Critique : Il est passionnant de voir que la résurgence des films de monstres amène son vent de rééditions de Kaiju Eiga en éditions physiques. C’est le cas de ce coffret « Gamera » édité par Roboto films et se concentrant sur la première partie des années Showa, c’est-à-dire les trois premiers films Gamera sortis en 1965, 1966 et 1967. Cela permet aussi de découvrir une créature plus souvent dans l’ombre de Godzilla aux yeux du grand public (notamment car elle a été conçue en réponse au succès du film d’Ishiro Honda) mais qui a quand même beaucoup de valeur par son spectacle particulièrement amusant.

Le premier opus parvient à poser des bases sympathiques et à éviter de trop coller à ce que faisait la concurrence. Ici, le ton désabusé de Honda laisse place à quelque chose de plus optimiste avec une forme fonctionnant dans son approche des effets. Les amateurs de maquettes en auront pour leur argent, tout comme les fans de monstres géants. Si l’on aurait aimé un poil plus d’épaisseur au scénario, il y a un vrai plaisir communicatif dans la mise en scène de Noriaki Yuasa, faisant avec les moyens du bord du spectacle de Kaiju assez prenant. C’est l’occasion de souligner que la restauration 4K des disques de Roboto parvient à accentuer l’approche visuelle et même à diminuer ses quelques aspects moindres pour souligner tout le plaisir de son spectacle.

Dans « Gamera contre Barugon », notre créature héroïne revient malgré son séjour imposé sur Mars pour protéger le Japon dans un titre surprenamment plus brutal que son prédécesseur. Le passage à la couleur accentue les contours des créatures mais renforce d’autant plus la tonalité du film. La dramaturgie est plus soutenue, les moyens plus visibles et l’on se laisse encore plus prendre par sa façon de traiter ses protagonistes ainsi que son divertissement. Les affrontements plus durs accentuent une part réaliste alors même que la mise en scène des créatures va dans une direction plus iconique, ce qui en fait une suite différente mais néanmoins recommandable.

Il est alors regrettable que l’amusant « Gamera contre Gyaos » retombe un peu en comparaison, renforçant une vision plutôt enfantine du spectacle tout en allant dans un divertissement sympathique mais moins prenant. On appréciera la forme encore une fois mais l’intrigue se fait bien plus attendue, tout en regrettant une créature qui sente bien plus le costume que ses prédécesseurs. Néanmoins, le rythme est là, assez bon, et on ne peut qu’imaginer le plaisir que l’on aurait ressenti en découvrant ce titre enfant.

Ce coffret « Gamera : les années Showa – première partie » constitue donc un plaisir de Kaiju Eiga, avec des titres bien mis en avant par une technique exemplaire et un contenu fourni, comme la présentation des films par le toujours excellent Fabien Mauro, les interviews des responsables de supervision technique et autres suppléments qui en font une édition particulièrement riche et recommandable !

Résumés :

Daikaiju Gamera : Suite à une explosion nucléaire, une tortue préhistorique émerge de l’océan et détruit des villes au large du Japon. Son nom est Gamera.

Gamera contre Barugon : Barugon, créature reptilienne mythologique, ravage le Japon. Gamera, protecteur de la Terre, se mettra au travers de sa route…

Gamera contre Gyaos : Une créature volante nommée Gyaos terrorise le Japon en se nourrissant d’énergie humaine. Alors que des scientifiques essayent de comprendre l’origine de Gyaos, Gamera intervient pour sauver l’humanité.