Critique : La recherche de l’épanouissement émotionnel est permanente, se voulant même le but ultime comme renforcé par les fictions amoureuses. Nous étions donc curieux de découvrir « Pillion », auréolé de très bons retours et traitant de ce besoin d’être reconnu par l’autre par un rapport de domination constante. La première chose que l’on en retient, c’est la manière dont le duo principal fonctionne bien, l’alchimie entre Harry Melling et Alexander Skarsgard étant indéniable. Sans trop en dévoiler, le second parvient aussi bien à jouer de son pouvoir de charisme qu’à dévoiler par instants des contours plus doux, une tendresse inattendue qui parvient à donner un autre ton au long-métrage.

La caméra d’Harry Lighton réussit à donner corps à ces questions de domination, tout en évitant le trop cru pour mieux chercher à appréhender les envies de son personnage principal à se faire voir par l’obéissance. Il s’y crée par moments un côté pince sans rire, une tonalité toujours proche de la bascule mais voulant servir au mieux les questionnements de ses protagonistes. Certaines ruptures créées par le montage renforcent ce sentiment, que ce soit d’un point de vue comique ou dramatique. Il est juste dommage que le film ne soit pas plus dans la transgression ou du moins plus à même dans ses questions de consentement, laissant une petite déception à ce sujet, bien que la conclusion renforce l’idée d’une certaine affirmation personnelle à ce niveau.

On appréciera donc la façon dont Harry Lighton cherche avec « Pillion » à réinterroger les codes relationnels par le biais d’un lien de domination. Par sa mise en scène plus subtile qu’attendue (bien qu’un peu plus d’audace aurait pu faire exploser le long-métrage différemment) et son très bon duo d’acteurs, le film parvient à toucher cette envie de reconnaissance sentimentale par l’autre, une façon de ressortir un certain attrait de la notion de couple dans le quotidien morne britannique. Cela n’est peut-être pas révolutionnaire mais il y a de quoi en faire une proposition entre le drame, la romance et une certaine comédie amère intéressante par sa juxtaposition de tons.

Résumé : Colin, un jeune homme introverti, rencontre Ray, le séduisant et charismatique leader d’un club de motards. Ray l’introduit dans sa communauté et fait de lui son soumis.