Stanislas: Un film avec du réalisme mais sans pudeur (Note: 2/5)

Florian Zeller adapte sa pièce de théâtre Le Père à la sauce anglo-saxonne. Créée en septembre 2012 au théâtre Hébertot avec Robert Hirsch dans le rôle titre d’André, 88 ans (l’âge du comédien lui-même), la pièce devient un film doublement oscarisé pour récompenser le scénario adapté par Florian Zeller et la prestation d’Anthony Hopkins. Salle de cinéma remplie de personnes âgées, personnage à l’esprit qui se fracture, le film pose la question de l’universalité du sujet. A-t-on vraiment envie d’assister au spectacle d’un esprit qui se délite? Même s’il faut arriver à la fin du film pour comprendre les véritables enjeux d’un esprit aux feuilles qui s’envolent, avec fin de la lucidité, perte de la mémoire, images qui se confondent, le spectateur comprend dès les premières minutes que les images à l’écran ne sont pas vraiment la réalité du personnage, prénommé Anthony comme l’acteur. Avec le constat sans appel sur la sénilité qui nous pend tous au nez. Combien même volontaire et décidé, le personnage d’Anthony se bat contre des moulins à vent, il réclame le respect, mais il n’est plus en mesure de faire la part des choses. Les pièces de son appartement changent d’ordonnancement presque d’un plan à l’autre, les heures se brouillent, des scènes semblent incessamment répétées, signe manifeste de la perte de son sens commun. C’est bien fait et les procédés stylistiques interrogent de manière pertinente sur l’effet produit pour n’importe qui concernant la fin de l’autonomie. Qui est qui peut se demander le spectateur jusqu’à obtenir la confirmation finale du pourquoi de ce brouillage perpétuel. Anthony Hopkins mérite 100 fois son oscar, mais le spectacle n’est pas drôle du tout, jusqu’à l’impudeur peut-être. Voir un homme qui se noie en lui-même, qui se bat sans pouvoir inverser le cours des choses, c’est d’une tristesse insondable. Jusqu’à se demander si ce spectacle mérite un tel film, même bien scénarisé, même très bien joué. Pour un retour au cinéma, j’ai été bien servi, pas vraiment le feu d’artifices attendu.

Bert: à venir