Un peu plus de 2 ans après l’album « Guardians », Saor est de retour ! Le groupe formé par Andy Marshall revient avec un 4ème album nommé « Forgotten Paths », prévu pour le 15 février chez Avantgarde Music.

Forgotten Paths

L’introduction est brutale. Dès les 1ères notes du titre éponyme, « Forgotten Paths », la puissance des riffs nous parvient en pleine face. C’est viscéral, glacial, épique. L’ajout de la guitare sèche, du violon et de la flute traversière, le rythme harmonique baissant un petit peu, amènent progressivement une phase plus calme. C’est le moment de souffler un peu, c’est le calme avant la tempête. La tempête vient avec l’arrivée du chant, profond, puissant, avec un caractère presque guerrier. La section instrumentale prolonge le chant, jusqu’à ce qu’une partie différente arrive. Quelques notes de piano, un changement de tonalité, l’arrivée du chant clair nous donnent une tout autre ambiance. On revient petit à petit à un caractère plus brutal, le retour du chant guttural arrive à point nommé. Le crescendo continue, jusqu’à ce que l’ensemble des instruments se conjuguent parfaitement : le tempo effréné de la batterie, les riffs saccadés, le violon, la flûte, c’est un final grandiose. La fin du morceau se fait grâce à un dialogue violon / flûte, on quitte le voyage paisiblement…

Monadh

Changement d’orientation totale. L’intro est calme, le tout est fait avec quelques chœurs, des notes de piano, des accords de guitare aériens et légers. Mais comme souvent chez Saor, les contrastes sont fulgurants. Presque sans surprises, la partie calme du début laisse place à une section puissante, mais assez modéré malgré tout, avec la même grille harmonique. L’intro passé, les riffs black metal reprennent de plus belle, le rythme de la batterie est puissant et rapide, le chant profond. Vient une partie plus calme. La guitare est toujours aussi forte, mais l’ajout du chant clair amène une douceur bienvenue. La principale force de Saor réside dans ces enchaînements de styles parfois surprenants, mais ô combien sublime. La preuve avec la partie suivante, presque de type post-rock, avec le changement de tonalité, où l’on entend principalement les tambours de la batterie, les riffs légers de la guitare. En continuant sur la même grille harmonique, les instrus black metal atmosphérique reviennent. Le mélange des 2 ambiances n’a jamais été aussi bien fait, c’est une démonstration de force !

Bròn

La fin du morceau précédent nous laissait sur un caractère plus léger. Ici, les accords ont une couleur sombre, l’introduction n’est pas aussi progressive. Contrairement aux morceaux précédents, le chant arrive plus rapidement, avec des riffs black metal légèrement moins violents. Malgré tout ça marche, ça peut surprendre mais c’est terriblement bien fait. L’arrivée des instruments celtiques ici n’amènent pas forcément plus de douceur ici, au contraire, ça ne fait qu’accentuer le côté sombre du morceau. Il faut attendre quelques secondes de plus, avec un changement de rythme pour avoir un peu plus de douceur. Le passage en mode ternaire se fait à la perfection, l’arrivée d’un chant féminin caractérise ce côté un peu plus doux. Malgré tout, les riffs restent brutaux, le mixage du son nous permet une invasion complète de notre ouïe, pour notre plus grand bonheur ! Après la mise en bouche, la vraie partie calme arrive, caractérisé comme souvent par la guitare sèche, le piano et le violon. Après ces quelques secondes de détente, la brutalité du groupe revient, plus forte que jamais. Pour mieux nous ménager après ? Le batteur continue sur sa lancée, mais en espaçant les temps forts. Puis revient le motif ternaire, le tempo de batterie étant d’abord assez lent puis rapide. Ici encore, le contraste entre brutalité et et douceur est maîtrisé à chaque instant. La dernière minute du morceau est bien plus calme, la batterie s’en est allé, seules nous bercent les guitares, les cordes effleurées.

Exile

Pour la dernière piste de l’album, revenons au source de la principale influence musicale. Ici, pas d’instruments amplifiés, pas de batterie, pas de rythme effréné ni de tempo rapide, juste une berceuse magnifique, accompagnée d’une harpe et du bruit des vagues. Le voyage se termine paisiblement, le caractère est mélancolique. Malgré tout, le flot de notes en milieu de morceau nous donne un rythme harmonique plus dense, tout en gardant ce caractère calme. Les notes s’espacent ensuite, se faisant plus rares, pour prendre fin dans le calme le plus absolu. Seules restent les vagues, nous annonçant la fin du voyage.

En résumé, ce 4ème album de Saor est un pur chef d’œuvre ! Le groupe nous offre ici l’apogée de son style. En nous proposant un album plus court que les précédents, la musique est parfaitement bien dosée, s’étirant moins en longueur, mais en étant tout aussi belle et épique. Un immense bravo !

Note : 5/5

Merci à tous de m’avoir lu, en espérant que cette critique vous donne envie d’écouter l’album le 15 février prochain. A très bientôt pour la suite de l’odyssée musicale !

Alan

https://saor.bandcamp.com/