Critique : Ce qui est passionnant avec le cinéma de Martin Scorsese, c’est sa manière de pousser encore et encore à l’analyse de ses œuvres, même quand on croit avoir poussé au bout la réflexion. C’est donc avec un intérêt des plus grands que nous nous sommes plongés dans « Scorsese, cinéaste rock » et c’est avec un plaisir tout aussi égal que nous avons apprécié notre lecture, bien aidé par la façon d’approcher sa thématique avec une rigueur équivalente à un style d’écriture particulièrement prenant, qui devrait convaincre une audience particulièrement large et pas uniquement les fans du réalisateur.
Christophe Deniau propose une analyse particulièrement solide par son angle, rappelant la nature essentielle de la musique dans la filmographie de Scorsese. Film par film, l’auteur parvient à brosser des connexions réflexives particulièrement grisantes intellectuellement tout en happant par son approche musicale. La fine plume permet de rappeler les liens avec l’intimité d’un réalisateur qui avait su se réapproprier son milieu musical pour permettre un développement analytique fouillé qui mérite largement le coup d’œil. On en vient à redécouvrir les questionnements bouillonnants du metteur en scène, notamment sur son expérience mal vécue de « New York, New York », marquant des tensions permanentes dans ses idées et son fond musical.
Disponible à partir du 4 septembre chez Les Impressions Nouvelles, « Scorsese, cinéaste rock » offre un angle creusé jusqu’au bout et permettant de donner une nouvelle image particulièrement riche d’un des meilleurs metteurs en scène de l’histoire. En rappelant la nature essentielle de la musique dans le cinéma de Martin Scorsese, Christophe Deniau réussit à accentuer l’intérêt pour son travail et créer une connexion chez un auteur tellement sacralisé par certains qu’on en oublie trop facilement l’accessibilité de son cinéma, pourtant aussi populaire dans l’approche qu’artistiquement abouti dans la forme comme dans le fond.
Résumé : Martin Scorsese a toujours entretenu des liens forts, avec la musique en général et le rock en particulier. Le réalisateur est un mélomane averti, un grand collectionneur de disques et un fan maniaque de musique. Il en écoute tout en concevant ses scénarios, trouvant des idées et des images basées sur ce qu’il entend. En fait, il partage avec ses personnages cette fascination ambiguë pour le monde du spectacle, et cette obsession se matérialise bien souvent sur pellicule par l’amour que ses héros portent eux aussi à la musique.
Son travail de cinéaste lui a permis d’assouvir cette passion et de collaborer avec les plus grands artistes, dont Bob Dylan, Peter Gabriel, The Rolling Stones, The Clash, U2, David Bowie ou encore Michael Jackson, dont il a réalisé le clip « Bad ». Le livre évoque sa relation avec chacun de ces artistes et explique pourquoi les chansons populaires et surtout le rock’n’roll, qui formaient le fond sonore ininterrompu de son enfance, ont marqué toute sa filmographie.
