Mother! est un film de Darren Aronofsky sorti le 13 septembre 2017 dans l’hexagone, avec Jennifer Lawrence et Javier Bardem en têtes d’affiche.

A la poursuite d’Aronofsky

Lorsque que l’on possède trois chefs-d’oeuvre à son actif tels que Requiem for a Dream (2000), The Fountain (2006) et Black Swan (2011), il devient difficile de rester au haut niveau au fil des années qui suivent. Darren Aronofsky a d’ailleurs fait un mini faux pas avec son précédent film Noé (2014), s’écartant du cinéma intimiste auquel il nous avait habitué. Le changement et l’évolution sont des choses positives, mais seulement si le résultat est de qualité. Le film n’était pas médiocre mais souffrait de nombreux maux qui pouvaient le rendre indigeste.
Avec Mother!, Aronofsky revient à son cinéma historique, plus organique, plus sensoriel.

Mise en perspective

Alors ce Mother! est-il un bon film ou n’est-il pas? Dans la forme il peut être un bon film, dans le fond il y a des nuances qui pourraient laisser penser le contraire. Le film dans sa forme se veut un huit clos (prononcé huit chaos) dans une immense maison rénovée de fond en comble par le personnage de Jennifer Lawrence après un terrible incendie. Le film se concentre pendant 90% du temps sur le point de vue du rôle principal féminin, vivant avec son mari romancier joué par Javier Bardem qui souffre du syndrome de la page blanche depuis l’incendie qui a dévasté leur bâtisse.
Un soir, un inconnu (Ed Harris) frappe à la porte, et le début de la fin commence pour la jeune femme…

« L’art » du gras

Bien vite, le constat est clair, le spectateur est bien devant un film de Darren Aronofsky, il n’y pas de doutes. Le travail de mise en scène, la photographie, le mixage sonore, le côté sensoriel et organique. Tout y est. Malheureusement le fond est assourdi par d’immenses clins d’oeil du réalisateur nous disant bien trop souvent aux creux des oreilles: Hey! Vous avez vu cela, vous voyez où je veux en venir. J’appelle ça: la superposition de gras, pour donner des indices aux spectateurs, ceci n’est pas un mal mais lorsque c’est appuyé plusieurs fois en à peine trente minutes de film, et bien l’ambiance de suspens qui semblait vouloir jalonner le long métrage tombe complètement à l’eau. Vous mettez en plus une actrice moyenne qui n’y croit pas une seconde, hormis quelques passages bien sentis, vous vous retrouvez face à un film grandiose par moments et soporifique à d’autres. La première heure est assez ennuyante même si Aronofsky nous tient tout de même suffisamment en éveil pour que l’on veuille connaitre le fin mot de l’histoire grâce à sa réalisation virtuose. Fin mot qui n’est pas loin de ce que vous allez sans doute deviner assez rapidement.
Côté positif, hormis les clins d’oeil grossiers, le cinéaste laisse à notre esprit le soin d’interpréter bons nombre de séquences importantes, même si celles-ci renvoient inévitablement vers des choses ancrées dans le savoir de l’humanité depuis toujours. Ce film est donc une relecture parfois habile, parfois bancale.


Conclusion

Je vous conseille évidemment d’aller vous faire votre propre opinion, et puis tout cinéphile qui se respecte ne manque pas un film de Darren Aronofsky en salle.

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

Rédigé par Jonathan Sibieta