Critique : Il peut s’avérer ironique d’exprimer son plaisir à lire du bon polar noir dans des périodes où l’incertitude politique et les conflits mondiaux émaillent, mais on ne peut bouder son plaisir quand il s’agit de lectures assez bien menées et au rythme prenant. C’est le cas de ce « Traqué », que nous avons lu d’une seule traite et qui devrait ravir sans aucun souci les amateurs du genre par son développement narratif et sa manière de gérer sa fuite à bâtons rompus, dans une poursuite de vérité et de justice sur fond d’affaire médiatisée.

Le développement croisé de Simon Kepel et Talia Sorel permet un double point de vue assez salvateur dans le déroulé narratif. D’un côté, la fuite du soi-disant criminel amène une tension accrue tandis que de l’autre, la place de la négociatrice permet un recul d’investigation assez intéressant. La place accordée aux flash-backs et autres retours arrière pour mieux décrire certains événements nous a semblé un poil trop marquée pour réellement impacter le plaisir de lecture mais il n’empêche qu’ils sont pertinents dans ce qu’ils essaient de faire, que ce soit interroger la réalité d’une relation réécrite par les médias ou amener un sursaut d’action supplémentaire. La gestion des rebondissements a beau être parfois amenée avec de grosses ficelles, cela sert le propos d’un besoin constant de répondre à l’inquiétude populaire, quitte à balancer des innocents en prison pour mieux apaiser les tensions et parler de résolutions quand cela ne renforce que la peine des sacrifiés.

Mené tambour battant, « Traqué » s’avère un bon thriller à la construction solide et aux réorientations narratives logiques par les doutes personnels qu’ils amènent. On sent que la plume de Frank Leduc réussit à maintenir sa tension en plus de 400 pages avec un rythme des plus soutenu. C’est donc un bon cas de page turner, de roman que l’on démarre dans un train pour occuper le temps sans savoir à quel moment le lâcher correctement tant la fuite de ses protagonistes fonctionne et accentue sa course jusque dans ses dernières pages.

Résumé : Voilà dix ans que Simon Kepel purge une peine à perpétuité pour le meurtre de l’actrice Héléna Attias. Dix ans que Simon ne fait pas de vagues, cumule les bons points en prison, jusqu’à ce matin de décembre qui lui offre une miraculeuse possibilité de fuite.
Talia Sorel, négociatrice et commandante du RAID, connaît la statistique : 100 % des détenus qui s’évadent sont arrêtés. Kepel est seul, sans réseau ni ressources ; le rattraper est une question d’heures. Mais les jours passent…

Malmenée par certains membres de son équipe, Talia va devoir se fier à son instinct. Qui est véritablement l’ennemi qu’elle traque ? Quel est son profil psychologique ? Qu’est-ce qui le motive dans cette course qui paraît suicidaire ? Car Kepel a un but, et le comprendre est la clé de l’énigme…