
Woman and Child est un film iranien réalisé par Saeed Roustaee, réalisateur déjà à l’origine des pépites La loi de Téhéran et Leïla et ses frères, de quoi préjuger du meilleur. Et le résultat est à la hauteur de attentes avec un véritable tourbillon d’émotions vraies qui collent si bien à un cinéma iranien devenu l’égal du cinéma coréen dans sa qualité indéfiniment renouvelée, de quoi donner des leçons à un cinéma européen trop souvent convenu et facile, en un mot commercial. Cette histoire de mère est appelé à faire partie du Top film 2026, rien que ça.
Une histoire d’amour maternel forcément excessif
Le film tourne autour du personnage de Mahnaz (Parinaz Izadyar vue dans La loi de Téhéran), mère, infirmière et amoureuse de Hamid (la superstar Payman Maadi), ambulancier talentueux et charmeur. Le début du film tourne autour du fils de Mahnaz, Aliyar, turbulent, irrespectueux de tout et que sa mère aime d’un amour forcément total, de quoi lui voiler les yeux sur le caractère impétueux de son rejeton. La vie s’écoule autour des exclusions scolaires et des exploits de Aliyar dans des scènes qui montrent le quotidien iranien où un Ayatollah ne se cache pas derrière chaque arbre. Les écoles sont comme partout ailleurs, les hôpitaux peuvent être modernes et équipés, et des vieilles 405 roulent dans les rues encombrées de véhicules. Mahnaz est amoureuse et veut convoler en justes noces avec Hamid. Mais la vie n’est pas simple et les exploits de Aliyar vont lui apporter des ennuis, forcément. Et l’existence de Mahnaz va se transformer en cauchemar éveillé. Intérêt croissant de Hamid pour une autre femme, désaffection des proches et désirs de vengeance vont embuer l’existence de Mahnaz de nuages gris et hostiles. Le film se déroule comme un temps ensoleillé devenu tout à coup orageux jusqu’à ce qu’une tempête emporte ses derniers éclats de raison, de quoi fasciner le spectateur stupéfait par le cours des évènements. Avec pour liant continu de l’émotion pure, comme dans le récent Un simple accident primé à Cannes, également réalisé par un iranien, de quoi montrer que les réalisateurs de ce pays lointain n’hésitent pas à faire écho à l’existence corsetée d’habitants sous la coupe d’un régime sans pitié, de quoi imprégner toutes les œuvres cinématographiques. Et puis les femmes, voilées, travaillent, conduisent, aiment et souffrent, elles sont au centre du cinéma iranien avec leurs beautés persanes uniques et leur caractère de fer.
Woman and Child dépasse en qualité tout ce que le cinéma a offert depuis début janvier 2026 et la scène finale est un chef d’œuvre d’émotion, le retour à la réalité de l’amour qui devrait toujours être présente et jamais oubliée, une belle leçon.
Synopsis: Mahnaz, une infirmière de 45 ans, élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Lorsqu’un un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation…