Critique : La saga Halloween mériterait largement de revenir sur sa globalité au vu des réorientations prises, pour le meilleur comme pour le pire, par la licence culte. C’est pour cela que nous étions très curieux de revoir les quatrième et cinquième opus suite à leur sortie en édition physique chez BQHL. Après le rejet public d’un troisième volet mésestimé, les films reviennent sur la menace de Michael Myers avec une nouvelle intrigue qui évacue Laurie Strode tout en conservant ses connexions familiales. Cela donnera deux suites plus appréciables que ce que l’on a pu lire çà et là, en particulier le quatrième film.

Disons-le tout de suite : « Halloween 4 » est une série B qui mérite largement la redécouverte. On y retrouve déjà des idées qui auront été reprises dans les suites, comme la foule en colère qui s’attaque à quiconque ressemble de près ou de loin à Michael, et s’avère d’une certaine solidité dans sa mise en scène. Il suffit de voir comment le long-métrage prend quelques minutes avant le climax pour faire respirer une dernière fois ses protagonistes, rappelant le western dans son traitement et la préparation des personnages à un sort fatal attendu. Si l’on sent par instants des moyens plus limités, cela n’empêche pas de bien installer son casting dans une inquiétude palpable, jusqu’à une conclusion dont le choc raccroche le rapport traumatique déjà induit dans l’opus original. Divertissant mais surtout prenant, ce quatrième film a donc de quoi se défendre sans problème.

Le cinquième film s’avère de son côté plus perfectible, tout en conservant une certaine hargne dans sa manière d’attaquer ses personnages et ne leur offrir aucune protection. Après une réintroduction compliquée pour le tueur, le long-métrage tente de se reposer sur son cliffhanger mais ne parvient que rarement à réellement donner de la chair à sa connexion horrifique. On sent également que le teasing du sixième film alourdit un récit plus perfectible et dont l’intérêt fluctue malgré quelques points d’intrigue qui appuient une certaine curiosité. On sent ainsi une ambivalence dans le déroulé narratif et dans les intentions qui n’aident pas à l’appréciation de cet opus, bien qu’elle s’avère en même temps intrigante par ses fils décousus.

Sortis dans des bonnes éditions chez BQHL, « Halloween 4 » et « Halloween 5 » ont de quoi plaire aux amateurs de genre, et ce même dans leurs contours plus fragiles. Entre une réintroduction assez solide avec des bases passionnantes et un autre volet qui se perd un peu trop dans ses intentions, il y a à boire et à manger mais cela n’empêche pas le plaisir de voir l’envie de faire des séries B aux tournures différentes, bien que la chute du sixième volet ne rendra l’impact que plus douloureux encore…

Résumés :

Halloween 4 : Interné à l’institut psychiatrique de haute sécurité Richmond depuis dix ans, Michael Myers s’évade lors de son transfert vers un autre hôpital après avoir tué les ambulanciers qui le convoyaient. Plus dangereux et déterminé que jamais, il prend la direction d’Haddonfield, la localité où il a déjà frappé et où vit toujours sa nièce, Jamie Lloyd. Malgré ses blessures et la terreur qu’il lui inspire pour avoir tenté de le soigner, le Dr Loomis se jette sur ses traces. Bien que le nouveau shérif d’Haddonfield prenne au sérieux la perspective d’un nouveau massacre, il est déjà trop tard : Michael Myers est de retour dans la ville qui l’a vu naître…

Halloween 5 : Un an après avoir en vain tenté de tuer sa nièce Jamie, le tueur Michael Myers, pourtant officiellement mort, réapparaît. Après avoir éliminé le vieil ermite qui a veillé sur lui pendant tout ce temps, il prend la direction d’Haddonfield afin d’achever ce qu’il a commencé, inlassablement traqué par le Dr Loomis, son ancien psychiatre. Conscient du lien mental qui le relie à Jamie, Loomis alerte les autorités de l’imminence du danger. Il est malheureusement déjà trop tard, le tueur multipliant les victimes. Seul un piège tendu dans la maison où il a commis son premier meurtre, plus de vingt ans plus tôt, pourrait l’arrêter…