Critique : Le pouvoir d’autobiographie du septième art permet de partir d’un sujet intime comme son propre rapport familial et de pouvoir le réorienter dans ce qu’il y a d’universel dans ses mécaniques et émotions, comme nous l’avons déjà écrit bien avant sur plusieurs titres. Il nous paraissait néanmoins important de repartir de cette réflexion avec « Vanilla » tant on sent la nature personnelle du sujet chez la réalisatrice et scénariste Mayra Hermosillo. Déclarant en entretien être partie d’absences pour finalement souligner la présence des femmes dans son entourage, la metteuse en scène parvient à conférer une sororité chaleureuse dans son long-métrage, un regard sur ces générations coexistant dans une lumière malgré les contours sombres de l’avenir.

Ainsi, la demeure au centre du film exprime brillamment ces vies antérieures, ce rapport de transmission et de connexion permanente avec une douceur enfantine qui sied dans la vision du film. On se retrouve avec Roberta à observer, se demander où est sa place et en même temps admirer cette famille à l’énergie communicative. Il y a pourtant du chaos qui se rapproche, une certaine panique qui affadit les couleurs et réinterroge ses constructions, tout en espérant se raccrocher dans l’ampleur de ses cadres. Il faut ainsi certains angles pour permettre de mieux lier nos personnages dans leur communion, ce que parvient à mettre en visuel Mayra Hermosillo. Ce sentiment se renforce notamment quand sa caméra renvoie dans cette grandeur l’espace libre puis le renfermement, sans avoir besoin de plus verbaliser ses tiraillements pour mieux permettre l’observation de cette famille dans ses dynamiques de groupe.

En faisant vibrer son rapport à la communauté, « Vanilla » s’avère d’une douceur touchante, illuminant sa vision sororale dans ses contours générationnels et ce même dans l’adversité. On espère que Mayra Hermosillo mettra autant de cœur et d’éclat dans ses prochaines œuvres tant ce premier long réussit à s’incarner dans ses questions avec une vision pleine de tendresse pour ces femmes qui ont pavé la route, celles dont le souvenir s’incarne dans les murs et les bibelots. C’est là qu’est la famille, et c’est dans cette proximité émotionnelle que le film trouve ses merveilles.

Résumé : Sept femmes à la volonté de fer se battent pour sauver leur maison de la saisie hypothécaire. Roberta, une fillette de 8 ans, évolue dans une dynamique familiale atypique : un foyer sans père, où elle vit entourée de diverses figures féminines.