Critique : Les films de momie semblent être un sous-genre voué à disparaître, écrasé par le poids de la saga d’action de Stephen Sommers avec Brendan Fraser. Il suffit de voir le peu de titres récents s’orientant dans ce courant ou l’échec monumental du film avec Tom Cruise il y a bientôt 10 ans pour reconnaître que les bandages ne sont peut-être pas faits pour sortir du sarcophage. Pourtant, Lee Cronin tente sa chance avec ce « Réveil de la Momie », qui plonge dans une horreur familiale pour mieux en défaire ses contours avec une horreur graphique rappelant son long-métrage précédent, « Evil Dead Rise ». Pourtant, cette sortie physique nous rappelle surtout que le titre est sans doute trop long pour son propre bien, malgré des idées plus qu’intéressantes.

L’intrigue démarre en s’inscrivant pleinement dans le décorum égyptien et en posant la question de la perte, la disparition de Katie marquant durablement sa famille tout en interrogeant sur la reconstruction possible lorsqu’elle est retrouvée. Le mystère, bien qu’un tant soi peu évident au vu des pistes posées, parvient à intriguer, et la manière de gérer le body horror fonctionne par son horreur graphique. Ainsi, pour chaque couche perdue, c’est une nouvelle fracture dans le schéma familial qui se dessine, et ce jusqu’à des morceaux rappelant sans problème ce qui fait le sel de la saga « Evil Dead », avec des parties au gore grotesque qui ne diminue pas la brutalité de son effroi. Malheureusement, le récit finit par patiner et sa durée de plus de deux heures dilue l’attrait, à force par moments de vouloir faire croître sa menace jusqu’à une double fin qui se permet d’enlever la potentielle noirceur du récit par la facilité de sa résolution.

Il y a de quoi bien grincer des dents vu la sécheresse des moments les plus graphiques du « Réveil de la Momie ». Malheureusement, son intrigue aurait mérité d’être plus resserrée et de plus assumer sa méchanceté pour faire totalement aboutir ses idées. Cela n’empêche pas le film d’avoir ses très bons moments et de quoi faire plaisir aux amateurs d’effroi bis et brutaux, mais il reste dommageable, pour une œuvre qui s’annonçait plus brutale, de ne pas aller au bout de ses ambitions et de ne pas faire plus de sa mythologie fantastique. On est loin d’être au bout du rouleau de bandage malgré tout et on se demande si le prochain film de Lee Cronin ira plus loin dans sa violence horrifique.

 Résumé : La jeune fille d’un journaliste disparaît dans le désert sans laisser de trace. Huit ans plus tard, la famille brisée est bouleversée par son retour, mais la joie des retrouvailles se transforme en véritable cauchemar.