Critique : La passion de Bérangère McNeese se retrouve dans chacun de ses rôles, une palette lumineuse qui transpire dans sa filmographie et en fait une personnalité artistique intéressante à suivre. La voir passer à la réalisation d’un long-métrage après des courts récompensés nous donnait donc très envie, surtout au vu du résumé de ces « Filles du ciel ». On peut donc affirmer que c’était un plaisir de découvrir pareil film, nourri d’une sororité bouillonnante éclatant dans ses quatre actrices principales et leur énergie, aussi bien individuelle que de groupe.

Le récit part d’Héloïse, ce qui permet une vision nouvelle sur ce groupe du Ciel, un appartement en dernier étage qui sert de cocon à cette bande de filles liées et survivant en marge de la société. La mise en scène parvient à donner corps à leurs envies et leurs doutes, avec un soin du détail que nous a souligné sa réalisatrice dans un entretien à lire prochainement. Elle parvient à leur donner de l’espace et à faire de ce lieu un fouillis de souvenirs ainsi qu’une bulle, un refuge face à la sécheresse d’un monde brutal envers les femmes.

Cette question transparait aussi dans les scènes de boites de nuit, où les jeunes femmes cherchent à s’approprier la vision que leur imposent les hommes pour mieux survivre financièrement, dans une porosité de jeu/danger qui transpire dans ce décor aux lumières accentuées. On sent ce besoin de représenter cette vision pour mieux lier nos héroïnes, créant une nouvelle forme de famille en parallèle du monde et des intentions qu’on leur dicte. Il suffit de voir comment le doute de la parentalité s’irrigue ici, créant un besoin de se retrouver dans les autres pour mieux être soi. Jamais le film n’est facile à ce sujet et il n’hésite pas à créer des renvois qui sont palpables dans leurs incertitudes, leurs coups bas et leurs envies.

Nous sommes donc sortis épris de ce beau premier film qu’est « Les filles du ciel », d’une dynamique générale qui vire vers les interrogations sociales sans oublier une certaine chaleur dans ses liens de protagonistes. Héloïse Volle, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya et Mona Berard donnent beaucoup de cœur et de lumière à un récit sororal, bouillonnant d’envies et de doutes pour mieux rendre tangible ce besoin d’acceptation dans pareille société. C’est un beau film de groupe ainsi qu’un premier long-métrage rempli d’affection pour ses héroïnes, de ceux qui font plaisir à voir en salle et qu’on a fortement envie de soutenir tant leur énergie transparait pour traverser l’écran.

Résumé : Héloïse n’a nulle part où aller. Elle fait la rencontre de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes. Héloïse va trouver là un nouveau foyer et une nouvelle famille. Mais leurs blessures passées menacent l’équilibre fragile entre ces femmes en apparence si solides.