des salles de 200 ou 400 places.

Culturaddict : Oui du coup c’est ce que je voulais dire, les petites salles ou les grandes salles ?

Dan : Je n’ai rien contre les grandes salles, mais il faut les remplir ! Et je n’ai pas la prétention de remplir des grandes salles. Il y a eu l’époque de L’héritage des Celtes, où on a eu une médiatisation assez importante. Et puis c’était une époque, c’était les années 90, il y a eu une vague celtique considérable. Aujourd’hui ce n’est pas qu’elle n’est plus là, mais elle est différente, la preuve c’est qu’il n’y a plus de nuits à Bercy, plus de Stade de France. Quand on y a joué, il y a eu 2 stades de France avec les Nuits Celtiques, il y a eu Bercy, il y a eu le Zénith. Donc on a descendu un petit peu et maintenant il n’y a plus de grandes soirées comme ça malheureusement. Il y a Yaouank à Rennes maintenant mais on n’est plus dans la même période. Donc personnellement, je joue là où il y a une scène où on me demande de jouer. Mais pour remplir un Bercy ou un Zénith je n’y arriverai jamais aujourd’hui, ce n’est pas un problème pour moi. L’essentiel c’est de jouer, et quand je joue dans une salle de 150 ou 200 places, c’est comme un Bercy ou un Stade de France, je ne joue pas mieux devant 10000 personnes ou devant 200. Tant que le plaisir est là, tant que le téléphone sonne, tant que les gens ont envie de me voir, je serai là. Le jour où les gens n’ont plus envie, je resterai en voie de garage, je continuerai à faire de la musique tranquille, je prends les choses comme elles viennent, et Dieu merci les gens viennent encore vers moi, me demandent encore de jouer. Je n’ai pas besoin de chercher, les gens appellent, c’est bien, c’est un vrai privilège. Je fais ce que je veux, comme je veux, les gens sont sympas, ça se passe bien, j’ai une petite vie tranquille. Je ne suis pas embêté, je ne suis pas quelqu’un de connu, les gens ne m’embêtent pas, me disent bonjour, un petit mot gentil. Je n’ai pas tous les mauvais côtés de la célébrité. Je suis peinard, je fais ce que j’aime, je joue de la guitare avec des gens sympas, comme c’est le cas avec Jean-Charles. On s’amuse bien, on boit un coup après, on rigole, et puis on fait ce qu’on fait sérieusement, avec du cœur, c’est tout ce dont on a besoin.

Culturaddict : Une question que je me posais personnellement : d’où vous est venu cet attrait pour la musique celtique ? Dès le plus jeune âge où ça a été un peu plus tardif ?

