Parler du cinéma au cinéma, ça relève presque du snobisme ou du nombrilisme. Pourtant certains films s’en sont plutôt très bien sortis et sont rentrés dans la grande histoire du cinéma. J’ai quelques films marquants tout en haut de mon palmarès personnel et ils parlent de cinéma, que ce soit 8 1/2 de Fellini ou Le Mépris de Godard. Grandes patries à l’origine de ce nouveau média apparu au début du XXe siècle, les Etats-Unis et la France aiment à parler de cinéma et de ceux qui le font vivre. Petit tour d’horizon.

Une longue histoire du cinéma au cinéma

Les américains aiment à parler de leur longue histoire d’amour avec le cinéma. Ils n’hésitent pas d’ailleurs à récompenser les films qui multiplient les hommages, comme l’Oscar attribué à The Artist ou la récompense récente pour Renée Zellweger dans Judy pour sa prestation dans la peau de Judy Garland. Parler de cinéma au cinéma est souvent un très bon moyen de s’attribuer les bonnes grâces du public et des grands jurys de prix annuels ou de festivals. Ainsi, beaucoup de réalisateurs américains se sont pliés à l’exercice de bonne grâce pour des résultats souvent mémorables. Woody Allen avec La rose pourpre du Caire, Robert Altman avec The Player, même Paul Thomas Anderson avec Boogie Nights, les Frères Coen avec Barton Fink ou David Lynch avec Mulholland Drive, les noms s’enchainent avec bonheur. Il faut dire que les mythes entourant des producteurs libidineux ou des réalisateurs tombant amoureux de leur actrice ne manquent pas. Orson Welles n’a t-il pas épousé le mythe Rita Hayworth par pur désir de posséder le fantasme public numéro 1, lui faisant d’ailleurs se couper les cheveux par un sadisme certain pour lui faire interpréter l’héroïne déchirée de son grand oeuvre La Dame de Shangaï? Le noir et blanc fascine et subjugue, et ce sont toutes les plus grandes stars d’antan qui apparaissent dans Boulevard du Crépuscule, Gloria Swanson et Buster Keaton en tête, comme un hommage à ceux qui ont fait rêver les foules mais que les outrages du temps n’ont pas plus épargné que n’importe qui d’autre. L’oubli est la règle non écrite au cinéma, star un jour, oublié le lendemain. Les comédies américaines ne se gênent d’ailleurs pas pour égratigner le mythe hollywoodien dans de grands plongeons dans l’hypocrisie ambiante. Et les résultats sont souvent très bons et décalés, car il faut avoir de l’humour pour oser s’attaquer au cinéma, ça passe mieux et ça entraine l’empathie des foules. Arnold Schwarzenegger en tête dans Last Action Hero, Peter Sellers dans The Party, Jack Black dans Soyez sympas rembobinez ou Johnny Depp dans Ed Wood. Les européens sont peut être plus respectueux et privilégient plus l’émotion nostalgique, comme Guiseppe Tornatore avec Cinema Paradiso. Mais des réalisateurs se sont permis de prendre de la distance burlesque avec des opus marquants à la clé, comme François Truffaut avec La nuit américaine ou Quentin Dupieux avec Réalité. Parler de cinéma dans une grande mise en abîme, ça rajoute de la profondeur et de la complexité. Ca ne peut être que très positif.

Bref, le cinéma est un thème fort pour tous les réalisateurs, avec tous ces faux-semblants et ces situations incroyables qui ne cessent de laisser songeur. Et vous, un film préféré sur le cinéma?