Critique : Nous allons finir par nous noyer sous la vague de biopics musicaux, cherchant à rivaliser dans les portraits d’artistes reconnus par le biais de leur carrière musicale. Parfois, cela peut donner un résultat brillant et singulier comme « Better Man », consacré à Robbie Williams sous des traits simiesques. D’autres fois, le rendu final est dénué d’art et d’intérêt, comme le récent « Michael ». Ici, l’approche est particulière car, moins que des chanteurs populaires, « Sur un air de blues » revient sur un couple de musiciens dont le destin a été particulièrement compliqué, comme en témoigne avec une bonne emphase le long-métrage de Craig Brewer.

Dès l’apparition de Hugh Jackman dans la peau de Mike Sardina AKA Lightning, on sent la volonté de contrôler la réalisation et garder une emprise sur la carrière artistique. La mise en scène s’avère assez subtile dans son approche, cherchant constamment à capter ses personnages comme des perdants magnifiques qui auront connu leur lot de malheurs. Un choix de cadre précis lors d’un événement dramatique va accentuer cette sensation, la caméra passant d’un champ sur une vidéo tournée à un accident dans un même mouvement, liant l’envie de créer au nombre de tragédies qui vont de pair avec le couple.

(L to R) Kate Hudson as Claire Sardina and Hugh Jackman as Mike Sardina in director Craig Brewer’s SONG SUNG BLUE, a Focus Features release. Credit: Sarah Shatz/Focus Features © 2025 All Rights Reserved.

Pourtant, jamais le film ne tombe dans du lacrymal trop accentué, préférant constamment chercher la lumière dans un duo marqué par les contrecoups. L’alchimie entre Hugh Jackman et Kate Hudson parvient alors à donner des couleurs au récit, faisant baigner dans son drame social des étincelles d’espoir sur fond de chansons de Neil Diamond. Les résonnances avec leurs velléités artistiques parviennent alors à rappeler les possibilités émotionnelles de toute bonne musique, donnant envie de croire encore et encore, ajoutant une douce amertume à cet American Dream aussi atypique que touchant.

« Sur un air de blues » a donc tout du crowd pleaser plus qu’appréciable dans son portrait d’une Amérique qui se rêve et espère malgré les obstacles. Craig Brewer réussit à faire de ce récit plus grand que la vie une comédie dramatique solide, renforcée par la musique de l’indémodable Neil Diamond et à conserver un cœur chaleureux jusque dans sa dernière image. Quand on voit la force donnée à des biopics qui oublient l’humain à force de ne rien raconter, il est appréciable de redécouvrir chez soi pareil titre…

Résumé : D’après l’histoire vraie d’un duo de musiciens spécialisé dans les reprises de Neil Diamond. Il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves.