Under the Silver Lake est un film américain réalisé par David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield. Le film raconte l’histoire d’un jeune homme sans emploi, à la recherche d’une fille ayant disparu mystérieusement, que celui-ci a rencontré la veille. Sur le papier, le résumé donne l’air d’une simple enquête à résoudre. Mais il n’en est rien (ou presque). Ce film torture les méninges du spectateur jusqu’à la fin.

Le film se présente de facture classique à la base. On voit un jeune homme, sans emploi, faisant sa vie, à se rincer l’oeil sur les jolies filles qu’il voit. Puis arrive cette jeune femme, dont il va peu à peu faire une obsession. Si l’esprit maladif du jeune homme s’aggrave au fur et à mesure du film, la mise en scène le retranscrit au mieux, quitte à perturber le spectateur. En ce qui concerne l’histoire, le film ne cesse de brouiller les pistes, à multiplier les histoires diverses, quitte à faire oublier le point de départ : retrouver cette jeune fille. Le jeu de pistes, les indices cachés n’importe où, révélés au fur et à mesure du film, tout est fait pour dérouter. On n’est pas loin de l’art de David Lynch. La comparaison est encore plus flagrante quand on sait que l’histoire se passe à Los Angeles, lieu mythique de Mulholland Drive. Le film est à la fois une lettre d’amour et une critique sévère du vieux cinéma hollywoodien des années 30. C’est l’histoire d’une ville névrosée, avec ses stars déchues, ses meurtres. Mais la lettre d’amour réside principalement dans la musique, et dans les films cités : la musique, composée spécialement pour le film, nous donne l’impression de regarder un film en noir et blanc, muet, alors que l’on est dans un pur cinéma moderne, en couleur, avec des paroles.

C’est peut-être cet aspect-là le plus important, là où la mise en scène sert le mieux l’histoire. Cela créé véritablement un paradoxe, entre les rêves et les désillusions du jeune homme, qui trouve satisfaction dans des plaisirs moindres. L’interprétation d’Andrew Garfield est d’ailleurs toute en folie et sobriété, il a à la fois la classe d’une icône des années 50, et l’air nonchalant d’une jeune homme perdu par ce qui l’entoure, ses convictions, sa quête obsessionnelle le bouffant de l’intérieur. Toutes ces pistes apparemment liées, les disparitions, les meurtres de chiens, les aventures d’un soir, tout contribue à créer une atmosphère anxiogène, comme si nous étions enfermés avec le personnage principal. En plus de son enquête, son mode de vie le perd, nous perds, via un montage des plus singuliers, entre plan fixe et mouvement de caméras tremblant, où l’on ne peut que ressentir le mal-être intérieur. A côté de cette tempête, le film prends le ton de s’attacher aux détails, parfois embarrassant, comme ce putois lâchant un jet, dont l’odeur va poursuivre le jeune homme jusqu’à la fin. On retiendra aussi sa peur des chiens, qui parfois est cauchemardesque, comme lorsqu’il voit toutes ces filles aboyer, et son amour pour eux, comme lorsqu’il veut nourrir le chien de la fille qu’il rencontre. Au final, c’est ce qui semble le plus important dans le film : la cause animale, qui tient ici un rôle de fil rouge. La cause animale, c’est en premier lieu le meurtre de ces chiens, qu’il faut protéger. Mais la cause animale, ce sont aussi les instincts et sentiments humains, parfois primaires, présents dans de simples scène d’amour ou de meurtres. Il s’agirait d’une personnification, nous rappelant que nous sommes des animaux. L’une des scènes de fin d’ailleurs explicite clairement que la vie humaine est futile, de par les plaisirs simples que l’on s’accorde.

En conclusion, ce film se présente comme une œuvre complexe, très difficile à aborder, mais terriblement fascinante, dans l’horreur ou la simple beauté. Un film majeur qu’il faut voir au moins une fois, qui ne laissera personne indifférent, dans les avis positifs et négatifs.

Note : 5/5

Merci d’avoir lu cette critique, n’hésitez pas à partager si vous avez aimé ! A bientôt pour de nouvelles aventures cinématographiques.

Alan