
L’univers Marvel en perte de vitesse tente un coup de poker. Gagnant, et ce n’était pas gagné. La résurrection des 4 Fantastiques avait tout du naufrage annoncé. Et pourtant ça fonctionne grâce à une patte rétrofuturiste rafraichissante et un ton gentiment suranné qui rebat les cartes. Et si l’avenir de Marvel dépendait finalement du passé?
Un film à papa très réussi
Le film débute sur une évidence. Pour changer le présent, il faut le réinventer le passé. 4 êtres humains voient leur ADN modifié après un voyage intergalactique. Revenus sur terre, ils sont devenus des super héros. Simple, efficace, presque crédible. Ils reviennent au coeur des années 60 et il y a de quoi être nostalgique car le New York du film est une vision complètement idéalisée de ce que devrait être le présent. C’est propre, décriminalisé, les bons sentiments ont pris le pas sur l’ironie. En cela, le film s’éloigne des codes récurrents du cinéma actuel. L’humour est bon enfant, les héros ne roulent pas des mécaniques et conservent une foi entière dans l’humanité. C’est frappant, un peu suranné, c’est rétro, c’est la vision du futur tel que l’avaient les hommes et femmes des années 60. Des valeurs, un code de conduite, pas grand chose finalement mais ça change tout. Les 4 héros du film sont devenus l’emblème du monde, ils garantissent sa sécurité, la confiance règne. Et à la moindre crise de foi, c’est le chaos, un peu comme dans le monde réel aujourd’hui, la manque de confiance attise la haine et tout le reste. Lorsqu’une mystérieuse messagère débarque de l’espace lointain pour annoncer la fin du monde, c’est la panique, le monde compte sur les 4 Fantastiques pour assurer sa survie. Mais la menace est sérieuse, seront-ils à la hauteur? Le pitch est simpliste mais le film fonctionne, pour plusieurs raisons. Déjà, le casting est parfait, Vanessa Kirby en Jane Storm est au coeur de l’action et elle impose sa stature de future très grande star hollywoodienne. Elle est déjà connue mais pas à la hauteur de certaines autres actrices, ça pourrait changer car elle est parfaite. L’omniprésent Pedro Pascal est Mr Fantastique et il fait le taff, lui qui squatte actuellement tous les écrans. Joseph Quinn en Torche humaine et Ebon Moss-Bachrach en Chose font le taff. Les 4 acolytes sont sobres, sérieux, pleins de bons sentiments, des vrais héros des années 60. Et puis le film est bien réalisé, sans vraiment de fantaisie, les producteurs ont choisi de ne pas prendre de risque, ils ont eu raison. Le rythme est gentiment plat avec des fulgurances d’action assez sages, c’est sérieux. Et surtout ça fonctionne.
A l’heure où les salles obscures sont remplies de blockbusters avec Jurassic World, F1 et Superman, le risque de trop plein était prévisible. Mais les 4 Fantastiques est une vraie réussite, c’est surprenant, c’est une très bonne surprise, je n’étais pas le dernier à craindre la catastrophe. Cette vision des années 60 donne une vraie dimension épique à ces 4 héros intrépides, vivement la suite, car la scène post-générique de fin annonce la couleur, Avengers Doomsday sera juste immanquable…
Synopsis: Avec pour toile de fond un monde rétro-futuriste inspiré des années 1960, “ Les 4 Fantastiques : Premiers pas ” de Marvel Studios présente la première Famille Marvel : Reed Richards/M. Fantastique, Sue Storm/La Femme Invisible, Johnny Storm/La Torche Humaine et Ben Grimm/La Chose alors qu’ils affrontent leur plus grand défi.