Critique : Si le cinéma déborde d’intérêts, l’une de ses plus belles beautés est celle de nous pousser à revoir autrement la perception de choses que l’on croit connaître, comme notre vision de la nature. Comment ne pas vouloir se promener au cœur des forêts des Vosges après avoir vu ce « Chant des forêts », magnifique documentaire qui arrive cette semaine dans les salles de cinéma belges ? Il faut dire que le travail de Vincent Munier prend facilement, liant superbement la beauté de ses images naturelles avec un rapport personnel qui le voit discuter avec son père et son fils, dans une direction familiale touchante dans le rapport à la transmission et aux souvenirs forestiers.
Ce parti-pris peut sembler autre par l’éloignement des forêts qu’il pourrait faire craindre mais, au contraire, la sincérité des échanges conduit à une autre forme de proximité, ramenant la vision humaine du merveilleux naturel dans la façon de capter ces images magnifiques. Le travail d’immersion est alors des plus saisissants, bien porté par des plans à tomber mais également un mixage sonore nous renvoyant au milieu de ce décor impressionnant. La vie animale s’y retrouve magnifiée, retrouvant un air que l’on peut oublier dans les grandes villes ainsi qu’une obligation à contempler ces créatures dans un écosystème constamment mis de côté et méritant pourtant notre soutien en ces temps où l’on détruit constamment la nature à petit feu.

Ainsi, « Le chant des forêts » se révèle un très beau documentaire qui se doit d’être découvert sur le plus grand écran possible. La façon dont Vincent Munier nous immerge dans ces forêts nous renvoie à une fascination de la nature nécessaire en ces temps de pollution constante. En nouant transmissions de récits sur ces lieux et images de vies des créatures qui le peuplent, le film se dévoile comme un titre où les existences se perpétuent par la magie de l’image, visions d’une magnificence qu’on oublie trop souvent et qui devrait pourtant se voir ramenée à sa beauté la plus pure et enivrante.
Résumé : Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au coeur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.
