Leviticus est le tout premier long métrage du réalisateur australien Adrian Chiarella, il a choisi de croiser sa passion de toujours pour le cinéma d’horreur avec des thèmes intimes et sociétaux qui lui sont chers. Pour cela, il s’est inspiré de la thématique controversée des thérapies de conversion à travers le monde pour servir de terreau fantastique au film. « Un film d’horreur raconte toujours l’irruption d’un monstre dans le quotidien des personnages, mais ce monstre est avant tout une métaphore. Il incarne généralement un traumatisme profondément réel », explique le cinéaste. Les 2 comédiens principaux ont le véritable âge des personnages, ce qui permet un ultra réalisme, une crédibilité augmentée et une vulnérabilité qui apparait à l’écran. Joe Bird n’est pas inconnu, il est apparu dans La Main (2023) et Stacy Clausen joue le 2e rôle principal. L’alchimie entre les deux jeunes comédiens est naturelle et transparait à l’écran. La proximité entre les 2 comédiens a permis au cinéaste de les pousser à improviser de nombreuses scènes d’affection sur le plateau pour que la caméra puisse capter leurs échanges de manière très libre et sans retenue. La cheffe décoratrice Bethany Ryan et le réalisateur ont eu à cœur d’utiliser une esthétique très post-industrielle et réaliste pour ancrer le récit dans une petite ville dominée par des usines et un grand cimetière. La nature sauvage n’est pas loin de cet univers humain très décrépi. Les clichés spirituels ne sont pas absents mais amoindris le plus possible à l’écran malgré l’impact très fort du personnage de prêtre un peu exorciste, un peu mystérieux. Les visuels du film sont à la croisée des chemins, à la fois gothiques, contemporains et immersifs pour un effet maximal sur les spectateurs pris au piège d’une tension horrifique constante, sans jamais savoir d’où va provenir le prochain danger. Le film a d’abord profité du programme australien de développement Originate puis a pris une nouvelle dimension grâce à la société de production Causeway Films, jusqu’à faire sa première mondiale lors de la sélection officielle du prestigieux Festival de Sundance. Pas de monstres dans le placard, le film se veut une réflexion sur l’ostracisme envers les minorités et le piège de l’intolérance, avec certes un aspect fantastique, mais au final tout se passe dans la tête des personnages, ce qui rend le propos d’autant plus réaliste et effrayant.

Synopsis: Deux adolescents doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus : l’un l’autre.