Critique : Alors que l’adaptation de « Resident Evil » par Zach Cregger aura énervé des fans très sensibles (et aimant s’offusquer aux moindres changements dans un registre d’adaptation), le second volet de « Mortal Kombat » arrive chez nous en édition physique après un premier volet qui aura particulièrement divisé, ne serait-ce qu’en ne reprenant pas un format de championnat qui convenait à la licence. On pourra alors rétorquer qu’il y avait une envie de réintroduire la licence mais cela se faisait avec un protagoniste principal plutôt transparent, ce qui amoindrissait le plaisir induit par les quelques bons moments de ce volet, en particulier une introduction plutôt sympathique.
Quid alors de cette suite ? Il est évident que les plaintes ont été entendues, notamment par l’intégration du personnage populaire de Johnny Cage ou un format narratif convenant plus à celui des jeux. Néanmoins, le tout manque de subtilité, se révèle par moments trop long par sa manière d’enquiller les points attendus ou de vouloir créer des moments chocs au final peu surprenants. L’amateur de cinéma pourra alors râler, à raison, car le tout manque de punch visuellement, et ce malgré quelques envies, comme ce faux film introductif avec Johnny Cage qui cherche à reprendre l’ambiance des bonnes séries B des années 90 (un point qui aurait sans doute mieux convenu au titre actuel).

Néanmoins, la partie plus facile en nous se demande si le résultat ne mérite pas un peu d’égards par une certaine générosité graphique qui va jusque dans les mises à mort sanglantes et divers effets de maquillage plutôt solides. On aurait voulu que la mise en scène se mette au diapason de pareil travail technique, tout comme la narration aurait pu (dû ?) trouver un moteur plus équilibré, direct sans tomber dans du gras narratif inutile (ce qu’on peut faire dans une adaptation vidéoludique, comme a su le prouver Zach Cregger il y a quelques jours).
« Mortal Kombat 2 » ne manque pas de divertissement et s’approprie mieux les défauts du volet initial tout en se révélant trop convenu à bien des égards. Ses instants de combat, ses effets de maquillage et sa galerie de personnages le rendent bien plus plaisant que son prédécesseur tout en tombant malgré tout dans des points trop lourds pour qu’on puisse les ignorer, à l’instar de sa mise en scène pas toujours à la hauteur de ses promesses. À vous de voir comment vous adopterez le long-métrage, pas nanar mais loin du spectacle absolu, avec néanmoins ce qu’il y faut en brutalité et en mythologie de jeu pour avoir ne serait-ce qu’envie de reprendre la manette en main et retrouver le parfum sanglant inhérent à la licence…
Résumé : Les champions plébiscités par les fans – désormais secondés par Johnny Cage en personne – s’affrontent dans un tournoi ultime, sans foi ni loi, pour tenter de renverser le règne de Shao Kahn, un tyran qui menace l’existence même de l’Earthrealm et de ses partisans.

