Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vais vous parler d’un film culte pour le public et pour les cinéphiles, un film qui a révolutionné le genre horrifique et qui a insufflé les bases du slasher movie : Texas Chainsaw Massacre ! Le film culte, appelé Massacre à la tronçonneuse en France est inspiré d’une histoire vraie, celle d’Ed Gein, un tueur nécrophile et cannibale qui avait tué plusieurs personnes durant les années 50 au Texas. Tobe Hopper, le réalisateur, veut depuis sa plus tendre enfance réaliser un film d’horreur qui pourra choquer et dans lequel le public pourra se reconnaître.


Une révolution du cinéma d’horreur

Tobe Hopper, fervent consommateur de film d’horreur, connait parfaitement les mécanismes de la peur au cinéma. Admirateur de George Romero qui lui a donné envie de faire ce métier, il glisse même au cœur du film une référence à Night Of The Living Dead avec la phrase :

They coming to get you Barbara ! 

L’ambition de Hopper avec Massacre à la tronçonneuse est de choquer le public, il cherche alors à inventer une histoire assez terrifiante pour troubler l’esprit de milliers de personnes. Ainsi, il décide de mélanger l’histoire du boucher Ed Gein avec d’autres faits divers monstrueux pour créer son histoire d’horreur, l’histoire d’Ed Gein a également été utilisée en support à l’écriture de Psychose d’Hitchcock. L’histoire est simple et c’est cela qui rend le film impactant, un groupe de jeunes adultes en voyage dans le Texas tombent en panne d’essence et décident de passer la nuit dans une maison abandonnée, le petit groupe sera décimé par Leatherface, un tueur armé d’une tronçonneuse et portant un masque de chair.

Le personnage de Leatherface va devenir un mythe de la pop culture à la sortie du film et c’est alors que les slashers vont se démocratiser en utilisant la même construction scénaristique que Texas Chainsaw Massacre. Ainsi, avec l’aide de Black Christmas et d’Halloween, Massacre à la tronçonneuse invente le slasher. Si vous êtes intéressés par l’histoire du slasher je vous invite à lire mon article sur le sujet : http://culturaddict.com/halloween-premier-des-slasher-movies/


Une ambiance viscérale

L’ambiance du film est de loin l’une des meilleures que j’ai pu observer dans un film d’horreur. La façon de filmer et la colorimétrie donnent un ton jaunâtre au film et témoignent d’un réalisme bluffant. Ce qui rend le film incroyable c’est qu’il utilise son manque conséquent de budget, seulement 140 000 dollars, pour rendre le film encore plus effrayant. La qualité de l’image à la limite du found fortage, donne un effet de réalisme exacerbé au métrage.

L’absence de fioritures dû au budget réduit nous donne l’impression d’assister à un documentaire. L’ambiance viscérale est renforcée par la musique du film, quasi absente sauf lors de scènes d’horreurs et encore, celle ci se résume à des bruits et sons stridents, rappelant ceux d’une tronçonneuse. Le film m’a énormément étonné par son originalité et par sa violence. Certaines scènes durent très longtemps et semblent ne jamais s’arrêter comme la scène de l’auto stop qui m’a paru durer une éternité ou encore la course poursuite dans la foret qui pour le coup dure presque 10 minutes sans le moindre moment de calme.

Le montage du film m’a beaucoup plu, comparativement à d’autres slashers, j’ai trouvé celui de Massacre à la tronçonneuse plus pêchu, les meurtres s’enchaînant très rapidement. Le métrage semble ne jamais vouloir nous lâcher tout comme Leatherface avec Sally, après avoir subit une longue course poursuite on assiste à une longue et lente descente aux enfers du personnage qui découvre un univers de nécrophile ou aucune aide n’est possible.

Il est très intéressant de voir la critique que fait Hopper de l’Amérique et comment celle-ci amplifie le malaise du spectateur. En effet, le réalisateur montre que le mal ne vient pas forcement d’un pays étranger avec un régime communiste par exemple mais peut tout à fait venir de sa propre nation, la famille de nécrophile étant de pure souche américaine.

