Critique : Aussi codifié que soit le genre, c’est toujours un bonheur de regarder un giallo, ne serait-ce que par sa manière de gérer ses scènes de crime ou encore l’atmosphère unique qui a permis à divers titres de devenir des influences majeures dans le domaine horrifique. Le fait même de voir de plus en plus de ces films disposer d’une édition physique constitue également un vrai plaisir, que ce soit grâce à des sociétés comme Artus ou ici Carlotta avec cette « Tarentule au ventre noir », d’assez bonne facture dans sa globalité pour que son visionnage soit source d’un bon plaisir cinéphilique.
Démarrant immédiatement sur une mise à mort sensualisée renforçant le lien étroit permanent dans le courant entre le charnel sexuel et morbide (ainsi que la meilleure scène du long-métrage), le film de Paolo Cavara intrigue et parvient à bien maintenir cette tension avec un rythme assez constant, bien aidé par sa narration fluide. Le traitement de l’inspecteur Tellini parvient même à donner une autre vision de la morbidité du fond afin d’instiller un regard autre sur ces mises à mort et avec assez de psychologie pour donner un peu plus de corps à ce personnage. Il y a assez d’idées de mise en scène pour convaincre le public et l’on se trouve agréablement pris par cette heure quarante de film, porté également par la musique d’Ennio Morricone.

Il est donc plus qu’agréable de découvrir pareil giallo assez bien construit pour divertir, avec une restauration 4K qui lui accorde assez de modernité pour fonctionner d’autant plus. Donc même si « La tarentule au ventre noir » ne révolutionne rien dans le domaine et aurait mérité un peu plus de singularité, la bonne facture de tous ces ingrédients en fait un titre à regarder et à apprécier grandement, parvenant à s’inscrire pleinement dans le mouvement avec ce parfum si prenant du genre et assez de bonnes idées pour justifier sa découverte.
Résumé : L’inspecteur Tellini est sommé de résoudre une affaire de meurtre particulièrement sordide. Il apprend que la victime, Maria Zani, était la cible d’un maître-chanteur qui menaçait de révéler l’infidélité de la jeune femme à son époux. D’abord soupçonné, ce dernier engage un détective privé pour retrouver la trace de l’extorqueur. C’est alors qu’un nouveau crime survient, au mode opératoire similaire : le tueur paralyse ses victimes féminines à l’aide d’une aiguille d’acupuncture avant de les éventrer…
