Critique : Osgood Perkins a un statut assez particulier dans le cinéma d’horreur grand public. Mis en avant suite à la promotion appuyée de « Longlegs », le réalisateur enchaîne avec « The Monkey », farce à l’humour gore qui va plus diviser que son prédécesseur. « L’élue », son dernier long-métrage, va d’autant plus renforcer cette division entre les admirateurs et les détracteurs, au point de parler du metteur en scène comme un poseur qui fait des images mais ne peut donner corps à son horreur. Suite à sa sortie physique, nous avons pu rattraper ce dernier film et, bien que l’on comprenne clairement ses critiques, il y a quand même une envie de revenir un peu positivement sur le titre.
Très vite, le film se joue sur une atmosphère qui se veut pesante mais dont le traitement pourra clairement repousser. Il y a ainsi une froideur qui nous met à distance de ce couple, quitte à jouer de cadrages constamment fixes pour tenter d’instiguer une forme d’angoisse sans trouver comment réellement l’incarner. C’est quand le personnage de Malcolm part que le film réussit alors à trouver le bon angle d’angoisse, la solitude de Liz (Tatiana Maslany, impeccable) prenant corps dans les contours d’une demeure qui devient de plus en plus étouffante. C’est d’ailleurs dans ses effets les plus discrets que le film effraie le plus, là où ses tentatives de jump scare retombent un peu. C’est là que la rigidité visuelle de Perkins parvient à s’orienter tonalement, jusque dans sa manière de se raccrocher au format de contes (dont un que l’on ne nommera pas pour ne rien dévoiler).
Là où les partis pris de « Longlegs » et « The Monkey » auront installé deux faces complémentaires du réalisateur, « L’élue » trouve ses forces mais également ses faiblesses dans ce clivage tonal, dans une œuvre qui mérite néanmoins la curiosité. Dans ses meilleurs moments, Osgood Perkins rend palpable l’inquiétude émotionnelle et l’isolement avec une certaine prise atmosphérique qui donne envie d’y revenir d’une manière ou d’une autre. Les aficionados resteront fans, les détracteurs râleront encore. De notre côté, on reste intrigué par la façon dont le metteur en scène cherche à rendre physique son effroi dans un cadre dont la rigidité frustre et fascine à la fois.
Résumé : Liz et Malcolm partent pour un week-end romantique dans un chalet coupé du monde. Lorsque Malcolm doit retourner précipitamment en ville pour son travail, Liz se retrouve isolée, confrontée à une présence maléfique qui révèle les terrifiants secrets du chalet.
