Critique : Avec comme point de départ l’adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre, on peut craindre certains a priori d’approche, notamment dans le rapport visuel. La question d’enfermement par la limitation de décor s’avère par exemple une interrogation importante dans la mise en scène, nécessitant de se demander comment gérer cette logistique pour conserver une énergie cinématographique. Pour le coup, on ne pourra pas reprocher à « Chers parents » un rythme bien mené dans cet aspect, trouvant comment aborder son décorum de domicile faussement paisible pour mieux y illustrer les tensions inhérentes à son point de départ.

En adaptant sa pièce sur grand écran, Emmanuel Patron réussit à lui conférer une dynamique prenante et amusante qui fait passer très rapidement son heure vingt de durée. Le casting principal convoque intelligemment l’ébullition sentimentale au sein de sa cellule familiale et de sa mise à distance par le gain d’une grosse somme au loto. L’écriture, directe, joue de ces confrontations que l’on a pu connaître dans pareil contexte intime, notamment quand on a des frères et sœurs. De là naît le nœud principal : cette opposition générationnelle entre parents et enfants adultes qui voient leurs propres doutes se péricliter alors qu’ils s’interrogent sur leurs propres responsabilités. Tout cela joue d’une comédie par moments attendue mais dont les fils fonctionnent bien, nourris notamment par une maîtrise de dialogues bien marqués et parvenant à renforcer les thématiques narratives avec un certain mordant.

Si « Chers parents » se base sur des points de récits conventionnels et attendus, force est d’admettre qu’Emmanuel Patron parvient à les alimenter avec une dynamique drôle et soutenue, bien aidée par son casting. On en vient à se rappeler que l’énergie du théâtre peut clairement briller dans l’adaptation sur grand écran quand on en conserve ses mises en tension avec une vraie affection pour ses protagonistes, jusque dans leurs failles les plus béantes mais néanmoins compréhensibles.

Résumé : Quand Alice et Vincent Gauthier convoquent en urgence leurs trois enfants, la fratrie débarque affolée craignant le pire … mais, bonne nouvelle, leurs parents ont en fait touché le Jackpot ! Le problème : ils ne comptent pas leur donner un centime.