Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vais vous parler d’un film ancré dans le paysage cinématographique de la science fiction. Un film culte, faisant partie de l’imaginaire collectif français : Highlander


Highlander est un film américain sorti en 1986 et réalisé par Russell Mulcahy. Il raconte l’histoire de Connor Macleod, un immortel traversant le temps et les époques à travers une quête qu’il partage avec d’autres immortels comme lui, les Highlanders. A la fin, il ne doit en rester qu’un. 


Un film facile mais plein de charme

En effet, avec un pitch aussi attrayant qu’original, on pouvait s’attendre avec Highlander à un superbe film de science-fiction repoussant les limites du genre et créant une véritable saga originale et sérieuse. Mais le métrage n’est pas ainsi fait. Avec un scénario extrêmement manichéen, une mise en scène hasardeuse et un jeu d’acteur médiocre, Highlander se rapproche plus d’un film de série B voir Z que d’un grand classique de la fantasy.


Alors pourquoi le film a t-il tant marqué les esprits et pourquoi celui-ci est il toujours aussi culte aujourd’hui ? 


Je pense qu’Highlander est un film purement générationnel, de par son casting, sa B.O, son ambiance, il s’inscrit parfaitement dans cet imaginaire collectif des années 80. Son style se rapproche beaucoup d’un Terminator, de l’action rythmée, un scénario manichéen et une bande originale survoltée, ici interprétée presque entièrement par Queen, ce qui contribue en très grande partie au succès du film. 


Highlander n’est certainement pas un bon film au sens objectif du terme. Le jeu d’acteur est tantôt surchargé, tantôt inexistant, on retrouve un Christophe Lambert qui déambule faiblement dans cet univers où il semble s’ennuyer. Le méchant du film, interprété par Clancy Brown est en permanence dans le surjeu et est d’un ridicule enfantin.

Il est méchant et ne va pas au-delà de l’archétype du bad guy, il est fondamentalement méchant et débile, il en devient complètement ridicule dans la dernière partie du film où il se contente de faire un rire machiavélique en commettant des exactions. Je pense que ce personnage est un gros problème car c’est lui qui donne cet impression de scénario excessivement manichéen au métrage, le grand méchant sans contraste, sans fond est ainsi complètement interchangeable avec n’importe quel méchant de film des années 80. 


Mais alors pourquoi ce film est-il aussi agréable à regarder ? 

D’une part pour sa B.O faite par Queen qui est totalement irréprochable, mais aussi et surtout pour ses intentions. Car même si celui ci frôle en permanence le nanar, Highlander est un film qui cherche à bien faire et qui se prend au sérieux, on sent une vraie volonté du réalisateur de faire un bon film.

Même si beaucoup des plans sont hasardeux et présentent une composition de l’image très brouillonne, le film a un charme certain, une patine très années 80 qui rend nostalgique le spectateur. Le réalisateur voulait, selon ses dires, faire deux mises en scènes différentes en fonction de l’époque présentée. Ceci explique l’impression de voir deux films différents selon que l’on soit au Moyen-Age ou dans le monde contemporain. Mais malheureusement, cette volonté de marquer le cinéma par une mise en scène originale ne fera que faire vieillir encore plus vite le métrage. 


Cependant, on ne peut pas fermer les yeux sur les défauts évidents du film. Le voyage à travers les époques est très mal exploité, seulement deux époques clairement présentées et pratiquement aucune mention d’un autre temps ce qui donne vraiment l’impression que le personnage de Connor a réellement la trentaine et non pas la sagesse d’un homme de 400 ans. Sean Connery apporte une réelle valeur ajoutée au film bien que son jeu soit très limite par moments. L’entrainement des deux personnages est très cliché et caricatural, les combats sont lourds et les bruits d’épées font partie des plus cheap que je n’ai jamais entendu et rendent les combats à la limite du dérisoir. 


Nous excuserons les effets spéciaux qui ont vieillis, mais plusieurs scènes sonnent vraiment fausses dans ce film au pitch si passionnant. Je pense notamment à cette fameuse scène de course sur la plage avec Lambert et Connery qui gambadent comme deux biches sur le sable. 


Highlander et son succès sont le résultat d’un alignement des astres faisant que ce film nanardesque de série B a réussi à conquérir le coeur de nombreux spectateurs par son ambiance et ses scènes cultes qui aboutiront à la création d’une véritable saga composée de 5 films. Le succès du film est peu compréhensible quand on sait qu’il fut un échec commercial au cinéma, sauf en France où il sera le septième succès de l’année 1986.

En effet, tout le succès du film s’est fait sur le marché vidéo, ainsi, pour un film sur VHS, Highlander passe pour un bien meilleur film, le public étant moins exigeant qu’au cinéma. Il fait partie de cette catégorie de films qui marchent beaucoup mieux en vidéo qu’en salle. On peut citer notamment Last Action Hero de John McTiernan, qui a bâti tout son succès sur la vente de VHS.


Highlander fait partie de ce que l’on appelle les « plaisirs coupables ». C’est un film objectivement assez mauvais mais qui réussi à charmer, ainsi, comme l’on apprécie un bon nanar, les imperfections d’Highlander le rendent touchant et lui permettent de marquer les esprits. 


Highlander est pour beaucoup une Madeleine de Proust, les fans lui pardonnent ses faux raccords et ses scènes très peu crédibles pour simplement apprécier un moment, une mythologie et se replonger dans un univers stimulant leur nostalgie. 


Le film divise énormément lorsqu’on regarde les critiques de celui-ci, en effet, les avis vont du meilleur film de fantasy à la mise en scène innovante à éternel nanar de la science-fiction. Parmi ses deux extrêmes, il faut se faire un avis sur ce film honnête, charmant mais peu qualitatif. La suite ne joue évidemment pas en la faveur du premier étant donné que toute la saga ne cesse de s’enfoncer dans le médiocre. Je ne peux pas juger la série tv ou le dessin animé qui me sont inconnus. 


Pour ce qui est de Highlander premier du nom, je vous invite à le revoir si vous souhaitez titiller votre nostalgie, mais à vos risques et périls car ce film culte a bien bien vieilli, faute à sa mise en scène douteuse. 


Highlander est la preuve qu’un film de série B peut avoir beaucoup de charme et que le caractère culte d’un film ne se retrouve pas seulement dans la perfection mais peut aussi se trouver dans sa médiocrité. Si vous souhaitez simplement revivre la nostalgie de ce film sans briser votre regard d’enfant, je vous conseille d’écouter la B.O de Queen qui elle pour le coup n’est clairement pas dépassée ! 

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