Critique : Il y a quelque chose de magique dans la saga « Insaississables », qui semble constamment revenir sur elle-même après un succès surprise en 2013. Le film de Louis Letterrier avait en effet trouvé son audience par son flot constant de retournements, et ce en dépit de quelques ficelles un peu grosses pour un tour de magie. Néanmoins, sa suite, sortie en 2016, avait mal capitalisé sur sa base de départ en cherchant tellement à surprendre qu’elle en basculait, étirant trop la suspension d’incrédulité pour réellement fonctionner. Alors sortir un troisième volet près de dix ans après ce deuxième opus en demi-teinte avait donc quelque chose de curieux, presque anachronique tant le cinéma américain a connu des changements dans son rapport au divertissement populaire.

C’est sans aucun doute pour cela que le début installe rapidement son nouveau groupe dans une mécanique connue avec une caractérisation sommaire mais assez directe pour fonctionner. La confrontation générationnelle avec les Cavaliers originaux aurait alors pu permettre une construction intéressante si elle ne reposait pas tant dans une forme de conflit assez vain entre jeunes arrogants et « boomers » incertains. Mais l’intérêt du film ne se trouve pas tant dans cet aspect que dans son traitement des tours et de son envie de justice, ce qu’il arrive à faire efficacement sans briller.

Woody Harrelson as Merrit McKinney, Jesse Eisenberg as Daniel Atlas, Dominic Sessa as Bosco, Dave Franco as Jack Wilder, Justice Smith as Charlie, Isla Fisher as Henley Reeves, and Ariana Greenblatt as June in Now You See Me, Now You Don’t. Photo Credit: Katalin Vermes

Le meilleur point se déroule lors d’un affrontement dans un manoir où chaque pièce est un tour en soi, avec ce que cela implique de perception de vision. Le réalisateur Ruben Fleischer semble s’amuser de cela mais ne parvient pas à aller plus loin, malgré des bases présentes pour plus. Après, on retrouve l’entertainer compétent de « Zombieland » plus que la platitude de « Venom », ce qui permet d’avoir un bon petit rythme assez marqué pour divertir sans trop de problèmes. Cela permet notamment de rendre le climax assez appréciable, par exemple quand il se permet d’inscrire plus durablement ses questions d’héritage au cœur de son attendu moment de révélations, rattachant les wagons entre ses groupes de personnages.

Pas révolutionnaire pour un sou, ce troisième « Insaississables » a de quoi faire plaisir après un deuxième opus bien en-dessous. Les détracteurs en auront pour leurs remarques narquoises, les amateurs prendront plaisir à retrouver leurs magiciens préférés avec un amusement qui se ressent également dans le casting, en attendant un quatrième opus promis par sa conclusion.

Résumé : Les Cavaliers sont de retour pour le braquage le plus impressionnant jamais imaginé ! Accompagnés d’un groupe de jeunes magiciens qui espèrent suivre leur trace, ils vont devoir repousser les limites de l’illusion pour orchestrer leur tour le plus spectaculaire : dérober le joyau le plus précieux du monde des mains d’une redoutable organisation criminelle…