Le comportement de cette famille dégénérée vivant à l’écart de toute civilisation les rapproche presque de l’animal. Ce film pourrait donc avoir une portée politique avec notamment la métaphore de l’abattoir. Tout cet environnement crasseux et poisseux baigné de lumière jaunâtre montre une décadence et une sinistrose de l’Amérique profonde.


Un film choc

La volonté d’Hopper était de choquer le public et c’est exactement ce qu’il a fait. Le film a été interdit en France par cinq ministres de la culture successifs. Le métrage est ainsi connu pour être le film qui a choqué toute une génération. Il sortira d’ailleurs en France en VHS dans la collection : « Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision » aux cotés de Zombie, Evil Dead et Maniac.

Le film a eu un impact culturel sans précédent et est devenu l’un des films d’horreurs les plus importants de tout les temps, et l’on peut comprendre pourquoi en voyant tout ce qu’il a engendré ! L’industrie cinématographique d’horreur aurait certainement été bien différente sans Massacre à la tronçonneuse. Toutes les bases du slasher sont dans le film : un groupe de jeunes adultes, perdus dans un endroit isolé et pourchassés par un tueur à l’arme blanche solitaire et froid. Bien qu’étant fan de slasher j’ai apprécié le coté un peu plus sérieux de Texas Chainsaw Massacre qui ne rajoute pas le sexe et les histoires amoureuses à l’intrigue.


Une production complexe

Voulant faire le meilleur film possible avec un budget ridicule, Tobe Hopper mit à rude épreuve ses acteurs qui menaçaient de craquer à chaque instant, la chaleur étouffante du Texas rendait le tournage compliqué tandis que Hopper était intraitable avec ses acteurs. L’actrice principale, Marilyn Burns, fait une incroyable performance en hurlant les 3/4 du film avec une force étonnante. Ses cris entremêlés avec le bruit de la tronçonneuse développent une torture morale intense.

Malgré sa forte portée psychologique le film n’est pourtant pas gore et je trouve que c’est un tour de force que de choquer autant avec si peu d’horreur et de gore. Le film va devenir un monument et rendre célèbre les acteurs ainsi que le réalisateur qui demeuraient jusque là inconnus. Le film interdit en France pour cause de réalisme trop prononcé montre à quel point le métrage de Hopper est une performance de tension. Il est important de notifier que ce film a été tourné exclusivement avec des lumières naturelles.


Un métrage court mais efficace

Avec si peu de budget, il fallait forcément faire dans l’efficacité, Hopper opte alors pour une caméra épaule qui va amplifier le réalisme et l’impression de documentaire. Massacre à la tronçonneuse fait dans le court mais intense. Hopper nous propose ainsi 1 h 20 de chaos et ne laisse aucune place aux longueurs, faute de pellicule. J’ai trouvé le climax très épuisant, la tension ne se relâchant jamais. Il est intéressant de s’attarder sur le tout dernier plan du film, où l’on voit Leatherface s’énerver avec sa tronçonneuse au beau milieu du champ.

Dans un film d’horreur traditionnel, on termine l’intrigue par l’arrivée de la police et/ou la mort du tueur. Ainsi le spectateur retrouve sa sécurité et est alors apaisé. Ici, non seulement le tueur ne meurt pas mais en plus on nous laisse avec lui pendant que l’héroïne fuit. La coupe brusque et sans la moindre musique du film relève alors du coup de maître. Le film a bénéficié d’un travail du son époustouflant qui renforce à nouveau le glauque et le morbide, ainsi nous pouvons entendre avec un grand réalisme les bruits de pas dans les escaliers, la tronçonneuse et tout les sons de course poursuite qui immergent le spectateur dans le métrage. La scène la plus éprouvante fut pour moi celle du dîner avec la famille de cannibales qui pousse l’horreur à son paroxysme.


J’en ai maintenant terminé avec ce chef d’oeuvre du cinéma ! Le film a engendré tout un pan de l’industrie de l’horreur ainsi que cinq suites et remakes. Je vous invite donc à regarder ou à re-regarder Texas Chainsaw Massacre, que vous soyez fan d’horreur ou non, car je peux vous assurer que même 40 ans plus tard, l’effet reste saisissant !

Bonne journée à tous sur Culturaddict !