Autant le dire tout de suite, je ne comptais pas forcément voir ce film, mais son succès inespéré en salle m’a donné envie de tenter l’expérience. 2 truands tentent d’échapper à la police après un braquage, ils se savent recherchés, alors le bus rempli de personnes en situation de handicap leur semble un bon plan pour filer en, douce. Le film se joue sur le décalage entre les 2 malfrats et le groupe, Artus joue le handicap pour se mêler à la foule. Et c’est tout le nœud de l’affaire, les personnes non handicapées cachent toutes quelque chose pendant que le groupe est au premier degré, ils n’ont pas de filtre et tout l’humour du film tient à cette différence entre l’apparence et le moi profond de chacun. Alors les péripéties sont rigolotes, voire charmantes, ça ne vole pas bien haut mais ce n’est pas l’enjeu. Le moment de cinéma n’est pas désagréable, c’est une comédie qui tourne en dérision l’hypocrisie ambiante face à ces personnes en situation de handicap qui assument ce qu’ils sont au sein d’un groupe. Les paysages sont beaux, l’humour est constant et l’émotion s’insinue dans le tableau à la faveur de scènes effectivement très touchantes. Le film est une belle preuve que ce n’est pas la peine de brosser tout le monde dans le sens du poil au risque de choquer, le film enchaine les scènes où chacun en prend pour son grade, et c’est franchement drôle. Dans une société qui refuser la dérision, c’est une sorte de bouffée d’air frais, les chiffres de la fréquentation sont là pour le prouver. Donc bravo Artus.

Synopsis:
Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des emmerdes et d’une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.