Critique : Alors que nous sommes dans une période économiquement troublée, il est impossible de ne pas assister aux conséquences des coupes budgétaires dans différents secteurs essentiels. On pense bien évidemment aux écoles et à la culture mais le milieu hospitalier se trouve également mis à mal alors qu’il devrait être en première ligne des intérêts actuels. C’est ce rapport qui nourrit en fond ce « Second Victims », long-métrage particulièrement tendu dans sa représentation du milieu médical et de la culpabilité qui le nourrit.
En captant peu à peu le bouleversement autour de ce qui aurait pu n’être qu’une simple erreur, Zinnini Elkington parvient à nous mettre à mal avec ce premier long-métrage particulièrement bien construit. On sent la bascule se faire peu à peu, renforçant l’immersion spectatorielle tout en nous imposant les conséquences d’Alexandra avec une implacabilité qui n’oublie pas son humanité. C’est sans doute le plus impressionnant dans pareil film : la façon de conserver ses doutes et son empathie à travers l’épreuve et l’envie de bien faire. Le professionnalisme se heurte alors à son humanisme, trouvant par son écriture une sensation permanente de réalisme jusque dans ses interactions et sa direction d’acteurs (Özlem Saglanmak est ainsi exceptionnelle).

« Chaque médecin a son cimetière » déclare un protagoniste, rappelant le poids porté dans le secteur médical et rappelant que derrière chaque erreur se trouvent d’autres victimes. « Second Victims » se révèle alors absolument remarquable par son traitement du milieu et sa manière de condenser en son sein tout ce qui fait la fragilité du travail médical. C’est une immersion profonde, douloureuse mais surtout admirable qui démontre tout le talent de sa réalisatrice et scénariste par son humanisme permanent, entre brisures et erreurs qui hantent durablement.
Résumé : En raison d’un manque de personnel, la compétente docteure Alexandra (Özlem Saglanmak, connue pour son rôle dans la série Borgen) se trouve contrainte d’assurer deux gardes à la fois aux urgences. Mais quelques minutes après avoir renvoyé chez eux le jeune patient Oliver et sa mère (Trine Dyrholm) faute de temps, Oliver est victime d’un accident vasculaire cérébral qui met sa vie en danger. Alexandra commence à douter d’elle-même lorsque la culpabilité et les reproches résonnent dans les couloirs de l’hôpital. Elle est confrontée aux conséquences, également émotionnelles, d’une erreur médicale.
