Critique : On aime découvrir des réalisateurs de talent par la grâce d’éditions physiques de qualité. C’est très souvent le cas avec l’éditeur Artus, qui sort ici deux films du remarquable Alexandre Ptouchkho. Nous reviendrons sur son dernier long-métrage, « Rouslan et Ludmila », dans une future chronique, mais il est intéressant de noter que le metteur en scène est plutôt reconnu pour ses adaptations de contes fantastiques et de récits amples, ce qui renforce notre curiosité quand on découvre ces « Voiles Écarlates ». Il y a un sentiment d’irréel dans la manière de traiter cette romance mais cela se fait avec un aspect plus accessible narrativement, mais surtout une approche visuelle renversante dans sa gestion des couleurs et sa luminosité à tomber.
Le romantisme étreint dans chaque image, avec un choix de cadre où nait la rêverie amoureuse, le pouvoir esthétique du sentiment explosant dans ses images. La gestion de la profondeur de champ parvient à charrier toute la puissance de l’outil cinématographique pour transposer le roman d’Aleksandr Grin et donner corps aux émois de son récit. Les visions de la mer sont prenantes, soulignant une vision de l’eau comme espace de rêveries et d’espoirs mais également écrin échappatoire. On se laisse donc prendre par la façon de gérer son histoire d’amour avec un premier degré quasi naïf mais hautement vibrant, sublimé par la restauration 2K disponible sur cette édition. On soulignera la possibilité de le voir dans un autre montage en 1.37 sur le disque Blu-Ray.

Porté par la beauté du conte romantique, « Les voiles écarlates » est un trésor visuellement renversant, soulignant bien la maîtrise technique d’Alexandre Ptouchkho pour faire vivre dans ses cadres la beauté du sentiment amoureux dans ce qu’il a de plus pur et irréel. Son traitement du décor et sa façon de pousser les curseurs cinématographiques jusqu’au bout rappellent la puissance visuelle du septième art pour transcender les émotions et les espaces avec un éclat bien à lui. Cela en fait une belle porte d’entrée pour un cinéaste d’exception mais également un bon rappel que le sentimentalisme a toute sa place dans cet espace de rêve qu’est le cinéma.
Résumé : Dans un petit village, le marin Longrin élève seul sa fille Assol depuis la mort de sa femme, fabriquant pour vivre des petits bateaux en bois. Les deux sont la risée de tout le pays depuis qu’Assol raconte qu’un ermite, Aigle, lui a prédit que le capitaine d’un bateau aux voiles écarlates viendrait la chercher. Bien loin de là, le jeune Arthur vit dans le château de sa famille. Il y déteste l’ambiance aristocratique et rêve d’aventures en mer. Chassé par son père, il s’engage comme mousse.