Dan : La musique celtique était déjà dans mes goûts sans que je le sache, dès les années 60. Je suis né en 49, dans les années 60, en plein dans mes 14 – 15 ans, quand les Beatles, les Rolling Stones, les Bee Gees, les Who, et tellement d’autres groupes, j’ai pris tout ça dans la gueule ! Et dans cette musique-là il y avait pleins de choses celtiques déjà. Paul McCartney et John Lennon sont d’origine irlandaise, Rory Gallagher, James Taylor, les Bee Gees, même AC/DC sont d’origine écossaise ! Beaucoup d’entre eux avaient des origines irlandaises ou écossaises, donc il y avait une part de musique celtique dans leur musique, mais ça je ne le savais pas. Je me dis c’est quoi ce truc-là, je ne comprenais pas bien, j’étais français, j’écoutais Edith Piaf aussi, mais je ne me sentais pas du tout dans Georges Brassens, avec tout le respect que j’ai, c’était bien, mais je préférais cette musique-là, j’étais attiré par des groupes qui avaient une couleur celtique, mais je ne le savais pas. Je l’ai appris quand j’ai rencontré [Alan] Stivell, en 67, et qui a commencé à faire, en quelque sorte, mon éducation. Et il m’a dit, tout simplement : « tu sais Dan, si tu aimes ces musiques-là, ce n’est pas étonnant, le gars est écossais, toi tu es breton, il y a des racines celtiques dans tout ça, et ce n’est pas étonnant que tu sois attiré, c’est comme un aimant ». Voilà, ça c’est fait comme ça. On est dans cette pièce, avec une lumière un peu faible, il a fait une grande lumière. Depuis on me pose des questions, c’est ce que tu fais, et tu as raison, mais moi je ne me pose plus aucune question. Depuis les années 60, j’ai compris pourquoi j’ai été sans le savoir attiré, sans comprendre, parce qu’on voulait à tout prix que je sois français, latin, ce que je ne suis pas. Et je me suis complètement développé, éclaté dans cette musique-là, et je continue à faire la même chose depuis 50 ans, je suis rock et folk. J’ai aimé le folk de Bob Dylan, qui s’inspirait beaucoup de la musique celtique de Donovan, de Bert Jansch, de John Martin qui sont écossais, de David Graham, guitariste ayant inspiré beaucoup de guitaristes bretons et qui est écossais, Rory Gallagher, les Beatles qui sont d’origine irlandaise. Le pianiste Bill Evans, Elvis Presley qui sont d’origine galloise, James Taylor qui est écossais, etc. Donc voilà, il y a quelque chose qu’on ne peut pas définir mathématiquement, musicalement, ça n’a aucune importance. C’est juste un feeling, quelque chose que je ressens au plus profond de moi, et contre ça on ne peut rien. Je ne suis pas musicologue, je n’ai pas une explication rationnelle, c’est l’imaginaire, c’est ce que telle musique m’apporte, me fait rêver. Elle me correspond. Il y a un directeur de la Brittany Ferries, à Pleymouth, qui s’appelait Le Braz, comme moi, et qui était cornouaillais. Je viens de quelque part, du Pays de Galle, de mes ancêtres, et il y a cette chose-là qui est en moi, ça ne s’explique pas, c’est là, point. L’essentiel c’est que je fasse la musique que j’aime, elle est inspiré de tout ce que j’ai entendu, tous ces groupes que j’ai découvert (les jeunes, maintenant). Je joue avec un groupe de Douarnenez de temps en temps on fait le bœuf, les Red Goes Black, et ils jouent merveilleusement bien. Ils sont inspirés de tout ce que j’ai connu à 15 – 16 ans, tu te rends compte, tu prends tout ça à la figure. Il y en a tellement, Jimi Hendrix, Eric Clapton, Bob Dylan, Donovan, Joan Baez…on prenait tout ça dans la figure ! Et tu prends ça à l’adolescence, à un âge où tu t’inventes un peu pour le restant de ta vie. J’ai eu de la chance, je préférerais être plus jeune maintenant, mais bon, j’ai l’âge que j’ai, j’ai eu cette chance d’avoir 15 – 16 ans, d’avoir un grand frère aussi, de 4 ans plus âgé que moi, qui écoutais d’autres musique rock aussi. Grâce à cet univers musical, les parents écoutaient beaucoup de musique, mon frère était plus avancé que moi dans le rock anglais et américain. Donc voilà ça a été mon environnement musical et familial, et puis il y a eu la rencontre avec Alan Stivell, le bouquet final, la cerise « on the cake ».

Culturaddict : Vous êtes à l’affiche du Motocultor (avec Excalibur, ndlr), est-ce que c’est une tentative d’ouverture vers des musiques plus actuelles ?

Dan : Ah non ! Je suis invité par Alan Simon, j’ai joué dans Excalibur, j’ai participé au 1er concert, il m’invite et je suis très content. Il fête un peu l’anniversaire de Excalibur lui aussi. Je suis ouvert à toutes les musiques, mais je reste rock et folk. Je ne vais pas faire du rap, du jazz ou de la bossa nova. Là on tends des choses, des musiques inspirées d’Europe Centrale, je n’ai rien contre rien ! Simplement j’écoute ça avec beaucoup d’intérêt, mais je reste plutôt classique dans mon univers.

Culturaddict : Je posais la question parce que je suis de près les programmation de festivals comme le Hellfest ou le Motoc, qui sont plus axés metal, et du coup je trouvais ça curieux de vous voir là-bas.

Dan : En fait c’est Alan Simon qui a négocié avec eux et qui m’invite. Bon voilà, Hellfest c’est génial, toutes les musiques sont géniales, tous les goûts sont dans la nature ! Il y a des choses qui me plaisent moins que d’autres. On ne peut pas tout aimer, mais je respecte tous les styles musicaux, quels qu’ils soient. Chacun a son style de musique, son univers. Encore une fois, je me sens dépassé par certaines choses, mais ce n’est pas grave ! Bon, je vais avoir 70 ans l’année prochaine, je ne me sens pas vieux, je me sens juste un peu dépassé, mais ce n’est pas grave. Comme je disais tout à l’heure, tant qu’on m’appelle, qu’on me demande de venir jouer, de faire du rock’n’roll avec Jean-Charles Guichen, Alan Simon, les Red Goes Black ou avec mon groupe, c’est que du bonheur, je n’ai rien besoin d’autre. Je ne vais pas réinventer ma vie, j’arrive dans les années où j’espère que ça continuera encore, je serai content de jouer tant que je tiens sur mes 2 pattes et que j’ai toute ma tête, je n’ai plus mes cheveux mais j’ai encore ma tête (rires).

Culturaddict : Vous avez quelque chose à dire sur vos prochains projets, concerts ?

Dan : Il y a des concerts avec Clarisse, des concerts avec le trio, des concerts avec le groupe. Voilà, la vie continue, le téléphone sonne et comme je disais quand il ne sonnera plus je resterai à la maison.

Culturaddict : Le mot de la fin ?

Dan : Quel bonheur de faire ça, depuis tellement d’années, quelle chance ! Il y a eu des années faciles, des années bien plus difficiles, et j’ai vraiment une grande reconnaissance au public qui m’a permis d’aller jusque là. Si on m’avait dit à 17 ans que 50 ans plus tard je serais encore en train de faire de la musique, je ne l’aurais pas cru, je n’aurais jamais imaginé que je puisse passer ma vie à faire ce que j’aime. Je fais ce que je veux, quand je veux, avec qui je veux, quand j’ai envie. C’est un truc extraordinaire ! Je le dis tous les jours, il y a tellement de gens qui font des métiers de merde, qui sont payés au lance-pierre, qu’on traite comme du bétail et qu’on fout dehors quand on n’a plus besoin d’eux. Moi je fais ce que j’aime depuis 50 ans, c’est un cadeau extraordinaire que le public a pu m’accorder. Bon d’accord j’ai travaillé, mais c’est quand même une chance ! Je mesure, au jour d’aujourd’hui, cette chance, ce bonheur de pouvoir faire ce que j’aime. Après les projets, il y a Dan Ar Danse, où j’ai envie de danser la vie, où j’ai envie de me secouer un peu, parce que des fois je frôle la mélancolie, par nature. J’ai eu des évènements dans ma vie qui n’ont pas été faciles non plus, qui m’ont un petit peu anéanti. Donc j’ai besoin de m’accrocher plus que jamais à la musique ! Pas pour de l’argent, pour la musique, pour le plaisir. Je me rends compte des fois que je pourrais facilement me renfermer sur moi et ce ne serait pas bon. La musique m’ouvre vers les autres, me porte vers les autres et c’est ça dont j’ai besoin. Je dois ça à la musique, elle m’a ouvert, elle m’a fait voyager, elle m’a fait découvrir plein de choses, pleins d’autres gens, d’autres cultures. Je suis à un moment où je fais ce bilan, après 50 ans, de l’Olympia en 72 jusqu’à maintenant, je me dis quelle chance, et je vais continuer autant que je peux à prendre du plaisir et essayer de prendre soin de moi, le plus longtemps possible. Je ne sais pas si j’irai autant que Charles Aznavour, peut-être pas sans doute mais voilà, que du bonheur, que du plaisir ! Le projet avec Clarisse, le projet avec le trio, et Dan Ar Danse, la grosse tartine, c’est un gros album, avec Bagad, donc je vais peut-être renouer avec l’esprit de l’héritage des celtes. Ce sera plus l’héritage d’une guitare, qui a été au service d’une musique celtique depuis 50 ans.

Culturaddict : Eh bien ne vous arrêtez jamais, parce que vous nous en donnez du plaisir. Merci à vous !

Dan : C’est gentil, merci beaucoup Alan !

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Une 2ème interview était prévue, mais ayant eu un souci technique, je ne peux pas vous la faire parvenir dans l’immédiat. Il s’agit du groupe Plantec, j’espère qu’une 2ème tentative sera possible.

Maintenant il est temps de remercier plusieurs personnes :

Un grand merci à Glenn Jegoux, organisateur de Yaouank et président de Skeudenn, pour m’avoir permis ces interviews.

Merci aux artistes pour leurs concerts, leur bonne humeur, et pour leur incroyable prestation.

Merci au public qui a contribué à l’ambiance géniale qui y régnait.

Merci à Dan Ar Braz et à Plantec de m’avoir accordé de leur temps pour les interviews.

Merci à Fabien, sans qui je n’aurais pas pu prendre les photos qui vont suivre.

Merci à toute l’équipe Culturaddict de me soutenir dans mes projets.

Et enfin merci à vous, lecteurs, amis, proches, pour suivre l’odyssée musicale !

A très vite, musicalement.

Alan