Critique : 2025 aura connu deux adaptations de Stephen King s’attaquant toutes deux à la gamification de la mise à mort humaine. Et là où Edgar Wright aura cherché un résultat pop dans son « Running Man » (pour le meilleur comme pour le pire), Francis Lawrence aura préféré une sobriété salvatrice avec ce « Marche ou crève » particulièrement brutal. Il faut dire que le réalisateur est rodé avec les quatre (et bientôt cinq) volets de la saga « Hunger Games » qu’il a réalisés, dystopie adolescente dont l’intelligence mérite d’être soulignée. Ici, il parvient à rester fidèle à son parti pris pour mieux capter la destruction progressive d’une jeunesse américaine.

Là où les « Hunger Games » jouaient régulièrement de l’image télévisuelle, « Marche ou crève » préfère prendre le temps de rester continuellement avec ses protagonistes. C’est sans aucun doute la plus grande réussite du film : conserver un soutien fort pour ses personnages, et ce malgré l’issue que l’on sait inéluctable pour ceux-ci. Le jeune casting se révèle brillant d’humanité, avec la lumière évidemment sur les principaux acteur Cooper Hoffman et David Jonsson. Le travail sur la camaraderie et le soutien que se confèrent tout ce groupe de jeunes hommes rend les mises à mort plus déchirantes encore, donnant du corps à ces individus et à l’absurdité de les mettre à mort pour du divertissement futile.

Cooper Hoffman as Garraty and David Jonsson as McVries in The Long Walk. Photo Credit: Murray Close

Mais la gestion du décor mérite également d’être soulignée par sa manière de filmer une Amérique pas si futuriste que ça. Le côté bucolique et la pauvreté des lieux renforce la précarité du pays ainsi que le besoin économique de se sacrifier pour espérer obtenir de quoi non plus survivre mais vivre. Francis Lawrence capte alors toute cette americana avec un vrai regard empathique, renvoyant la figure adulte à une militarisation destructrice tout en se permettant de donner un peu plus de liant sur certains points afin de mieux renforcer sa caractérisation.

On pourra regretter alors les avis mitigés sur ce « Marche ou crève » qui assume totalement son côté politique pour y insérer une volonté d’espoir humaniste, seul refuge possible face à la brutalité des actions de ses dirigeants. Quand la camaraderie se retrouve confrontée à la violence froide d’une société en quête de contrôle permanent sur ses jeunes habitants, le résultat y trouve une cruauté ainsi qu’une sobriété à l’avenant thématiquement.

Résumé : Le jeune Garraty va concourir pour  » La Longue Marche « , une compétition qui compte cent participants. Cet événement sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi…