Entre un  La La Land  aux airs entêtants et un  Dunkerque  jouant la carte de l’immersion, on peut remarquer que l’aspect musical de certaines œuvres a été mis en avant. À ces exemples, il faut ajouter Baby Driver , dernier film d’Edgar Wright.

Baby est un jeune homme doué dans la conduite. Ce don, il se voit forcé d’en faire usage lors de braquages afin de rembourser une dette à un criminel du nom de Doc. Un jour, il rencontre Deborah, pour qui il a un coup de foudre. Pour partir avec elle, il doit participer à un dernier braquage…

Une empreinte pop unique

Edgar Wright s’est fait connaitre pour son amour de la pop culture, souvent représenté de manière méta mais de manière homogène. Ainsi, dans sa trilogie Cornetto, les références à diverses œuvres culturelles connues nourrissaient les personnages et l’émotion. Il semble qu’ici, Wright ait décidé de mettre le frein sur le méta afin de mieux s’inscrire dans cette culture populaire avec son nouveau film. Baby se voit rapidement iconisé par le biais d’une intro démentielle et d’une seconde scène en plan séquence appuyant l’importance de la musique aussi bien dans la psychologie du personnage que pour le film en lui-même. Si  Baby Driver peut rappeler par instants certains titres, il dispose d’une personnalité propre qui lui permet de se distinguer de la concurrence. Il suffit de voir les retournements de psychologie par rapport à certains protagonistes pour constater que Wright cherche à marquer de son empreinte plusieurs styles de films en les détournant légèrement, mais surtout en les mélangeant de manière colorée et réjouissante.

 

La musique au centre de l’histoire

En effet,  Baby Driver  appelle autant aux films de braquages qu’aux comédies musicales. La musique a ainsi un rôle primordial dans la construction du récit. Le handicap de Baby permet ainsi de replacer les morceaux utilisés avec une force émotionnelle mais aussi narrative, le tout de manière divertissante (les fusillades chorégraphiées). On peut même voir en Baby un reflet de Wright quand il calque les actions des personnages sur les titres qui passent dans ses oreilles, rappelant aussi l’importance de la musique dans les œuvres précédentes du réalisateur ( Don’t stop me now  dans Shaun of the dead). La relation entre Baby et son tuteur trouve dans le handicap du second quelque chose de sensible de par l’importance du son, aussi bien de manière intra qu’extra diégétique.

Baby Driver  est donc une pure bombe de divertissement, colorée, réjouissante et prenante, le film popcorn par excellence dégageant de chacune de ses images un amour pur du cinéma grand public. Mais surtout, Edgar Wright nous rappelle l’importance du travail sur le son dans la réussite d’un film. C’est un point que l’on néglige beaucoup actuellement dans de nombreuses productions (comme le travail sur la qualité en général), et pourtant, un aspect sonore réussi permet à une œuvre d’être elle-même plus réussie.