A l’été 2016, Stranger Things première du nom débarquait sur Netflix créant un raz-de-marée planétaire de part son approche nostalgico-fantastique. Les deux créateurs Matt et Ross Duffer se sont fait un nom dans le milieu des show tv. Le 27 octobre est sorti la seconde saison, intitulé sobrement Stranger Things 2. Une suite qui a beaucoup à jouer, au vu des tonnes de critiques positives qu’à susciter la première saison durant cette année écoulée. La qualité y était, créant une belle surprise, n’allant tout de même pas jusqu’au chef d’oeuvre comme certains ont pu l’écrire. Cette saison deux était l’un des évènements de l’année les plus attendus concernant l’actualité série. A t-elle réussit son pari?

 

Cachet d’artistique

D’un point de vue visuel cette nouvelle saison ne déroge pas à la précédente, c’est toujours aussi propre techniquement. Photographie, effets spéciaux, retranscription de l’époque ou se déroule le récit, costumes, musiques… C’est avec un soin millimétré que les deux showrunners nous distillent sous les yeux l’idéalisation des années quatre-vingt. Il y a un peu plus d’un an, les débats, pour la majorité dithyrambique mettaient la plupart du temps en avant l’aura nostalgique dont jouit cette période du vingtième siècle. Et la production l’a bien compris, ce n’est évidemment pas un souci, c’est même agréable de découvrir ou redécouvrir des éléments de cette époque comme par exemple les salles d’arcade bondées et leurs inévitables tableaux de « high score ». Mais là ou cela commence à devenir gênant, c’est lorsque l’on fabrique des scènes de toute pièce, scènes qui ne font pas avancer l’intrigue, mais seulement présente pour apporter encore et encore des instants nostalgiques. Comme la scène ou la mère de Mike lui demande de trier ses jouets, et que l’on se retrouve la minute d’après avec un plan du jeune héros tenant dans ses mains sans doute le plus célèbre jouet de l’univers Star Wars pendant quasiment trente secondes.
La force nostalgique du show serait-elle en train de prendre le pas sur sa narration?

 

Originalité inversée

Vous l’aurez compris, le véritable couac de cette deuxième saison est bel et bien le scénario. En effet celui-ci reprend quasiment à l’identique les mêmes intrigues et enjeux que la première saison.

En voici des exemples concret:
Will encore une fois au coeur du problème: disparait physiquement dans la saison précédente, ici c’est sa personnalité.
– Une nouvelle fille (Max) débarque au sein du groupe, créant des tensions entre les gars de la bande.
– Amourette Nancy et Ted, vont-ils finir par se mettre ensemble?
– Un monstre en liberté dans Hawkins.
– Murs de la maison des Wheeler une nouvelle fois parsemés de puzzles.
– Flashback sur l’enfance d’Eleven nous rappelant que Papa est très très méchant.
Sheriff Hopper toujours en solo lors de ses enquêtes.
– Obsession d’Eleven pour les gaufres.
– Désignation du « big monster » avec le nom d’un personnage du jeu de rôle Donjons et Dragons, tout comme la saison une avec le Demogorgon.

Malheureusement tous ces enjeux, ont déjà été vécu par nos protagonistes, ce qui en devient pour les téléspectateurs un risque d’ennui total face à des questionnements datant d’il y a un an. Le recyclage d’intrigue est tout sauf original, originalité à laquelle nous avions été relativement habitués auparavant. Car même dans le domaine de l’originalité, à force de vouloir rendre hommage à tout, on perd considérablement en créativité.

 

Hommage périlleux

L’hommage a une grande valeur lorsqu’il est parsemé, unique ou encore subtil. Seulement la subtilité des clins d’oeil ont l’air d’avoir déserté les plateaux de tournage du show tv. La majorité des personnes d’une trentaine d’années adorent le film de Steven Spielberg, Jurrasic Park, cela est indéniable mais reproduire une scène entière rappelant celle des enfants « jouant » à cache-cache avec les vélociraptors était-il nécessaire à la compréhension de l’hommage? Je parle évidemment de la scène des Demodogs vs Bob Newby dans l’enceinte de l’usine. La tension en devient moindre, car encore une fois nous connaissons déjà les rouages de cette ouvrage. La finalité de cette scène devient non pas inattendue, mais presque obsolète au vu du manque de risque pris par la mise en scène et l’enchainement des évènements pendant les cinq minutes précédentes.
Il faut aussi dire que cette scène arrive après pas mal d’épisodes soporifique, ou l’intrigue avance au ralenti et ou les enjeux dramatiques débarquent comme un cheveu sur la soupe comme pour dire: nous sommes en fin d’épisode il nous faut un cliffhanger car c’est la règle télévisuelle des dernières années.

Acte 7, acte de la discorde

Un pourcentage élevé de fan se sont insurgés sur la qualité de l’épisode sept, se situant loin de Hawkins, présentant de nouveaux personnages et la non présence totale des personnages récurrents de la série, hormis Eleven. Le souci premier de cet épisode n’est pas dû au fait de l’absence des protagonistes principaux. Le souci est que tout ce qu’Eleven découvre dans cette aventure en solo, nous le savions déjà. Nous ne découvrons pas de nouveaux éléments en sa compagnie, en étant surpris de cela. Car dès le prologue de cette saison nous sommes mis au courant de la présence du cobaye numéro 8, que j’appellerais Eight dans un élan de logique. Eight a donc un tatouage sur l’avant bras tout comme Eleven, et elle est pourvu de pouvoir psychique, pouvant s’introduire dans l’esprit de chacun afin de lui faire imaginer tout et n’importe quoi. Il aurait sans doute été plus judicieux et sans doute plus badass de découvrir les pouvoirs d’Eight en compagnie d’Eleven lors d’un affrontement par exemple, juste avant de se rendre compte qu’elles sont « soeurs ». Encore une fois la narration est trop confuse et mal exploitée. D’autant que l’on découvre Eight lors des trois premières minutes de la saison, pour la retrouver seulement sept épisodes plus tard, sans l’avoir ne serait-ce qu’entraperçue entre temps.

 

Stranger Good Things

Evidemment il n’y a pas que des mauvaises choses, il y a aussi des éléments développés intéressants comme la relation Hopper/Eleven en début et fin de saison. L’évolution du personnage de Steeve (petit ami de Nancy), tête à claque dans la première saison et devenant le grand frère protecteur de la bande de gamins dans celle-ci. Ou encore le design intéressant du « big monster », même si on en ressent un peu trop les influences notamment sur la forme longiligne de sa tête. Et bien sur le meilleur personnage de la série Dustin, campé par Gaten Matarazzo qui crève une nouvelle l’écran.

 

Transition ou modèle ancré?

Neuf épisodes en tout, un de plus que l’année dernière, pour au final se retrouver face à une symétrie quasi totale par rapport à la saison précédente. Quel est le but de cette entreprise? Est-ce une saison totale de transition, ou un modèle scénaristiquement ancré dans l’ADN de la série?
D’autant que toutes les péripéties endurées par chacun des personnages amènent à un résultat moindre, car au final la menace qui pesait sur la ville d’Hawkins et en grande partie sur le groupe de pré-adolescent, est encore belle est bien présente, comme l’atteste la toute dernière image de Stranger Things 1.5!

Mesdames, Messieurs, merci de votre lecture et bonne pellicule.

Rédigé par Jonathan Sibieta