Nous sommes en 1976, un acteur inconnu est sur le point de devenir une star internationale, en incarnant un personnage devenu mythe hollywoodien.
Cette pièce maîtresse du 7ème art n’est nulle autre que ROCKY, réalisé par John G. Avildsen.

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Acteur inconnu

Le tout juste trentenaire Sylvester Stallone est encore méconnu du grand public malgré quelques petits rôles, notamment dans Bananas (1971) d’un certain Woody Allen mais aussi dans Klute (1971) de Alan J. Pakula, bien que présent à l’écran il ne sera, malheureusement pour lui, pas crédité au générique de ces deux long métrages.
Mais il détient un scénario, écrit de ses mains, celui d’un petit boxeur fauché et perdu à qui on donnera l’opportunité de combattre pas moins que le champion du monde en titre. Ce scénario vous l’aurez deviné n’est autre que celui de ROCKY, sorti en 1976. Sylvester Stallone y place énormément d’espoirs, mais ses espérances d’alors sont bien trop minces comparé à l’impact que ce film aura sur les années à venir et sur la suite de sa carrière.

 

Génèse

Le scénario est présenté au studio de distribution Metro-Glodwyn-Meyer, tandis que celui de Chartoff-Winkler Productions se chargera de le produire. Un budget de 1 million de dollars sera attribué au film. Sylvester Stallone souhaite renoncer à son chèque de scénariste afin de pouvoir incarner lui même le personnage de Rocky Balboa, proposition acceptée. Le tournage peut débuter dans les quartiers pauvres de Kensington au nord de Philadelphie.

 

Le tournage

Celui-ci ne durera pas plus d’un mois effectif. Pour la scène mythique de la montée des marches du Philadelphia Museum of Art, une Steadicam (Steadicam est un système stabilisateur de prise de vues portatif inventé par l’américain Garrett Brown. Utilisé en cinéma et télévision, il permet la prise de vue en travellings fluides, grâce à son système comportant un harnais, un bras articulé et une visée hors caméra.) est utilisée, elle sert aussi sur certains plans des scènes de combat. Pour la scène finale, les séquences sont enregistrées dans l’ordre inverse, les acteurs commençant lourdement maquillés. Sylvester Stallone et Carl Weathers souffrent de blessures causées par le combat final : Sylvester Stallone est contusionné aux côtes tandis que Carl Weathers est touché au nez. L’interpète de Rocky Balboa doit même s’arrêter trois semaines pour récupérer.

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La sortie

Le film arrive sur les écrans américains le 3 décembre 1976, la raz de marrée ne se fait pas attendre. Les critiques élogieuses du film jouent en sa faveur. Pour un budget initial d’un million de dollars, le film rapportera 225 millions de dollars de recettes mondiales, 118 millions rien que sur le sol américain, en France le film engendra 665 000 entrées. Ce bénéfice fera de lui le film l’opus le plus rentable de l’année 1976.

 

Naissance d’un mythe

Le film est vu comme une métaphore du rêve américain, le citoyen lambda à qui la vie n’a pas forcément sourit devient un héros national malgré lui grâce à l’opportunité d’affronter le champion du monde en personne. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’intrigue se déroule dans la ville de Philadelphie, Pennsylvanie. La ville est un berceau de l’Amérique moderne.
L’impact du personnage de Rocky Balboa était tel que la sensation d’identification a été plus grande que jamais. Dans les cours de récréation tous les gamins se prenaient pour ce héros de cinéma, tandis que leurs parents s’imaginaient grimper les marches du Philadelphia Museum of Art tout en effectuant leur jogging quotidien.
Voilà ce qu’était, ce qu’est toujours Rocky Balboa, une incarnation d’abnégation, de rêve devenu réalité. Et on s’en contrefout qu’il perde ou qu’il gagne à la fin, l’important est le chemin parcouru pour essayer d’atteindre son but. Un but de reconnaissance ultime.

 

Adrian

Rocky est indissociable de trois personnages à jamais dans la conscience collective, Paulie son meilleur ami, Mickey son entraineur et évidemment Adrian l’amour de sa vie. Effacée au début du long-métrage, elle prend de l’importance tout au long du film, elle devient un pilier, un équilibre dans la vie du boxeur. Ce genre de pilier qui vous dit que tout est réalisable. La simplicité d’écriture, dans le bon sens du terme, de cette idylle naissante est juste remarquable. On les aperçoit évoluer l’un pour l’autre de façon si naturelle qu’à la fin du film on ne peut être que touché par ce cri de rage et de soulagement que le boxeur, exténué, exprime à la face du monde.

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L’unanimité

ROCKY, premier du nom, est un de ces films qui a obtenu une certaine unanimité au fil des quarante ans qui nous séparent de sa sortie. Ce film, cette histoire, ce personnage sont devenus tellement légendaires, que même les personnes n’ayant jamais vu le film connaissent une réplique, un passage ou chose encore plus certaine la musique.
Ce film reçut trois Oscars en 1976, celui de meilleur montage, meilleur réalisateur pour John G. Avildsen, et celui tant convoité de meilleur film.

 

Bande originale

Bill Conti, compositeur émérite, réalise pour le film ce qui est sans aucun doute possible l’une des musiques de film les plus reconnaissables d’entre toutes. Iconique. Les premières notes ont à peine retenti que la chair de poule s’empare de notre corps tout entier. Ces notes raisonneront pour toujours dans le panthéon musical cinématographique et seront à jamais associées à ce qui peut s’apparenter à l’effort physique.

 

Statue

Une statue à l’effigie de Rocky Balboa trône au pied des marches du Philadelphia Museum of Art, celle-ci fut inaugurée le 9 septembre 2006. Reconnaissance éternelle d’une ville pour son héros.

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Citations
Voici deux citations de Sylvester Stallone, sur le rôle fondamental de Rocky Balboa sur l’entièreté de sa carrière, morceaux choisis:

 » Au fil des années, j’ai compris que ce personnage me collerait éternellement à la peau, quoi que je fasse. J’ai donc appris à l’accepter, à en devenir fier. Rocky représente la meilleure partie de ma carrière. Soyons lucides : le jour de ma mort, les journaux titreront : « Rocky s’en est allé. Rocky est KO. » Nous sommes indissociables. »

« Je suis tellement flatté maintenant qu’on me compare à Rocky. Quand j’étais jeune, je voulais me différencier, je voulais être un artiste. Mais maintenant, je réalise que c’est la plus belle chose qui me soit arrivée. »

 

L’éternel

Pour le film CREED: l’héritage de Rocky Balboa, Sylvester Stallone a été nominé aux Oscars dans la catégorie meilleur second rôle, il n’a malheureusement pas obtenu la statuette dorée ce soir là. Ceci aurait été une belle apothéose pour ce bon vieux Rocky. J’ai été déçu cette nuit là (décalage horaire oblige), comme beaucoup d’entre nous je pense. Il a néanmoins remporté le Golden Globe dans la même catégorie pour ce rôle.

Et puis finalement, Oscar ou pas, L’ Etalon Italien est éternel!

 

 

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

Rédigé par Jonathan Sibieta