Critique : L’influence d’Alfred Hitchcock sur le cinéma contemporain ne finit pas d’être mesurée et ce de manière logique : la maîtrise du visuel et du storytelling chez le réalisateur britannique mérite largement de se voir étudiée encore et encore tant ses œuvres arrivent à assurer le divertissement avec une part artistique non négligeable. Il y avait donc une curiosité logique à voir ce que « Crime du 3ème étage » pouvait proposer dans cet hommage totalement assumé et cherchant à inscrire quelques obsessions du metteur en scène, notamment son rapport au couple. Bien que le résultat soit sympathique dans ses meilleurs moments et dispose d’idées passionnantes, le résultat final nous laisse malgré tout une sensation de trop peu, et pas seulement que par une recréation numérique du réalisateur pas très réussie et amoindrissant surtout un de ses meilleurs moments de suspense.
Les parallèles fictionnels entre cet auteur en panne et cette professeure de cinéma trouvent une pertinence narrative forte, notamment en confrontant ces facettes de fiction avec l’angle théâtral par la représentation menée par l’antagoniste. Ce triangle d’approche nourrit les questionnements sur la porosité réel/fictionnel et atteint même un certain ludisme visuel à certains moments, renvoyant à notre propre nourriture créatrice. Malheureusement, la tension retombe souvent sur le film, ne serait-ce que par son mystère qui se retrouve vite éventé (même par les personnages). La mise en scène aurait même pu accentuer l’amusement du film, que l’on ressent dans le trio principal d’acteurs et le rapport au couple qui sous-tend la narration. La reconstruction potentielle de ces amants divisés s’inscrit évidemment dans les questions amoureuses chez Hitchcock et s’avère sans doute la part la plus réussie d’un long-métrage qui aurait pu et dû faire plus.

C’est pour cela que l’on sort en partie amusé par ce « Crime du 3ème étage » tant il charrie des points d’intérêt et une forme de métatextualité qui divertit grandement jusque dans son climax. Malheureusement, cela aurait mérité plus d’aboutissement dans ses idées pour réellement aboutir à plus qu’un hommage assez amusant mais par instants vain. C’est regrettable tant l’inclusion de ses points hitchcockiens et autres points d’approches fictionnels sont assez bien inscrits dans le récit pour éviter les simples clins d’œil de fan mais cela ne se concrétise jamais totalement. Reste à voir ce que le grand Alfred aurait pensé du résultat…
Résumé : Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3 e étage ?
